Astor Piazzolla – Adios Nonino

Ah, Piazzolla ! Cette source inépuisable de fraîcheur et d’exotisme, cette oasis ensoleillée parmi tous ces vieux dinosaures de compositeurs… C’est personnellement toujours un plaisir d’écrire sur sa musique, dont les mélodies de tango sont si bien propices à l’ambiance estivale (enfin, sauf quand il pleut, quoi !)…

Pour vous, aujourd’hui, nous présentons son morceau le plus célèbre, via lequel il s’est fait connaître du monde entier : « Adios, Nonino », écrit en mémoire de son grand-père Vicente « Nonino ». Le morceau a fait l’objet de nombreuses adaptations, mais la plus aboutie est sans doute celle ci-dessous, où Piazzolla joue en compagnie d’un orchestre. L’introduction aux cordes, non mélodique et très déroutante, rappelle fortement Stravinsky, et l’orchestre s’oppose au son exotique du bandonéon, avant de le soutenir dans une épanchement mélodique absolument délicieux d’un point de vue auditif.

Pour la petite histoire, ce morceau a été joué lors du mariage princier de l’actuel couple royal des Pays-Bas, en hommage aux origines argentines de la reine Maxima.

Astor Piazzolla – Oblivion

Les tangos de Piazzolla nous avaient bien manqué ! Après les magnifiques pièces de l’Histoire du Tango, nous retrouvons ce soir un morceau non moins splendide aux épanchements mélancoliques bien plus marqués que dans « Café 1930 ». « Oblivion », tel est son nom, est donc un tango dont seul Piazzolla, natif argentin, a le secret. La ligne mélodique principale, ici jouée au violon par la germano-nippone Arabella Steinbacher, accentue le spleen sous-jacent à cette oeuvre qui traite musicalement le douloureux sentiment de l’oubli – « oblivion » étant le terme poétique en anglais désignant cette pénible réalité. Sans doute Piazzolla craignait-il que la riche tradition musicale de l’Argentine, au gré des crises économiques et des vicissitudes politiques qui ont bouleversé le sous-continent pendant le XXe siècle, ne s’étiole et ne s’efface un jour. Il y a fort à parier que, grâce à lui, ce moment n’est pas près d’arriver !