Sergueï Rachmaninov – Sonate pour Violoncelle et Piano en sol mineur – Allegro scherzando

On appréhende toujours un peu Rachmaninov. Que ce soit en tant que pianiste ou simple amateur de musique, on craint à l’avance ou bien de ne point pouvoir surmonter la très grande difficulté technique des œuvres du maître, ou bien de ne point pouvoir bien comprendre l’extrême complexité musicale née de sa géniale plume. Mais je vous rassure tout de suite : si difficile que soit la musique de Rachmaninov, elle est à même de vous émouvoir autant que Chopin, de vous abattre autant que Schubert, de vous faire décoller autant que Liszt.

Prenez le deuxième mouvement de cette sonate pour violoncelle et piano, l’une des rares pièces de musique de chambre écrites par Rachmaninov. L’introduction seule est pétrifiante : une ligne de basse incisive marque le ton dantesque du morceau et la rapide entrée du violoncelle, instrument qui montre ici à quel point il peut être terrifiant, accentue le caractère suffocant de ce sombre ensemble. Mais le compositeur sait varier les plaisirs, en nous offrant quelques instants de délivrance : à 0:45, le violoncelle se lance dans un épanchement lyrique, accompagné par un piano qui chante ses étincelants aigus. A 2:30, admirez également ce fabuleux phrasé qui s’étend sur une bonne minute. Mais l’impression générale de ce morceau, c’est bien un sentiment d’oppression, d’étouffement. Normal : Rachmaninov sort d’une période de dépression, qui coïncide avec l’époque où le Second Concerto pour Piano a été écrit. Cette sonate, écrite peu après ce dernier concerto, retranscrit donc à nouveau l’état de mélancolie dans lequel le génial Sergueï est plongé… Comme quoi Rachmaninov n’a pas démérité son titre de « romantique tardif » !

Ludwig Van Beethoven – Sonate N°17, dite « de la Tempête » – Allegretto

BeethovenAujourd’hui, sur une suggestion de notre ami Othman, voici le passage le plus connu de la sonate de la tempête de Beethoven (1770-1827). A des amis qui lui demandèrent pourquoi « de la tempête », le génie flamand répondit de relire la Tempête de William Shakespeare.

Ce morceau a été composé dans les années 1800 et correspond à une période où Beethoven souffre de la naissance de sa surdité, ce qui peut expliquer la mélancolie qui transpire de ces notes.

L’interprétation est de Wilhelm Kempff: admirez la profondeur de son regard. Il apparaît clair que bien que ses yeux soient ouverts, ils ne regardent rien. Le pianiste est juste noyé dans son art, emmuré dans la beauté.

Je trouve qu’on sent ici la période romantique poindre le bout de son nez… Merci à ce cher Ludwig Van!

Edvard Grieg – Sonate pour piano opus 7 – Allegro Molto

Nous vous avions déjà présenté Grieg avec son Peer Gynt et son concerto pour piano en la mineur. Grieg est connu pour être un compositeur « nationaliste », puisant son inspiration notamment dans la musique populaire norvégienne. Nous vous proposons aujourd’hui un extrait un peu moins connu, mais également intéressant, composé en 1865 lorsque le compositeur avait 22 ans.

La sonate est composée de 4 mouvements dont voici le dernier « Allegro Molto ».

Il s’agit de l’unique sonate pour piano de Grieg. Dommage…

Francis Poulenc – Sonate pour Violon et Piano

Francis PoulencPar Marc Leblanc, Audituri Te Salutant!

La Sonate pour violon et piano de Francis Poulenc est une œuvre de musique de chambre composée en 1942-1943 à la mémoire de Federico Garcia Lorca, poète et dramaturge espagnol. Ni le public ni l’auteur ne semblaient prêts à accueillir un tel morceau, qui est aujourd’hui une référence au vu des nombreux enregistrements de l’œuvre.

La pièce a été écrite sous l’impulsion de Ginette Neveu (qu’on ne présente plus !), bien que l’écriture de morceaux pour le violon lui ait toujours paru ingrate. Lui-même, peu satisfait du résultat, dira  » Le monstre est au point, je vais commencer la réalisation » ; c’est seulement à la quatrième version que l’oeuvre est créée, et elle sera retravaillée par la suite cédant à la pression des critiques assassines. Un verdict très sévère pour un résultat pourtant très convaincant.

Je vous propose de découvrir le premier des trois mouvements, Allegro Con Fuoco.

L’oeuvre se veut tragique puisqu’elle célèbre la mort du poète Lorca assassiné par une balle fasciste. Elle débute par une entrée en matière dramatique au violon mais accompagné par un piano percussif, puisque Poulenc affectionne peu le son du violon nu. Celui-ci est d’ailleurs alternativement utilisé à l’archet et au pincé, ce qui illustre dès le premier mouvement la citation de Lorca reprise dans le deuxième mouvement “La Guitare fait pleurer les songes ».

Le saviez-vous ? Le père de Poulenc était un pharmacien dont l’affaire devint plus tard… Rhône-Poulenc.

WA Mozart – Sonate pour deux pianos en Ré Majeur K448

Wolfgang Amadeus Mozart

Par Sandrine Bourrier – Audituri Te Salutant!

La sonate K448 ,écrite en 1781, est l’une des plus profondes et plus matures de toutes les oeuvres de W.A.Mozart. Elle est l’une des rares compositions pour 2 pianos seuls et est un pur moment d’allégresse suivant la forme stricte d’une « Sonate Allegro » en trois mouvements: Allegro con Spirito, Andante et Allegretto Molto.

Mozart l’écrit à l’âge de 25 ans, spécialement pour un concert qu’il donne lui même en compagnie d’une de ses premières élèves et acolyte, Josepha Von Aurnhammer, à Vienne. Mozart lui en dédiera d’ailleurs la première partie dans laquelle il semble mettre en scène la galanterie, faisant s’enchâsser simultanément la mélodie et le rythme. Au commencement, les deux pianos se partagent la mélodie puis, dès lors que le thème est exposé, ils la jouent tous les deux simultanément. On ressent bien ce jeu de dialogue tendre et complice dans l’écriture de la pièce à l’image de leur relation. Je vous propose donc d’écouter ce 1er mouvement vif et stimulant, caractérisé par des traits de gammes rapides échangés entre les pianistes, donnant l’impression d’un mouvement perpétuel et continu.

Pour la petite histoire, cette sonate fut  à l’origine du phénomène baptisé « L’effet Mozart »; suggérant que la musique classique développait  plus positivement le cerveau que les autres musiques et permettait d’élargir la conscience dans les domaines espace-temps.

En 1993, des chercheurs de l’université de Californie ont soumis 36 étudiants à 3 conditions expérimentales de 10min chacune. Un 1er groupe devait écouter Allegro con spirito de la Sonate pour 2 pianos en ré majeur de Mozart, un 2ème écoutait une casette audio avec des consignes de relaxation et un 3ème gardait le silence dans une pièce où il n’y avait aucun bruit. Au cours des 15 min suivant cette période, les chercheurs ont soumis les 3 groupes à des tests de raisonnement spatial, abstrait et visuel issus du célèbre test d’intelligence de Stanford-Binet. Les résultats ont été convertis en QI: le groupe « Mozart » à obtenu un QI supérieur aux 2 autres.

La presse américaine s’empara à la hâte de ces résultats, pensant qu’on avait trouvé la solution miracle rendant intelligent… Ainsi furent distribués à toutes les jeunes mères des disques de musique classique, et l’on exigea que les milieux de garde subventionnés et de nombreuses écoles publiques diffusent quotidiennement la musique de Mozart.

Néanmoins, aucune autre équipe de chercheurs n’a pu obtenir les mêmes résultats malgré une reproduction à l’identique de l’expérience…

Cependant il a été démontré que le fait de pratiquer un instrument de musique aide à la coordination des mouvements sur le plan psychomoteur, au développement de la mémoire et la concentration, améliore les aptitudes de travail en équipe et stimule l’imagination…

Ludwig Van Beethoven – Sonate n°8 « Pathétique » – 1° Mouvement

Sonate numéro 8, dite "Pathétique"Cela faisait longtemps que nous nous étions séparés de Beethoven. Le morceau que je vous propose aujourd’hui est sans doute son premier chef d’oeuvre pianistique, composé à 27 ans. Il y affirme un style, une marque reconnaissable par la suite.

Le morceau commence solennellement, avec lenteur et puissance. Puis c’est l’envolée (à partir de 1:27), poignante avant que le morceau se fasse moins lourd. Les mêmes thèmes sont ensuite repris et variés jusqu’à la fin.

L’interprétation de Vladimir Horowitz (encore lui) est particulièrement juste.

Pour retrouver les autre oeuvres de Beethoven, cliquez sur LUDWIG. Bonne écoute!