WA Mozart – 12 variations autour de Ah vous dirais-je maman

Retour en enfance aujourd’hui, avec les variations de Mozart autour de Ah vous dirais-je Maman, chacune dans un style différent. Ces variations sont autrement plus joyeuses que la variation Nimrod d’Elgar que nous avons découverte il y a peu…

J’aime pour ma part beaucoup la cinquième variation (3:47 à 4:31, sur le mode question-réponse, et la onzième (8:15 à 10:43).

Bon week-end!

Georges Bizet – Carmen – Ouverture

Carmen, le chef d’oeuvre de Georges Bizet (1838-1875), est sans doute l’opéra français le plus célèbre du monde… Comme pour Verdi et sa Traviata (que nous évoquions ici), la première fut un fiasco: les musiciens et choristes n’étaient pas à la hauteur, les changements de décors trop lents… et la critique dénonça un opéra immoral. Bizet ne supporta pas ce choc, en tomba terriblement malade et en mourut trois mois plus tard…

L’ouverture de Carmen est un très bon exemple d’une structure musicale qui s’appelle le rondo, caractérisée par un format A/B/A/C/A/D , très facilement facilement reconnaissable ici, A, B, C et D étant des thèmes qui réapparaîtront au cours de l’opéra.

L’ouverture annonce d’emblée ce que l’on trouvera dans Carmen (tant l’opéra que le personnage éponyme): la fête, l’amour, et  la mort… appréciez à cet égard l’attitude corporelle de James Levine tout au long de cette ouverture…

Joaquin Rodrigo – Concerto d’Aranjuez – Adagio

Joaquin Rodrigo (1901-1999) est un compositeur espagnol de la période moderne. Le concerto d’Aranjuez, composé en 1939, est le premier et le plus célèbre de ses 5 concertos pour guitare. Sa musique est à la fois classique et populaire – ça sonne très espagnol… Pour les amateurs de Tarentino, cela vous fera peut-être penser à la chanson « The lonely shepherd » dans la BO de Kill Bill…. Le guitariste interprétant ici le deuxième mouvement (adagio) est Mattias Jacobsson. Oubliez le froid et la pluie, fermez les yeux et imaginez-vous dans les jardins du palais royal d’Aranjuez en Castille, enveloppé dans la lumière du  soleil couchant…

Franz Schubert/Franz Liszt – Schwanengesang- Ständchen

Franz Liszt
Franz Liszt

Le chant du cygne (Schwanengesang) est un recueil posthume de 14 Lieder (poèmes chantés accompagnés d’un piano ou d’un ensemble d’instruments) du compositeur autrichien Franz Schubert (1797-1828), qui excellait dans cette forme musicale.

Franz Liszt, en plus d’un grand compositeur (c’est avec son Liebestraum que nous avons inauguré ce site), était également un pianiste virtuose; il a mis ces deux talents à profit pour transcrire au piano de nombreuses oeuvres d’autres compositeurs, notamment plusieurs Lieder de Schubert. C’est tout en délicatesse qu’il reprend ainsi la Sérénade (Ständchen) du Chant du cygne.

L’interprétation est ici de Vladimir Horowitz (1903-1989), dont tout le monde s’accorde à dire qu’il était l’un des plus grands pianistes du XX° siècle, marquant le public par sa technique, son charisme et son sens de l’humour ; c’était l’un des seuls pianistes au monde qui se permettait de retoucher certains passages des partitions des compositeurs… nous aurons encore affaire à lui de nombreuses fois sur lamusiqueclassique.com!

Voici donc ce que donne le génie combiné de ces trois grands personnages de la musique classique…

Edward Elgar – Variations Enigma – IX Nimrod

ElarEdward Elgar (1857-1934), compositeur et chef d’orchestre anglais, était un autodidacte, la seule formation qu’il ait reçue ayant été prodiguée dans sa jeunesse par sa famille de musiciens. En tant que chef d’orchestre, il reste l’un des plus grands chefs du London Symphony Orchestra.

Un soir de l’an de grâce 1898, Elgar joue du piano  pour se détendre après une fatiguante journée à donner des cours de musique… une des mélodies attire l’attention de sa femme, qui lui demande de la répéter… Pour l’amuser, Elgar reproduit ce thème de différentes façons. C’est ainsi que seraient nées les variations Enigma, l’une des oeuvres les plus célèbres d’Elgar: un thème décliné en quatorze variations, qui représentent chacune une personne proche du compositeur: famille, amis… Pourquoi Enigma? Car selon son auteur, il existerait un thème caché à travers les variations, que celui-ci n’a jamais voulu dévoiler…

La neuvième variation, dite Nimrod, est l’une des plus populaires, et frappe par sa noblesse. Elle est notamment jouée chaque année au Royaume-Uni lors de la National Ceremony, le jour de Remembrance Sunday (dimanche du souvenir, le plus proche du du 11 novembre, en hommage à tous les britanniques ayant péri pour leur patrie durant la première guerre mondiale).

Le Chicago Symphony Orchestra est dirigé par Daniel Barenboim

Serguei Rachmaninov – Concerto pour piano N°2 – II Adagio sostenuto

Sergei RachmaninovEn plus d’un grand compositeur romantique (un peu après l’heure, la période romantique se terminant fin XIX° – début XX°), l’Histoire se souvient également du compositeur russe Serguei Rachmaninov (1873-1943) comme d’un pianiste d’exception – exilé en 1917 à cause de la Révolution d’octobre, il se lancera dans une carrière de concertiste qui l’empêchera de composer pendant un moment. On a gardé de cette époque de nombreux enregistrements qui témoignent de la beauté de son jeu et de sa virtuosité. Rachmaninov était doté de mains prodigieusement grandes, ce qui lui permettait de jouer des accords très compliqués.

Nous écouterons ici une interprétation du deuxième mouvement de son deuxième concerto pour piano par le  pianiste russe Boris Berezovsky, accompagné de l’Ural Philarmonic Orchestra dirigé par Dmitry Liss. La fin du mouvement, à partir de 8:57 ici, en est l’un des moments les plus poignants –  mouvement qui est, à mon avis, l’un des plus beaux adagios de l’histoire des concertos pour piano :-)

De nombreux morceaux de musique plus récente et populaire ont emprunté différents thèmes de ce mouvement: on reconnaîtra ainsi facilement All by myself (dont une interprétation célèbre est celle de Céline Dion; flagrant dans le concerto N°2  à partir de 2:00 ici, par exemple), ou encore Life on Mars de David Bowie (le thème lancinant de 1:18, sur lequel commence la chanson de David Bowie, qui est d’ailleurs dans la même tonalité) ….

Johann Strauss – Marche de Radetzky

Pour le jour de l’an, quoi de plus normal que d’écouter la fameuse Marche de Radetzky, composée par Johann Strauss père (1804-1849), qui vient chaque année conclure le Concert du Nouvel An, donné par l’Orchestre Philarmonique de Vienne.

Ce célèbre concert  a lieu tous les matins du 1er janvier, et est dirigé chaque année par un (grand) chef d’orchestre différent. Il se termine chaque fois par Le Beau Danube bleu (de Johann Strauss fils, et qui est traditionnellement interrompu au début pour que l’orchestre souhaite une bonne année au public) et la Marche de Radetzky. Celle-ci est toujours accompagnée par les battements de main du public, dirigé par le chef d’orchestre; c’est un moment très joyeux – ce qui explique que cette marche n’ait exceptionnellement pas été jouée le 1er janvier 2005, par égard pour les victimes du Tsunami du 26 décembre 2004.

Je vous propose d’écouter la version dirigée en 1987 par Herbert Von Karajan (1908-1989), incontestablement l’un des plus grands chefs d’orchestre du XX° siècle.

Bonne année à toutes et à tous!