Maurice Ravel – Pavane pour une Infante Défunte

Voilà un classique de Ravel dont il serait difficile de passer à côté : la Pavane pour une Infante Défunte. Il s’agit d’un hommage rendu par le compositeur à une célèbre danse lente, la Pavane, pratiquée à la Cour d’Espagne depuis le XIVe siècle. Une danse qui l’a visiblement marqué : le morceau introduisant Les Contes de Ma Mère l’Oye s’intitule à cet égard « Pavane de la Belle au Bois Dormant ».

Pour sa mélodie belle et langoureuse, ce morceau s’écoute, se réécoute et se retient sans difficulté. Composé pour piano à l’origine (en 1899), le morceau fut orchestré une décennie plus tard, Ravel voulant faire ressortir toute la solennité, tout le côté cérémonieux sous-jacent à cette danse. Malgré tout, le compositeur se montra fort insatisfait de son œuvre, la jugeant trop immature et trop inspirée d’España de Chabrier (vous trouvez, vous ?).

C’est une version orchestrale que nous vous offrons ce soir, conduite par Seiji Ozawa.

Notez bien que « l’Infante Défunte » ne fait référence à aucune princesse ayant succombé à la Faucheuse – Ravel voulait simplement donner un titre comportant une allitération… Et poète avec ça !

Gabriel Fauré – Pavane opus 50 en fa dièse mineur

Voici un maître de la mélodie! Les œuvres du compositeur français Gabriel Fauré (1845-1924) se distinguent en effet par la finesse de leur mélodie ainsi que par l’équilibre de leur composition.

Sa Pavane représente un exemple parlant du message fauréen qui tend vers la pureté musicale, en insistant sur l’importance de l’harmonie et non sur la puissance de l’orchestration, contrairement à la plupart de ses contemporains que sont Wagner, Debussy ou Stravinsky.
Nous vous en proposons aujourd’hui l’écoute de la version initiale, sans la partie chorale que Fauré rajouta à la demande de la Comtesse Elisabeth Greffuhle à qui l’œuvre est dédicacée.

Pour les cinéphiles, le thème de la Pavane avec la partie chorale est le leitmotiv du film Il Divo de Paolo Sorrentino, sur la vie de Giulio Andreotti!