Frédéric Chopin – Ballade N°1 en sol mineur

Frédéric ChopinPar Henri Y.Q. – Audituri Te Salutant!

A l’origine une forme de poème lyrique chantée par les troubadours au Moyen Age, la ballade doit son introduction dans le monde de la musique à Frédéric Chopin. Dans l’oeuvre de ce dernier, les ballades, au nombre de quatre, figurent parmi ses oeuvres les plus difficiles mais aussi les plus appréciées. A l’époque romantique, déjà, elles étaient considérées comme l’acmé du romantisme chopinien en ce qu’elles témoignent d’une musicalité sensible et mature. La première de ces ballades, que je vous présente aujourd’hui est considérée comme la meilleure des quatre: Liszt y voyait déjà une « odyssée de l’âme de Chopin » et aujourd’hui, le morceau vit une seconde jeunesse grâce au film Le Pianiste de Polanski, où le héros, un pianiste juif polonais incarné par Adrian Brody, échappe à une mise à mort imminente après avoir ému un officier nazi en jouant ce morceau.

Le morceau se divise de façon singulière: il y a deux thèmes (le premier est doux et mélancolique, le second brillant) mais la partie la plus appréciée est généralement la coda (à 7min50) très complexe mais très belle car on y trouve l’acmé du morceau, qui est susceptible de vous donner des frissons…

L’interprétation de Zimerman est pour moi la meilleure car son toucher est doux, ce qui n’enlève pas pour autant la qualité de ses attaques de notes. Mais d’autres versions valent aussi le détour : celle d’Horowitz ou encore celle d’Hélène Grimaud.

Bonne écoute!

Franz Schubert – Impromptu n° 3 en sol bémol majeur

Nous vous proposons aujourd’hui l’écoute d’un des 8 impromptus de Franz Schubert. Ces compositions possèdent un charme séducteur inimitable.

J’aime beaucoup l’interprétation du pianiste Krystian Zimerman, qui a pour particularités de voyager avec son propre piano et d’être particulièrement exigeant avec ses enregistrements. Il a notamment, à plusieurs reprises, fait retirer de la vente des disques enregistrés qui avaient pourtant suscité l’enthousiasme de la critique et du public…

Avant qu’il ne supprime cette vidéo, profitez-en!..

Maurice Ravel – Concerto pour la main gauche

Maurice RavelLe célèbre concerto pour la main gauche de Maurice Ravel est le fruit d’une commande qui lui fut faite en 1929 par le pianiste Paul Wittgenstein, qui avait perdu son bras droit pendant la première guerre mondiale. C’est celui-ci qui créa l’oeuvre (i.e., qui la joua la première fois) en 1932. Il avait d’ailleurs apporté quelques modifications, ce qui le brouilla avec le compositeur…  Mais rassurez-vous, c’est bien la version originelle qui est maintenant jouée!

Il s’agit d’une oeuvre très sombre et dramatique, qui est à mettre sur le compte d’un contexte douloureux: horreur de la première guerre mondiale, crise économique…  On entend d’ailleurs le piano  mourir à la toute fin, englouti par l’orchestre… Et que dire de la main gauche, synonyme de malheur dans la tradition antique…

Ce concerto est l’une des pièces maîtresses de l’oeuvre de Ravel – et l’une des plus dures, la seule main gauche couvrant l’intégralité du clavier, et tenant le rôle de deux.

Devant une musique si grande, rappellons le mot de Satie, qu’il prononça lorsque Ravel refusa la Légion d’Honneur: « Ravel vient de refuser la Légion d’honneur, mais toute sa musique l’accepte ».

Le pianiste Kristian Zimerman est ici au piano, et Pierre Boulez à la baguette.