Georges Bizet – Carmen – Parle-moi de ma mère

BizetQuoi de plus approprié que cette chanson pour le jour de la fête des mères? Micaëla, promise à José, apporte à ce dernier une lettre de sa mère, ainsi qu’un baiser… Dans ce très beau duo, Micaëla rappelle le souvenir de sa mère à José, lequel s’attendrit à la pensée de celle-ci… Vous trouverez les paroles en dessous-de la vidéo.

Bonne fête à toutes les mères!

Don José
Parle-moi de ma mère!

Micaëla
J’apporte de sa part, fidèle messagère,
cette lettre…

Don José
Une lettre!

Micaëla
Et puis un peu d’argent,
pour ajouter à votre traitement.
Et puis…

Don José
Et puis?…

Micaëla
Et puis… vraiment je n’ose…
Et puis… encore une autre chose
qui vaut mieux que l’argent!
et qui, pour un bon fils
aura sans doute plus de prix.

Don José
Cette autre chose, quelle est-elle?
Parle donc…

Micaëla
Oui, je parlerai.
Ce que l’on m’a donné,
je vous le donnerai.
Votre mère avec moi sortait de la chapelle,
et c’est alors qu’en m’embrassant:

« Tu vas, m’a-t-elle dit,
t’en aller à la ville;
la route n’est pas longue;
une fois à Séville,
tu chercheras mon fils,
mon José, mon enfant!…
Et tu lui diras que sa mère
songe nuit et jour à l’absent…
qu’elle regrette et qu’elle espère,
qu’elle pardonne et qu’elle attend.
tout cela, n’est-ce pas, mignonne,
de ma part tu le lui diras;
et ce baiser que je te donne,
de ma part tu le lui rendras. »

Don José
Un baiser de ma mère?

Micaëla
Un baiser pour son fils!…
José, je vous le rends
comme je l’ai promis!

Don José
Ma mère, je la vois!..
oui, je revois mon village!
O souvenirs d’autrefois!
doux souvenirs du pays!
Vous remplissez mon coeur
de force et de courage!
O souvenirs chéris!
Souvenirs d’autrefois!
Souvenirs du pays!

Micaëla
Sa mère, il la revoit!
Il revoit son village!
O souvenirs d’autrefois!
Souvenirs du pays!
Vous remplissez son coeur
de force et de courage!
O souvenirs chéris!

Don José
Qui sait de quel démon
j’allais être la proie!
Même de loin,
ma mère me défend,
et ce baiser qu’elle m’envoie,
écarte le péril
et sauve son enfant!

Micaëla
Quel démon? quel péril?
je ne comprends pas bien…
Que veut dire cela?

Don José
Rien! rien!
Parlons de toi, la messagère;
Tu vas retourner au pays?

Micaëla
Oui, ce soir même…
demain je verrai votre mère.

Don José
Tu la verras!
Eh bien! tu lui diras:

« Que son fils l’aime et la vénère
et qu’il se repent aujourd’hui.
Il veut que là-bas sa mère
soit contente de lui! »

Tout cela,
n’est-ce pas, mignonne,
de ma part, tu le lui diras!
Et ce baiser que je te donne,
de ma part, tu le lui rendras!

Micaëla
Oui, je vous le promets…
de la part de son fils,
José, je le rendrai, comme je l’ai promis.

Don José
Ma mère, je la vois!..
oui, je revois mon village!
O souvenirs d’autrefois!
doux souvenirs du pays!
O souvenirs chéris!
Vous remplissez mon coeur
de force et de courage!
O souvenirs chéris!
Vous me rendez tout mon courage
ô souvenirs du pays!

Micaëla
Sa mère, il la revoit!
Il revoit son village!
| O souvenirs d’autrefois!
Souvenirs du pays!
Vous remplissez son coeur
de force et de courage!
O souvenirs chéris!
Vous lui rendez tout son courage
Ô souvenirs du pays!

Giuseppe Verdi – La Traviata – Libiamo ne’ lieti calici

 Plácido Domingo, José Carreras et Luciano PavarottiL’air d’opéra que nous vous proposons aujourd’hui est extrêmement célèbre, mais connaissez-vous le fantastique trio qui l’interprète? Il se compose tout simplement de trois amis, trois titans de l’opéra, Plácido DomingoJosé Carreras et Luciano Pavarotti ! Les Trois Ténors ont chanté ensemble pour la première fois à Rome, la veille de la finale de la coupe du Monde organisée en Italie en 1990! Comme s’il n’y avait pas suffisamment de stars sur la scène, Zubin Mehta, l’illustre chef d’orchestre indien, fils du fondateur et directeur de l’opéra de Bombay, dirige l’orchestre.

Pendant que celui-ci tient la baguette  (avant de se mettre à diriger la foule derrière lui!), les Ténors font le spectacle et amusent le public! On s’aperçoit que chacun a une voix bien spécifique, une résonance propre. Lequel préférez-vous? Pour ma part, la voix et le timbre de Carreras me semblent particulièrement adaptés à l’air de Verdi. Il est d’ailleurs considéré comme le spécialiste de Verdi…

Les Ténors se montrent également comédiens : constatez vous-mêmes combien leur jeu est en accord avec les paroles chantées (inscrites en dessous de la vidéo), qui sont une invitation aux libations et une louange de l’amour?

Enjoy!

Livret original
Traduction en français
Alfredo :
Libiamo, libiamo ne’lieti calici
Che la bellezza infiora.
E la fuggevol, fuggevol ora
S’inebrii a voluttà.
Libiamo ne’dolci fremiti
Che suscita l’amore,
Poiché quell’ochio
Al core onnipotente va.
Libiamo, amore, amore fra i calici
Più caldi baci avrà.

Coro :
Ah ! Libiamo, amore, amore fra i calici
Più caldi baci avrà

Violetta :
Tra voi tra voi saprò dividere
Il tempo mio giocondo;
Tutto è follia, follia nel mondo
Ciò che non è piacer.
Godiam, fugace e rapido
E il gaudio dell’amore,
E un fior che nasce e muore,
Ne più si può goder.
Godiamo, c’invita, c’invita
Un fervido accento lusinghier.

Coro :
Godiamo, la tazza, la tazza e il cantico,
La notte abbella e il riso ;
In questo, in questo paradiso
Ne scopra il nuovo dì.

Violetta :
La vita è nel tripudio
Alfredo :
quando non s’ami ancora…
Violetta :
Nol dite a chi l’ignora ,
Alfredo :
e’ il mio destin così.

Tutti :
Godiamo, la tazza, la tazza e il cantico
La notte abbella e il riso ;
In questo, in questo paradiso
Ne scopra il nuovo dì.

Alfredo :
Buvons, buvons dans ces joyeuses coupes,
Que la beauté fleurit ;
Et que l’heure fugitive
S’enivre de volupté.
Buvons dans les doux frissons
Que suscite l’amour,
Puisque ces yeux tout-puissants
Percent le cœur.
Buvons ! l’amour, l’amour entre les coupes
Aura des baisers plus ardents.

Le chœur :
Ah ! buvons ; l’amour, l’amour entre les coupes
Aura des baisers plus ardents.

Violetta :
Parmi vous je saurai partager
Mes heures les plus joyeuses ;
Tout ce qui n’est du plaisir
Est folie dans le monde.
Amusons-nous, rapide et fugace
Est le plaisir de l’amour.
C’est une fleur qui naît et meurt,
Et l’on ne peut plus en jouir.
Réjouissons-nous !
De fervents et flatteurs accents
Nous y invitent.

Le chœur :
Ah ! Réjouissons-nous !
Les verres, les chansons
Et les rires embellissent la nuit ;
Que dans ce paradis
Nous retrouve le jour nouveau.

Violetta (à Alfredo) :
La vie est allégresse.
Alfredo (à Violetta):
Quand on ne s’aime pas encore…
Violetta :
N’en parlez pas à qui l’ignore.
Alfredo :
C’est là mon destin.

Tous :
Ah ! Réjouissons-nous !
Les verres, les chansons
Et les rires embellissent la nuit ;
Que dans ce paradis
Nous retrouve le jour nouveau