Sergueï Rachmaninov – Symphonie N°1 – Mouvement IV

RachmaninovNous vous avions déjà présenté le 1er mouvement de la 1ère symphonie de Rachmaninov à l’occasion de la sortie du DVD « Rachmaninov » de Pavel Lounguine. Aujourd’hui, allons directement au mouvement final qui, comme souvent avec l’ami Sergueï, est à couper le souffle. L’intensité du passage entre 3:00 et 3:40 n’a rien à envier aux métalleux les plus allumés ;-)

Rachmaninov avait 22 ans lorsqu’il composa cette symphonie. Si jeune et pourtant déjà au niveau de Tchaikovski (un de ses modèles). Je trouve aussi qu’il y a du Berlioz dans ce morceau, à cause de l’audace avec laquelle Rachmaninov fait intervenir toute la palette des instruments de l’orchestre symphonique. Y compris les percussions. Il y a du taratatam, du dzim et du boum. La fin, à partir de 10:40, est tout simplement surpuissante.

Si vous avez besoin de calme ou d’esthétisme rassurant, n’écoutez pas ce morceau maintenant! Il y a quelque chose d’infernal dans cette pièce.

WA Mozart – Symphonie N°5

Mozart enfantDepuis la mort du génie de Salzbourg, l’expression « petit Mozart » est devenue une manière de parler d’un jeune prodige, quelque soit la discipline. La symphonie suivante a été composée par le jeune Wolfgang durant un séjour aux Pays-Bas, en 1765, alors qu’il avait… 9 ans.

Après écoute, j’imagine que, comme moi, vous vous demanderez comment un enfant si jeune, sans ordinateur, sans chaîne Hi-Fi, sans Spotify (!) pouvait produire des mélodies si bien tournées. Combien de compositeurs adultes et moins doués auraient bien aimé créer quelque chose de ce niveau. D’accord, ça ne vaut pas la 5° de Beethoven, mais quand même, c’est pas mal!

Antonin Dvorak – Symphonie N°9 « Du nouveau monde » – 3° Mouvement: Scherzo, Molto Vivace

DvorakAujourd’hui, finissons en beauté la présentation de la symphonie du Nouveau Monde de Dvorak, avec le 3° mouvement, peut-être le plus énergique.

Le compositeur tchèque, une fois de plus, nous fait entrer dans le monde vaste et sauvage des plaines d’Amérique du Nord à l’époque de la conquête de l’Ouest…

Si cela vous amuse de dénicher les (potentielles) sources d’inspirations des compositeurs (qui n’hésitent pas à reprendre un thème qui leur plaît chez un autre artiste), je vous incite à écouter le morceau Duel of the Fates, tiré de la bande originale du film « La Menace Fantôme » , et composé par John Williams. La rengaine basse jouée avec les cordes est discrète mais joue pour beaucoup dans l’atmosphère de tension du morceau. Et elle ressemblerait pas un peu à un des thèmes du morceau du jour? Mais bon, Williams en fait un usage si génial qu’on ne peut vraiment rien dire ;)

Ludwig Van Beethoven – 9° Symphonie (enregistrement de qualité, en intégralité)

Par Références Classiques – Audituri Te Salutant!

Retour aujourd’hui à un monument incontournable de la musique classique avec la 9° symphonie de Beethoven, présentée par un nouveau contributeur en la personne de Références Classiques qui partage ses enregistrements favoris sur le web.

> Saint-Sylvestre 1957 : fidèle à la tradition des concerts de la Saint-Sylvestre à Berlin, l’intendant de l’Orchestre Philarmonique de Berlin, a inscrit la 9E au programme du concert qui doit avoir lieu dans l’auditorium de la Hochschule für Musik, où l’orchestre de Berlin-Ouest a élu domicile depuis 3 ans.

Werner Oehlmann, critique musical au quotidien berlinois Tagesspiegel, publie le compte rendu suivant :

« Voici longtemps que l’on n’a pas entendu ici une interprétation inspirée par une vision aussi authentique et aussi immédiate de l’œuvre ; tout ce que cette partition, apparemment si familière, recèle encore d’énigmes, d’ombres ou de défis pour l’interprète, émergea d’une manière véritablement effrayante ; même l’élément barbare, qui fait également partie de l’âme titanique, ne fut pas tempéré, mais exacerbé par le brio incisif de la musique.

Dietrich Fischer-Dieskau fit sentir le caractère monstrueux de l’instant où la voix humaine pénètre dans le monde de la musique pure ; il interpréta l’appel à l’humanité avec insistance véhémente, une clarté de la déclamation presque trop tranchante. D’excellents solistes, Irmgard Seefried, Maureen Forrester, Ernst Haefliger et le chœur de la Cathédrale Sainte-Edwige, emporté par un élan prodigieux, donnèrent une interprétation qui, malgré le crescendo dramatique de l’Hymne à la Joie, préserva l’unité symphonique de l’ensemble ; prouesse d’un chef d’orchestre dont la détermination et la recherche incessante de perfection semblent prédestinées à une tragique solitude en ces temps où les talents font preuve d’autosatisfaction ; mais c’est bien ce qui en fait aujourd’hui le messager légitime de Beethoven.

Ces lignes pourraient également s’appliquer au présent enregistrement, première production stéréophonique effectuée par Deutsche Grammophon avec la Philharmonie de Berlin.

La 9ème C’est le 7 mai 1824, au Théâtre de la Cour impériale de Vienne qu’est exécutée pour la première fois la 9ème Symphonie. Beethoven, le dos au public, est censé, selon l’annonce officielle, «prendre part à la conduite de l’orchestre» aux côtés du Chef. En réalité, enfermé dans sa surdité, il n’entend même pas les ovations enthousiastes qui saluent le Finale. Une des solistes doit l’inciter à se retourner pour qu’il prenne conscience de l’ampleur du succès.

Il a encore trois ans à vivre, qui, certes, seront remplis de nouvelles compositions et de nouveaux projets. Mais cette oeuvre tient une «place exceptionnellement centrale» dans la vie et l’oeuvre de son auteur par «l’effort de création synthétique» (Massin) qu’elle manifeste.

En effet, cette symphonie est née de la convergence de plusieurs projets d’abord indépendants et parfois fort anciens : dès 1792, à 22 ans, il veut mettre en musique «l’Ode à la Joie» de Schiller ; en 1795, il se passionne pour un thème musical, qui finalement portera le texte de Schiller dans la 9ème. En 1807, il projette une oeuvre où s’uniraient orchestre et voix ; en 1812, il décide de composer une 9ème symphonie en ré mineur. Dans les années suivantes, ces quatre projets vont progressivement fusionner, pour aboutir à une œuvre d’un type radicalement nouveau : une symphonie avec chœur et solistes !

Sa tonalité dominante, ré mineur, exprime bien un sentiment tragique, tragique de la condition humaine, minée par la souffrance, la violence et la mort ; tragique aussi de la vie de Beethoven, profondément blessé par son infirmité, par la maladie et par ses échecs sentimentaux. Mais cette tonalité est progressivement supplantée par le ré majeur qui, en particulier dans le finale, manifeste le triomphe de la Joie et la victoire de la vie.

Source : 1-extrait du livret du disque écrit par Lutz von Pufendorf, 2- B. Dumoulin (la Psallette de Genève), 3-Ludwig van Beethoven de J. et B. Massin, Éd. Fayard

Sir William Walton – Symphonie N° 1 – 4ème mouvement

Sir William Walton est un compositeur anglais (1902-1983) connu aussi bien pour ses opéras que pour ses musiques de films ou ses oeuvres symphoniques. Sa 1ère symphonie, en si bémol mineur, a été terminée en 1935. Elle est composée de 4 mouvements, dont le dernier rompt avec les précédents, avec un style rappelant celui de Elgar. L’oeuvre est considérée comme un chef d’oeuvre de la musique orchestrale britannique et une référence pour les étudiants de la musique du XXème siècle.
Même si Walton s’inspire du génie de Beethoven et Sibelius (dont la musique était extrêmement appréciée dans l’Angleterre des années 1930), il parvient à construire une oeuvre unique dans un style qui lui est bien propre avec cette symphonie.

WA Mozart – Symphonie N°40 – Allegro Assai

Wolfgang Amadeus MozartNous vous avons déjà présenté le premier mouvement de cette symphonie pleine de douleur. L’article fera donc vite place à la musique.

Mais je voudrais quand même attirer votre attention sur deux points. D’abord, le début original: cette montée de tierces au violon qui n’est autre qu’une mise en application d’une des théorisations de l’Ecole de Mannheim (cercle musical influent à cette époque): la Mannheimer Rakete (soit Fusée de Mannheim). Elle est étonnament proche du début du 3° mouvement de la 5° Symphonie de Beethoven…

Ensuite, à 1:54, Mozart se permet une rupture radicale avec les formes traditionnelles de la mélodie et du rythme à son époque, montrant ainsi toute son audace novatrice. Avant de reprendre de plus belle le thème de la fusée de Mannheim…

Il y aurait beaucoup à dire, mais faisons plutôt place à la violence des violons…

WA Mozart – Symphonie N° 40 – Mouvement I Molto Allegro

Wolfgang Amadeus MozartComment concevoir qu’après tant d’articles, lamusiqueclassique.com n’ait toujours pas présenté la 40° symphonie du grand homme de Salzbourg? J’imagine que c’est parce que celui-ci ne nous laisse pas d’autre choix que de prendre un temps fou si nous souhaitons présenter tous ces coups de génie!

Wolfgang écrit cette symphonie en quelques semaines, à 32 ans. Il vit une période difficile, ravagée notamment par la mort de sa fille. Il ne faut donc pas s’étonner si on trouve de l’angoisse et de la tristesse dans ces rythmes et ces mélodies.

Cette symphonie est certainement aujourd’hui l’un des morceaux les plus connus de toute la musique classique et peut-être l’un des plus joués. Je ne saurai analyser la structure du morceau du jour mais j’attire votre attention sur sa complexité. Ecoutez les différentes phrases, l’usage des instruments…

C’est là qu’on se dit que la musique classique est un chemin. Qui niera qu’il y a un peu de Vivaldi dans ce morceau? Et qui ne verra pas que, peut-être, Ludwig n’aurait pas été Beethoven s’il n’y avait eu Mozart pour lui préparer la route?…