Frédéric Chopin – Ballade N°2

ChopinIl y a un bon moment, Henri vous avait déjà présenté la sublime Ballade N°1 en sol mineur de Chopin.

Ce soir, écoutons la deuxième, dont les thèmes sont (peut-être) un peu moins envoûtants que ceux de la première, mais les passages dramatiques sont d’une intensité à couper le souffle et certaines suites d’accords donnent des frissons.

Ce morceau a été dédié par le jeune Frédéric, 27 ans, à son collègue et ami Robert Schumann, 27 ans lui aussi.

L’interprétation du polonais Zimerman est inspirée et inspirante: on croirait voir Chopin réincarné!

Robert Schumann – Variations Abegg

Robert SchumannUn peu de piano ce soir, avec un morceau composé par un Robert Schumann âgé de 20 ans, et qui constitue son premier Opus publié.

Pourquoi Abegg? Deux explications: il s’agirait d’abord du nom de famille d’une jeune femme que fréquentait Robert à cette époque (avant de rencontrer Clara, l’amour de sa vie) ; il s’agirait ensuite d’une sorte d’acronyme musical, puisque les notes constituant le thème de la mélodie, la-si-mi-sol-sol, s’écrivent en notation allemande A-B-E-G-G. A ce petit jeu là, la 5ème de Beethoven se serait appelée GGGEFFFD…

Voici donc les très belles Variations sur le nom « Abegg » de Robert Schumann, interprétées par le célèbre pianiste chinois Lang Lang…

Frédéric Chopin – Les 21 nocturnes interprétés par Claudio Arrau

NocturnePar Références Classiques – Audituri Te Salutant!
L’atmosphère profondément intériorisée des Nocturnes, leur aspect de murmure tourné vers soi, à rebours de tout effet spectaculaire, est en fait ce qu’il y a de plus difficile à rendre. L’extrême pudeur et l’extrême poésie d’Arrau qui égrène chaque note, chaque arabesque, chaque inflexion du piano avec une retenue presque douloureuse donnent à ces Nocturnes quelque chose de poignant.Se remémorant, au creux d’une nuit qui pourrait être ultime, les tendresses qui l’ont effleuré, les drames qui l’on griffé, les rêveries qui l’ont bercé, Arrau, à travers Chopin, dialogue avec lui-même et l’on est presque gêné d’être présent.
Son piano, aux sonorités chaudes ou argentées, automnales ou apaisées, est comme un carnet intime sur lequel il note des secrets en se les fredonnant, avec une poignée de souffle qui vient embuer la vitre devant laquelle il veille. Au creux de cette nuit qu’on partage avec lui, c’est toute une vie qui passe en vingt et un poèmes envoûtants qui sont vingts et un chefs d’oeuvres recréés.
Note : La liste et le minutage des Nocturnes sont accessibles dans le descriptif de la vidéo.
Source : Le guide Alain Duault

Piotr Tchaikovski – Eugène Onéguine – Scène de la lettre

TchaikovskiRetour à la culture russe avec l’opéra Eugène Onéguine de Tchaikovski! Celui-ci est tiré du roman en vers du même nom d’Alexandre Pouchkine. L’histoire en est la suivante:

Tatiana, vivant dans une famille paysanne, tombe sous le charme d’Eugène Onéguine, un ami de Lenski, fiancé de sa soeur Olga, lorsqu’elle le voit pour la première fois. Tatiana écrit le soir même une lettre d’amour à Onéguine, qui lui répondra malheureusement qu’il n’est pas homme à tomber sous le charme de la première venue, et ne sent pas destiné au mariage…

Un peu plus tard, lors d’une fête donnée en l’honneur Onéguine s’amuse à flirter avec Olga, ce qui rend son ami Lenski fort jaloux,  à tel point que la querelle se termine par un duel, dans lequel Onéguine tue Lenski.

L’action reprend quelques années après. Onéguine est malheureux, il pleure son ami le plus cher, mort de sa main, et se réalise à quel point sa vie est vide de sens… C’est dans ce contexte qu’il va revoir Tatiana, désormais mariée. Il se rend alors enfin compte qu’il l’aime, et vient se jeter à ses pieds. C’est trop tard : Tatiana, en larmes, lui avoue qu’elle l’aime toujours, mais qu’elle restera fidèle à son mari… Il ne reste plus à Onéguine que ses yeux pour pleurer…

Place à la musique de Tchaikovski, et au célèbre air de la lettre, avec Renée Fleming dans le rôle de Tatiana. J’aime bien la manière dont les instruments à vent parviennent à traduire l’empressement et l’excitation de Tatiana écrivant cette lettre décisive…


Sergueï Rachmaninov – Symphonie N°1 – Mouvement IV

RachmaninovNous vous avions déjà présenté le 1er mouvement de la 1ère symphonie de Rachmaninov à l’occasion de la sortie du DVD « Rachmaninov » de Pavel Lounguine. Aujourd’hui, allons directement au mouvement final qui, comme souvent avec l’ami Sergueï, est à couper le souffle. L’intensité du passage entre 3:00 et 3:40 n’a rien à envier aux métalleux les plus allumés ;-)

Rachmaninov avait 22 ans lorsqu’il composa cette symphonie. Si jeune et pourtant déjà au niveau de Tchaikovski (un de ses modèles). Je trouve aussi qu’il y a du Berlioz dans ce morceau, à cause de l’audace avec laquelle Rachmaninov fait intervenir toute la palette des instruments de l’orchestre symphonique. Y compris les percussions. Il y a du taratatam, du dzim et du boum. La fin, à partir de 10:40, est tout simplement surpuissante.

Si vous avez besoin de calme ou d’esthétisme rassurant, n’écoutez pas ce morceau maintenant! Il y a quelque chose d’infernal dans cette pièce.

Félix Mendelssohn – Sonate écossaise (Fantaisie en fa# mineur)

MendelssohnMendelssohn fut un de ces artistes romantiques fascinés par l’Ecosse. Il fut cependant l’un des seuls (connus) à faire l’effort de s’y rendre, puisqu’il en fit le tour, à pied, à l’âge de 20 ans. Il en tira visiblement beaucoup d’inspiration. Pour ne citer que des oeuvres déjà présentées sur ce blog, voir Les Hébrides (Fingal’s Cave) et la Symphonie Ecossaise!

Le morceau du jour est très beau mais je trouve personnellement difficile d’y sentir l’Ecosse avec évidence.Peut-être que les moments violents et le final bouillonnant évoquent l’histoire guerrière des écossais. Peut-être aussi que les ralentis (avec force pédale!) sont censés rappeler les lacs brumeux… En revanche, ceux qui écoutent Beethoven n’auront guère de mal à percevoir l’héritage du maître de Bonn dans ce morceau. La Sonate Pathétique et la Sonate au Clair de Lune n’auraient pas existé, je me demande si Mendelssohn aurait pu faire la même chose… D’ailleurs cette sonate fut composée dans les années 1830, Beethoven étant en mort en 1827. Difficile de penser qu’alors, Félix n’avait pas en tête les chefs-d’oeuvre de Ludwig au moment de s’asseoir à sa table de composition.

Le morceau n’est pas court mais cela vaut le coup d’aller au bout. Certains passages sont grandioses!

Piotr Tchaikovski – La belle au bois dormant – Marche (Prologue)

TchaikovskiAvant de vaquer à vos activités du samedi soir, nous vous proposons une musique à la fois entraînante et solennelle, avec cette marche du prologue du ballet « La Belle au bois dormant », de Tchaikovski. Nous vous en avions d’ailleurs déjà presenté la célébrissime valse.

Nous retrouvons ici ce que nous aimons chez Tchaikovski: une utilisation incroyablement talentueuse de l’ensemble de l’orchestre et même du triangle! La mélodie évoque l’arrivée de la cour dans la salle royale. L’évènement est de taille puisqu’il s’agit de la cérémonie de baptême de la princesse Aurore, à laquelle sont invitées toute les bonnes fées du royaume. La mauvaise fée Carabosse, furieuse de ne pas avoir été invitée, viendra jeter un sort à Aurore. Mais la musique accompagnant ce méfait sera présentée dans un autre article :)

A demain!