Ludwig Van Beethoven – Sonate pour piano N°31

Hélène Grimaud et un loupCe soir, profitons d’un moment merveilleux tel que peut en produire la rencontre entre Beethoven, Hélène Grimaud et un piano Steinway. La sonate n°31 est un des derniers morceaux que Beethoven composera pour piano. Il a alors 50 ans révolus et il a déjà posé les bases du Romantisme sur lesquels Chopin, Liszt, Schumann et Schubert (notamment) pourront construire leurs oeuvres.

Comme la sonate N°32 (vous savez, celle où Ludwig invente le jazz), ce morceau est symptomatique de la maturité artistique de Beethoven. Il y fait preuve d’une grande audace dans la construction des phrases mélodiques et dans l’usage des rythmes.

Comme vous l’entendrez, plusieurs passages sont très intérieurs et chargés d’une grande intensité émotionnelle, presque lourds. D’autres sont si gracieux comme un ballet d’hirondelle célébrant le retour du printemps!

La belle Hélène Grimaud, presque aussi connue pour sa passion pour les loups que pour son immense talent pianistique, est extraordinaire de maîtrise et parvient à transmettre une large palette d’émotions.

Joseph Haydn – Sonate pour piano n°50 – 1er mouvement (Allegro)

Joseph HaydnPetite plongée dans le classicisme le plus pur ce soir avec un des maîtres du genre, l’autrichien Joseph Haydn. Souvent dans l’ombre de Mozart et de Beethoven (qu’il connut et soutint tous deux), il n’en fut pas moins un compositeur important de son temps, donc l’influence a été décisive sur la musique en Europe.

Le morceau du jour est un exemple de son talent. Difficile, quand on ne le sait pas déjà, de deviner si c’est de lui, de Wolfgang ou de Ludwig.

L’interprétation choisie est du néerlandais Ronald Brautigam, qui a visiblement choisi de souligner le côté entraînant et dynamique de cette sonate :)

Félix Mendelssohn – Sonate écossaise (Fantaisie en fa# mineur)

MendelssohnMendelssohn fut un de ces artistes romantiques fascinés par l’Ecosse. Il fut cependant l’un des seuls (connus) à faire l’effort de s’y rendre, puisqu’il en fit le tour, à pied, à l’âge de 20 ans. Il en tira visiblement beaucoup d’inspiration. Pour ne citer que des oeuvres déjà présentées sur ce blog, voir Les Hébrides (Fingal’s Cave) et la Symphonie Ecossaise!

Le morceau du jour est très beau mais je trouve personnellement difficile d’y sentir l’Ecosse avec évidence.Peut-être que les moments violents et le final bouillonnant évoquent l’histoire guerrière des écossais. Peut-être aussi que les ralentis (avec force pédale!) sont censés rappeler les lacs brumeux… En revanche, ceux qui écoutent Beethoven n’auront guère de mal à percevoir l’héritage du maître de Bonn dans ce morceau. La Sonate Pathétique et la Sonate au Clair de Lune n’auraient pas existé, je me demande si Mendelssohn aurait pu faire la même chose… D’ailleurs cette sonate fut composée dans les années 1830, Beethoven étant en mort en 1827. Difficile de penser qu’alors, Félix n’avait pas en tête les chefs-d’oeuvre de Ludwig au moment de s’asseoir à sa table de composition.

Le morceau n’est pas court mais cela vaut le coup d’aller au bout. Certains passages sont grandioses!

WA Mozart – Sonate pour piano N° 12

Wolfgang Amadeus MozartAprès la folie du morceau d’hier, revenons à quelque chose de beaucoup plus classique, avec cette sonate de Mozart. Le prodige de Salzbourg l’a probablement composée vers 25 ans, aux alentours du moment où il s’est installé à Vienne.

Le style du morceau est typique du classicisme. La forme de la sonate y est scrupuleusement respectée (contrairement au morceau d’hier). Les mélodies et les rythmes employés cherchent à créer une atmosphère de perfection plaisante, sans innovation particulière.

C’est calme, c’est reposant et ça s’écoute aussi bien avec attention qu’en musique d’ambiance… Mozart est l’ami de toutes les oreilles!

Ludwig Van Beethoven – Sonate pour piano N°32

Attention chef d’oeuvre!

Encore Beethoven aujourd’hui, avec une sonate phénoménale. Beethoven compose ce morceau à 52 ans, alors qu’il ne lui reste que 5 ans à vivre. Durant ces 5 ans, il composera encore, notamment sa 9° symphonie, mais il ne créera plus d’oeuvre pour piano (pourtant son instrument de prédilection). C’est pourquoi cette sonate a été surnommée « l’Adieu au piano ».

Ce morceau est un condensé de l’audace Beethovenienne. Le maître de Bonn y mélange les styles de la sonate, de la fugue, et de la variation. Il se permet des audaces rythmiques inouïes pour l’époque. Comme souvent avec les artistes qui ne cherchent pas qu’à plaire, mais aussi à suivre leurs intuitions en imaginant la beauté de demain, l’oeuvre fut d’ailleurs ignorée et méprisée par ses contemporains.Ce morceau est un de ceux qui signent la fin de l’époque classique et l’ouverture à de nouvelles formes, romantiques, voire modernes!

Si vous devez n’écouter que ça, allez à 15:55 et jugez par vous-mêmes. Beethoven préfigure, avec 100 ans d’avance, les rythmes du Boogie-Woogie! Quand on vous dit « génie »…

Ludwig Van Beethoven – Sonate n°8 « pathétique » – 3° mouvement

Beethoven jeune hommeDécidément, il est difficile de passer une semaine sans revenir au moins une fois vers Beethoven. Cette fois, c’est le final de la sonate pathétique que nous vous proposons.

Cette oeuvre correspond au début de sa maturité (Ludwig a alors 28 ans). Tout en restant dans des formes plutôt classiques (il ne serait pas incroyable que cette sonate eut été signé Mozart), Beethoven se permet quelques audaces et le style romantique pointe le bout de son nez, notamment à cause de célébrissime thème du début, repris plusieurs fois dans le morceau et qu’il est tentant de jouer très rubato

Domenico Scarlatti – Sonate K. 141

Un peu de Scarlatti ne nous ferait pas de mal ! Surtout en écoutant une de ses très belles sonates (il en a écrit 555, rien que ça!), toutes composées alors qu’il officiait à la Cour d’Espagne, en tant que musicien et pédagogue de l’infante du Portugal Maria Barbara. Les sonates furent d’ailleurs pour une grande partie écrites en guise d’exercices pour clavecin : autant dire, en écoutant la sonate ci-dessous (K. 141, K voulant dire Kirkpatrick, du nom de celui qui classifia et publia les 555 sonates), que Scarlatti n’a pas gâté son élève ! Dès le début, le claveciniste (et plus tard le pianiste) se doit être agile des mains pour jouer rapidement une même note en la tapotant avec trois doigts différents. Mais l’atmosphère générale du morceau, lancinante sans tomber dans le mélancolique, rappelle les musiques fastes de la Cour espagnole, qui n’ont sans doute pas laissé Scarlatti indifférent.

Ci-dessous, une interprétation de cette sonate par Emil Gilels, pianiste soviétique du XXe siècle. Sur Youtube, il existe aussi une vidéo avec une version par Martha Argerich, où vous pouvez voir ses mains et donc prendre conscience de toute la difficulté technique du morceau. Mais, c’est le problème souvent avec Martha, le tempo est vraiment très rapide…