Alfred Schnittke – Suite dans l’Ancien Style – Menuet

On termine la journée avec un joli de morceau de Schnittke, qui nous avait déjà habitué à pas mal de belles choses… Ici, le grand compositeur de musiques de film qu’il est nous montre à nouveau sa grande habileté musicologique : écrire des morceaux qui auraient pu être composés par les plus grands noms du baroque. Force est de constater qu’il y arrive bien, et on se ferait limite avoir… si un piano, instrument qui n’existait pas à l’époque baroque, ne jouait pas derrière !

Bonne nuit à tous !

Alfred Schnittke – Musica Nostalgica

Nous avons rencontré Alfred Schnittke le mois dernier, lors d’une belle soirée enneigée… et avons ainsi fait la connaissance d’un compositeur très émouvant, qui savait captiver l’imagination de son auditoire grâce à son art très fin de la mélodie. La jolie valse de ce film inconnu vous a laissé rêveurs, songeurs, perplexes? Alors voilà de quoi creuser plus loin : « Musica Nostalgica » fait partie des incontournables du compositeur en termes de musique de chambre. Le morceau instaure un dialogue très attendrissant entre deux des instruments les plus sensuels qui existent au monde : le piano et le violoncelle. A l’écouter attentivement, le style du morceau se rapproche de celui des baroques, du fait d’une grande régularité rythmique et tonale, et du dialogue balisé et polyphonique entre les deux instruments. Au gré de cet intime murmure, laissez-vous donc emporter par ce doux mais douloureux sentiment qu’est la nostalgie des jours anciens…

Alfred Schnittke – Histoire d’un acteur inconnu – Valse

Hier soir, à Paris, il a neigé. Et pas qu’un peu. Vêtue de son inhabituel manteau de fourrure blanc, la capitale semblait plongée dans une hibernation forcée, camouflant sous un voile pudique toute forme palpable de vie. C’est en foulant l’avenue de l’Opéra qu’une réminiscence musicale s’empara de mon esprit. Une musique régulière, mélancolique, que je n’eus aucune peine à fredonner dans son intégralité tant son phrasé, limpide, découlait naturellement. Comme si ce morceau avait toujours existé dans la mémoire et que seul un paysage enneigé d’une telle beauté pouvait le révéler à l’esprit.

Ce morceau, c’est une valse, comme les Russes savent si bien en écrire, surtout lorsqu’il s’agit d’une musique de film! Le compositeur s’appelle Alfred Schnittke, né soviétique en 1934 et décédé en 1998 à Hambourg. Il s’est principalement distingué par son oeuvre de musique de chambre (très influencée par le sérialisme) et ses compositions pour films. Alors que ces dernières étaient censées servir le film, elles sont paradoxalement devenues plus célèbres que le film en question ! C’est ce qu’il s’est notamment produit pour Histoire d’un acteur inconnu, réalisé par un certain Alexandre Zarkhy en 1976, dont personne ne se souvient vraiment… En revanche, la musique, elle, est restée. Cette valse, en particulier, est particulièrement touchante. Elle m’évoque l’image d’un homme, marchant seul sur un sol enneigé vierge, s’éloignant petit à petit après avoir fait ses adieux à un monde qu’il n’a jamais su intégrer…

Peut-être avez vous déjà entendu ce morceau sur Radio Classique et que vous en avez oublié le nom… C’est mon cas de fait :)