Franz Schubert – Allegretto pour piano D.915

Franz Schubert adolescentNous vous proposons ce soir de découvrir l’une des dernières oeuvres du compositeur autrichien Franz Schubert, mort en 1828 à l’âge de 31 ans, succombant à la fièvre typhoïde. Si Schubert est surtout connu pour sa maîtrise des Lieder, il excellait également dans les compositions pour piano, comme nous pouvons l’entendre avec l’oeuvre que nous vous présentons ce soir. Un morceau très simple mais chargé d’émotion, d’autant plus lorsqu’il est interprété par le pianiste ukrainien Sviatoslav Richter (1915-1997).

Franz Schubert – Marche Militaire N°1

Franz Schubert adolescentDe l’allant et de la bonne humeur aujourd’hui, avec Schubert et sa première marche militaire. Cette oeuvre pour piano à 4 mains a probablement été écrite alors que le jeune Schubert (alors âgé de 20 ou 21 ans) était employé à la maison du comte Esterhazy en Hongrie pour instruire sa fille dans l’art du piano. L’air enjoué, immédiatement mémorisable, en a fait une de ses oeuvres les plus populaires.

Notez comme, à partir de 2’50, le morceau passe brièvement en mode mineur, pour un rendu typique du romantisme schubertien. Avant de retourner au thème martial plus bondissant, en mode majeur. Il faut imaginer Schubert (qui mesurait 1,52m!) riant en jouant avec sa jeune élève et faisant la joie de la maison du comte!

Franz Schubert – Symphonie N°5 – 1° mouvement « Allegro »

Franz Schubert adolescentUn peu de légèreté ce soir, avec cet allegro de la cinquième symphonie de Franz Schubert, qu’il a achevée à l’âge de 19 ans – du coup vous avez le droit à l’image du jeune Schubert, plutôt beau gosse… notamment par rapport au « Schubert grassouillet aux besicles » qu’on a pu vous montrer !

Voici donc ce premier mouvement de la symphonie N°5 de Schubert, dirigé par Leonard Berstein… Je vous laisse apprécier le jeu des cordes et des vents, ainsi que le dynamisme apporté par les bondissantes cordes graves…

Franz Schubert – Fantaisie en Fa mineur (D940)

ALERTE CANULAR ! Vous vous en doutiez sûrement un peu : après Demetrius Mazarevitch l’an dernier, voilà que notre Stan national remet ça en beauté, pas plus tard qu’hier, avec un Poisson d’Avril mené tout en finesse ! La Rédaction espère que ce canular vous a plu et qu’il ne vous a pas dégoûté des chanteurs d’opéra, qui en réalité sont sûrement beaucoup plus sympathiques ;-)

Et maintenant, place au morceau du jour !

Parfois, lorsque je choisis le morceau sur lequel j’écris un article pour ce blog, je suis sujet à un petit dilemme. Car, même si je n’ai jamais dérogé à mon intention de vous faire découvrir les plus belles choses en musique classique, il m’arrive parfois de renoncer à présenter certains morceaux, pour la simple raison qu’ils durent trop longtemps. C’est toujours un peu le même problème, avec la musique qui se veut un tant soit peu savante : le fameux « Trop de notes, mon cher Mozart ! » n’est donc pas infondé… Trop de fioritures, de thèmes enchevêtrés camouflés ci et là, de développements contrapuntiques alternés aux quatre voix… Autant de raisons pour lesquelles l’auditeur moyen peine à suivre la dialectique d’un morceau de musique classique.

Cela étant dit, les oreilles affûtées que vous êtes désormais n’auront sûrement aucun mal à suivre le cheminement de cette belle oeuvre, ni à en saisir toute sa puissance, son originalité, sa subtilité ! Et ce ne seront sûrement pas les 20 minutes d’exécution qu’elle requiert qui vous empêcheront de l’écouter, n’est-ce pas? :)

Cette Fantaisie est signée Schubert et fait partie de son répertoire pour piano 4 mains. Elle fut publiée après sa mort, par ses amis habitués des Schubertiades, à savoir les soirées intimes que le compositeur organisait, autour de son pianoforte naturellement. Dédiée à l’une de ses élèves, Caroline Esterhazy (dont Schubert était amoureux), elle se singularise par sa forme : une quasi-sonate qui suit une structure en quatre mouvements, aux tempi adaptés, joués de manière ininterrompue – un peu comme la « Wanderer Fantaisie » dont vous vous souvenez probablement.

Quand le premier mouvement (00:25) attaque derechef sur un thème marqué par une grande tendresse, complété par un second qui survient au détour d’une modulation tonale, le second mouvement (05:50) accuse un tempo Largo, débutant avec des accords plaqués et dramatiques, avant de laisser la place à un développement mélodieux flirtant avec la joie et la mélancolie. A 09:03, place au Scherzo, dynamique et brillant, l’occasion pour le compositeur de bricoler quelques modulations qui nous amènent jusqu’au Finale (15:15), qui reprend le thème initial en le développant avec une forme fuguée. La coda seule mérite tous les applaudissements du monde : en huit mesures, Schubert aura réussi à résumer tout le développement savant des mouvements précédents.

Malgré sa longueur, j’espère tout du moins que ce morceau pourra vous faire passer un agréable moment de plénitude et de douceur…

Franz Schubert – Schwanengesang – Aufenthalt

D’avance, pardonnez-moi si ce morceau vous met de mauvaise humeur… Mais on ne peut guère s’attendre à des choses très joyeuses avec Schubert – on le comprend néanmoins, le pauvre homme ayant connu un destin bien tragique ! Ce lied, intitulé « Aufenthalt » (« Séjour » en allemand), est le morceau qui suit la fameuse « Ständchen » (Sérénade) dans l’opus Schwanengesang (Le chant du cygne). Ces deux lieder, dont les paroles sont en fait deux poèmes du poète Ludwig Rellstab, partagent le même thème, celui de la complainte : quand le personnage de « Ständchen » exhorte son aimée à le rendre heureux, celui d’ « Aufenthalt » est plongé dans un dialogue mystique et confident avec la nature luxuriante au sein de laquelle il est venu se réfugier. Des situations romantiques et romanesques, qui ne vont pas sans rappeler les plus beaux vers de Lamartine; mais le plus beau reste cette musique à la fois dramatique et passionnée qui a cependant le mérite de ne pas s’épancher dans un pathos larmoyant.

Laissez-vous donc emporter par la voix de Dietrich Fischer-Dieskau, dont on ne vous vantera jamais assez la justesse dans le répertoire schubertien. Au passage, si vous désirez demeurer plus longtemps avec Fischer-Dieskau, vous pouvez réécouter le « Gute Nacht » du Voyage d’Hiver que nous avons publié en juin dernier (une belle bourde de ma part, parler d’Hiver en plein Été !).

Il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter « Schöne Aufenthalt » (bon séjour) au pays de Schubert !

(Paroles et leur traduction à la page 7 de ce document)

Franz Schubert – Sonate Arpeggione – Allegro moderato (1er mouvement)

L’arpeggione est un instrument de musique inventé en 1823 par le luthier viennois Johann Stauffer. Sa composition est hybride : doté de six cordes, il produit un son similaire à la guitare, mais se joue comme un violoncelle (tenu entre les cuisses). Il fut l’objet d’une mode pendant une décennie avant de tomber dans l’oubli le plus total : il n’en existe plus qu’une petite dizaine dans le monde. Néanmoins, l’existence éphémère de l’arpeggione n’aura pas été vaine, puisqu’elle a pu donner naissance à cette très belle sonate de Schubert, composée en 1824, alors que le compositeur souffrait déjà de la syphilis à un stade très avancé. La sonate a très probablement été commandée par Vincenz Schuster, un virtuose de l’arpeggione et ami de Schubert, qui voulait porter l’instrument au firmament. Elle ne fut publiée qu’en 1971, à titre posthume, alors que l’arpeggione était passé de mode, si bien que la version la plus répandue est celle pour piano et violoncelle, comme celle ci-dessous. Le mal-être schubertien se ressent dès les premières notes, avec une introduction au piano très mélancolique, suivi d’un violoncelle aux accents non moins élégiaques. Les multiples variations et reprises du morceau constituent sa force et lui offrent le caractère intime et confortant de la musique de chambre.

Ci-dessous, une très bonne version, malheureusement coupée en 2 parties, j’espère que vous ne nous en voudrez pas… La musique dans la première vidéo démarre à 00:28. Vous pourrez sur le net trouver une version par Rostropovitch et Britten, mais au tempo un peu plus lent que d’usage.