Robert Schumann – Variations Abegg

Robert SchumannUn peu de piano ce soir, avec un morceau composé par un Robert Schumann âgé de 20 ans, et qui constitue son premier Opus publié.

Pourquoi Abegg? Deux explications: il s’agirait d’abord du nom de famille d’une jeune femme que fréquentait Robert à cette époque (avant de rencontrer Clara, l’amour de sa vie) ; il s’agirait ensuite d’une sorte d’acronyme musical, puisque les notes constituant le thème de la mélodie, la-si-mi-sol-sol, s’écrivent en notation allemande A-B-E-G-G. A ce petit jeu là, la 5ème de Beethoven se serait appelée GGGEFFFD…

Voici donc les très belles Variations sur le nom « Abegg » de Robert Schumann, interprétées par le célèbre pianiste chinois Lang Lang…

Robert Schumann – Variations des esprits

Robert SchumannRetour à Robert Schumann que nous avions un peu délaissé ces derniers temps… Comme nous vous l’avions raconté dans la présentation de la Rêverie tirée de ses Scènes d’enfants, Schumann a été frappé de folie vers la fin de sa vie. Il entend notamment des esprits qui lui jouent une musique, qu’il a consignée en 1854 dans les Geistervariationen que nous vous présentons ce soir. Quelques semaines après après avoir écrit cette pièce, il intégrait un asile situé près de Bonn, dont il ne devait jamais sortir…

Le morceau se présente sous la forme d’un thème, décliné en cinq variations.

Robert Schumann – Kinderszenen – Am Kamin

Robert SchumannRetrouvons Robert Schumann avec ses Kinderszenen (scènes d’enfants). Nous vous avions déjà présenté Träumerei, sans doute la plus connue de toutes. Froid ambiant oblige, plaçons nous maintenant près de la cheminée, ou bien Am Kamin, auf Deutsch… En écoutant cette douce mélodie, interprétée ici par Vladimir Horowitz, difficile de s’imaginer qu’au moment de l’écriture de ce morceau, Robert était en proie aux plus vifs tourments, le père de Clara lui refusant toujours la main de sa fille…

Robert Schumann – Myrthen – Der Nussbaum

Ce soir, une chanson délicieuse vous attend. Ou plutôt devrais-je dire un lied, pour faire plus « allemand ». Car aujourd’hui encore, préparez vous à être bluffé par une grande figure du XIXe siècle allemand, Robert Schumann, dont on connaît l’expression du romantisme aussi bien dans la musique que dans la vie, puisque son histoire d’amour avec Clara Wieck (la future Madame Schumann) fut l’un des grands « contes de fées » de son époque.

Myrthen est un ensemble de lieder assez peu connus, qui a été écrit pendant la longue période de fiançailles des futurs époux Schumann. Si la raison d’être de ce recueil est assez peu poétique en soi – Schumann avait des difficultés financières et avait découvert que les lieder se vendaient plutôt bien… – il n’empêche que l’on ressent la sensibilité grandissante chez le compositeur, comme une parole d’amour déclamée par le biais de chansons particulièrement inspirées. Comme vous pouvez vous en douter, Myrthen fut dédié à Clara, qui le reçut dans sa corbeille de noces lors de son mariage…

Der Nussbaum est certainement le plus beau lied du recueil (avouez que le passage à 1:10 vous ferait juste fondre sur place…). Les paroles sont tirées d’un très beau poème de Julius Moser, qui ô coïncidence parle justement d’une jeune fille sur le point de se marier…

Robert Schumann – Humoreske op. 20 en si bémol majeur

Humoreske est une oeuvre romantique pour piano du compositeur allemand Robert Schumann, composée en 1839. Le morceau est constitué de 7 parties différentes qui doivent être jouées les unes à la suite des autres sans interruption.

L’influence de Schumann sur la musique européenne fut immense. Le compositeur anglais Elgar disait de Schumann qu’il était son idéal musical…

Anecdote amusante à propos de Schumann: certains ont pu le confondre avec l’Autrichien Schubert. C’est arrivé notamment en 1956, lorsque la République Démocratique d’Allemagne imprima des timbres à l’effigie de Schumann mais avec en arrière-plan une partition de Schubert… Cela fut vite corrigé et remplacé par une partition de Schumann!

L’oeuvre est dédicacée à Julie von Webenau, qui fut une élève d’un des fils de Mozart!

Robert Schumann – Carnaval Op. 9 – « Chiarina » à « Marche des Davidsbündler contre les Philistins »

Toutes nos excuses pour l’absence d’article hier soir : les membres de la Rédaction étaient tous occupés au point de n’avoir rien pu publier. Nous vous livrons donc deux articles pour aujourd’hui.

Nous avons donc vu ce que la fête du Carnaval pouvait évoquer à Schumann et la manière dont l’allégresse des festivités pouvait engendrer une magnifique pièce romantique, teintée du « flou de sentiments » si cher aux artistes de cette époque. Mais figurez-vous que Schumann, loin de dépeindre simplement une fête par la musique, s’implique aussi très personnellement dans son morceau. Au point de façonner un Carnaval dont ses amis, ses amours, et lui-même endossent le rôle des convives masqués.

Cet opus 9 nous situe cette fois-ci à Venise, cité canonique du Carnaval en Europe, où l’on retrouve pour l’occasion de très célèbres personnages issus de la Commedia dell’arte. Pantalon et Colombine, Arlequin, Pierrot… bref, toute une jolie société de rêveurs et autres farceurs rassemblée pour l’occasion des festivités ! Pour ne pas alourdir excessivement l’article, je ne vous présente aujourd’hui qu’une partie de l’ensemble du Carnaval, du morceau « Chiarina » jusqu’au dernier fragment, la « Marche des Davidsbündler contre les Philistins ». C’est aussi pour moi la partie la plus belle et la plus prégnante sur un plan émotionnel, qui saura vous plaire, du moins je l’espère…

Pour vous guider dans votre écoute, voici quelques éléments incontournables :

- « Chiarina » est le morceau qui dépeint en musique Clara Wieck, la future Mme Schumann. Cette pièce est très belle, à l’image de sa dédicataire, et porte l’empreinte de l’innocence qui caractérisait Clara aux yeux de Robert, alors qu’il n’était encore que le professeur de celle-ci…

- « Chopin » et « Paganini » sont des hommages rendus par Schumann à ses collègues éponymes, vous verrez qu’il copie admirablement leur style !

- « Estrella » et « Reconnaissance » sont liés à Ernestine von Fricken, la première fiancée de Schumann. J’aime beaucoup personnellement la « Reconnaissance » en ce que le morceau reflète bien le sentiment de l’heureuse surprise que Schumann doit ressentir en reconnaissant Ernestine, malgré le masque qu’elle porte !

- « Marche des Davidsbündler contre les Philistins » : la pièce la plus longue de l’ensemble qui reprend certains thèmes des morceaux précédents, et certainement la plus intéressante. Voyez l’énergie que Schumann déploie dès les premiers accords : cette marche rythmée au pas de course est le cri de guerre d’une foule de révoltés contre l’oppresseur – d’où la reprise dans le titre du mythe biblique du combat des Hébreux contre les Philistins. Mais ici, « philistin » prend un tout autre sens : les lecteurs d’Hannah Arendt reconnaîtront le terme péjoratif désignant les bourgeois, qui dans le temps de Schumann étaient les archétypes des personnes méprisant l’art et la culture dans ses formes nouvelles. Quoi de mieux qu’un soulèvement et une révolte romantiques pour manifester son désaccord?

En tout cas, l’interprétation de Claudio Arrau ne vous décevra pas, tant la verve et l’émotion se ressentent dans son toucher percutant et efficace…

Robert Schumann – Le Carnaval de Vienne op. 26 – Intermezzo

Ce lundi, mettons un masque avec Schumann, qui s’est bien inspiré de l’art du déguisement pour écrire deux opus entiers (9 et 26) sur la fête du Carnaval. L’opus 9 nous situe à Venise tandis que l’opus 26 nous emmène à Vienne, terre d’élection des plus grands compositeurs romantiques, où Schumann vécut en 1839. C’est sur ce Carnaval de Vienne (Fasching en allemand) que nous nous attarderons aujourd’hui, mais l’on vous promet que vous entendrez bientôt parler de l’opus sur le Carnaval de Venise ;-)

Le morceau d’aujourd’hui est donc l’Intermezzo du Carnaval de Vienne (Faschingsschwank aus Wien) et c’est certainement le morceau que le plus contre-intuitif de la série, composée de 5 pièces (Allegro – Romance – Scherzino – Intermezzo – Finale) : en effet, la teneur de cet Intermezzo est très mélancolique dans un contexte pourtant plus propice à l’allégresse et aux festivités joyeuses. Il n’empêche que c’est aussi, selon moi, la pièce la plus érudite et la plus efficace sur un plan mélodique, en ce que Schumann s’amuse sur les transpositions – i.e. la même mélodie jouée dans plusieurs tonalités différentes – pour meubler le morceau dont l’empreinte émotionnelle n’est pas en reste.

Nous vous avouerons aussi que la difficulté technique de cet Intermezzo est plutôt marquée : la main droite doit en effet faire résonner la mélodie lapidaire tout en devant jouer l’accompagnement, qu’on ne doit préférablement pas entendre plus que la mélodie, bien sûr!

Votre interprète ce soir s’appelle Arturo Benedetti Michelangeli, pianiste virtuose italien, considéré comme l’un des meilleurs du XXe siècle. Il fut entre autres le professeur de Martha Argerich et de Maurizio Pollini; bref que du beau monde, quoi !

En toute franchise j’ai hésité entre plusieurs versions, que je trouve vraiment bonnes : sur Youtube vous pourrez trouver celles de Alicia de Larrocha et de Sviatoslav Richter, qui ont des approches plutôt différentes du morceau mais la ferveur romantique ne manque à l’appel chez aucun des deux!