WA Mozart (Süssmayr) – Requiem en Ré mineur – Sanctus

mozart requiemRetour au grand requiem de Mozart aujourd’hui, avec le Sanctus, qui est un mouvement entièrement écrit par l’élève de Mozart, Franz Xaver Süssmayr. En effet, le maître salzbourgeois est mort, comme chacun sait, avant d’avoir pu achever cette oeuvre prodigieuse. Sous la pression de sa femme, les élèves de Mozart, et notamment le jeune Süssmayr, furent mandatés pour parachever cette grande Messe de Requiem.

Süssmayr réussit ici l’exploit de se hisser presque au niveau de son maître en imitant bien son style… Difficile en effet, à l’écoute, de se dire: « c’est moyen! » ou « cela ne ressemble pas à Mozart! ».

La vidéo présente les paroles, pour une meilleure compréhension de ce morceau plein de gloire et d’espoir!

WA Mozart – Requiem en Ré mineur – Hostias

mozart requiemPlus de 5 mois que nous ne sommes pas allés faire un tour du côté du grandissime Requiem de Mozart! Continuons donc notre découverte avec le morceau Hostias, qui fait suite au Domine Jesu Christe.

Une fois de plus, le sens de l’harmonie polyphonique de Mozart, son art des « notes qui s’aiment » comme il disait, laisse rêveur. Prêtez l’oreille, en écoutant le morceau, aux multiples changements de tonalités. Combien de compositeurs en herbe aimeraient maîtriser cet art du changement de tonalité à ce niveau de perfection!

Au début, Mozart fait démarrer le morceau en douceur, mais à partir de 2:15, le rythme s’angoisse un peu et la prière chaleureuse se fait supplique…

Pour gagner en profondeur d’approche sur ce morceau, vous pouvez lire les paroles et leur traduction sous la vidéo.

Hostias et preces, tibi, Domine, laudis offerimus: tu suscipe pro animabus illis, quarum hodie memoriam facimus: fac eas, Domine, de morte transire ad vitam, quam olim Abrahae promisisti et semini eius.

Nous vous offrons, Seigneur, le sacrifice et les prières de notre louange: recevez-les pour ces âmes dont nous faisons mémoire aujourd’hui. Seigneur, faites-les passer de la mort à la vie que vous avez promise jadis à Abraham et à sa postérité.

WA Mozart – Requiem en Ré mineur – Rex Tremendae

mozart requiemCe soir, reprenons notre tour de l’ensemble fabuleux que constitue le Requiem en ré mineur de Mozart.

Le passage du jour évoque le Roi d’une majesté redoutable (Rex Tremendae Majestatis). Et en effet, dès les premières notes, Mozart démontre qu’il ne compte pas plaisanter avec ce morceau! Les descentes des cordes lourdement ponctuées par des accords vocaux très puissants (REX!) provoquent en moi un sentiment de révérence, de crainte respectueuse. Après cette introduction célébrissime, Mozart prouve encore sa virtuosité en mêlant des lignes mélodiques différentes dans une harmonie parfaite. Puis, c’est le calme chant des anges qui vient conclure comme pour adoucir une majesté trop imposante pour les simples mortels ;)

Vous trouverez les paroles sous la vidéo!

Rex tremendae majestatis
Qui salvandos salvas gratis,
Salva me, fons pietatis.
O Roi, dont la majesté est redoutable,
vous qui sauvez par grâce,
sauvez-moi, ô source de miséricorde.

WA Mozart – Requiem en Ré mineur – Domine Jesu Christe

mozart requiemAujourd’hui, faisons, tel un retour aux sources, une petite pause sur l’immense oeuvre finale de Mozart: son Requiem en ré mineur. Ce morceau est une prière poétique adressée directement à Jésus-Christ, dont vous retrouverez les paroles sous la vidéo, suivie de leur traduction!

Cette version est assez rapide, mais je la trouve appropriée car il me semble (j’ai peut-être tort) que Mozart voulait mettre de l’énergie dans ce morceau.

Domine, Jesu Christe, Rex gloriae,

libera animas omnium fidelium defunctorum,

de poenis inferni, et de frofundo lacu;

libera eas de ore leonis,

ne absorbeat eas tartarus, ne cadant in obscurum,

sed signifer sanctus Michael repraesentet eas in lucem sanctam,

quiam olim Abraehae priomisisti et semini ejus.

Seigneur Jésus Christ, roi de gloire,

libère toutes les âmes défuntes des fidèles

des peines infernales, et du puits sans fond ;

libère-les de la gueule du lion,

qu’ils ne soient avalés par le Tartare, ni ne tombent dans l’obscurité,

Et St Michel, ton héraut, les conduise en la lumière sacrée,

ce qu’à Abraham tu as promis, et à sa lignée.

WA Mozart – Requiem en Ré mineur – Lacrimosa

La PietaContinuons aujourd’hui  à découvrir une des plus grandes oeuvres musicales de tous les temps (point de vue subjectif mais, semble-t-il, largement partagé): la messe de Requiem en ré mineur de Mozart. Après l’apocalyptique Dies Irae, le trouble Confutatis, le priant Kyrie et le tragique Introïtus, voici le Lacrimosa.

Comme vous pouvez le deviner avec le nom de ce morceau, deuil et douleur sont ici particulièrement prégnants. Les paroles en latin et en anglais (sur la vidéo même) vous permettront de mieux situer ce que Mozart veut ici dépeindre.

Il faut savoir que seules les 8 première mesures sont de la main de Mozart (environ jusqu’à 0:52). Le reste a été terminé par un de ses élèves, Franz-Xavier Süssmayr, à la demande de la veuve de Mozart, Constance. Il faut d’abord reconnaître que ce jeune compositeur (qui devint par la suite élève de Salieri) ne manqua pas d’inspiration, même si, pour l’aider, les 8 premières mesures donnaient déjà les grandes lignes. Intelligemment, Süssmayr s’appuya sur le reste de l’oeuvre déjà écrite ainsi que sur des fragments et brouillons sur lesquels Mozart avait noté des idées.

Ce morceau provoque toujours des frissons chez moi. Ce n’est pas pour rien qu’il fut souvent utilisé lors de grandes funérailles (celles de Beethoven, celles de Chopin à la Madeleine, et même lors de la panthéonisation de Napoléon). Se jouant des paradoxes, le Requiem, pourtant oeuvre chrétienne sacrée, fut même joué en URSS en 1918 pour les « Martyrs de la Révolution » et peu après pour le 100° anniversaire de Karl Marx. Il fut aussi récupéré par l’Allemagne nazie qui s’empressa de remplacer tous les mots évoquant les origines juives du christianisme (Sion, Abraham, Jérusalem…).

Assez glosé, musique!

WA Mozart – Introïtus – Requiem æternam

Aujourd’hui, retour au requiem de Mozart, ce monument de la musique classique, avec le premier mouvement de l’oeuvre : l’Introïtus.

Au début, les cordes accompagnent les bois dans une succession de notes au rythme d’une simplicité biblique. Les violons sonnent tantôt grave, tantôt aigu,  chaque note étant parfaitement choisie. Juste avant qu’entrent les voix, trois coups de tambour s’ajoutent au son de lamentation, de supplication des bassons. Puis, les voix, plus tragiques encore, soulignent une fois de plus le caractère solennel et régulier du morceau :  » Requiem aeternam dona eis, Domine », en français : « Seigneur, donnez-leur le repos éternel ». (Retrouvez les paroles dans les deux langues en-dessous de la vidéo). Les basses sont rejoints par les tenors puis, altos et sopranos les rattrapent et s’ajoutent à la triste supplique.

Terminons sur une remarque belle et touchante de Sacha Guitry, grand admirateur de Mozart :  » Ô privilège du génie! Lorsqu’on vient d’entendre un morceau de Mozart, le silence qui lui succède est encore de lui. »

Paroles en latin :

Requiem aeternam dona eis, Domine
Et lux perpetuat luceat eis.
Te decet hymnus Deus in Sion,
Et tibi reddetur votum in Jerusalem.
Exaudi orationem meam,
Ad te omnis caro veniet.
Requiem aeternam dona eis,
Domine, et lux perpetua luccat eis.
Kyrie eleison.
Christe eleison.
Kyrie eleison
Paroles en français :
Seigneur, donnez-leur le repos éternel,
Et faites luire pour eux la lumière sans déclin.
Dieu, c’est en Sion qu’on chante dignement vos louanges
A Jérusalem on vient vous offrir des sacrifices.
Écoutez ma prière,
Vous, vers qui iront tous les mortels.
Seigneur, donnez-leur le repos éternel,
et fautes luire pour eux la lumière sans déclin.
Seigneur, ayez pitié.
Christ, ayez pitié.
Seigneur, ayez pitié

WA Mozart – Requiem en ré mineur – Kyrie

Wolfgang Amadeus MozartCela faisait un moment que nous n’étions pas allés voir du côté du grand Requiem! Après le Confutatis et le Dies Irae, morceaux pleins de colère, de révolte et de deuil, nous vous proposons aujourd’hui d’écouter le Kyrie.

Dans la liturgie catholique, le Kyrie est une supplication. C’est le moment où les fidèles, reconnaissant leur petitesse et leurs fautes, demandent pardon à Dieu, et ainsi, établis dans la conscience de leur état et purifiés par le repentir, ils poursuivent la messe. Le Kyrie est en fait une abréviation de la formule grecque « Kyrie eleison », ce qui signifie « Seigneur, prends pitié ».

Celui de Mozart est encore une fois, un véritable bijou de l’art sacré. Complexe, harmonieux, sa profondeur peut faire toucher à l’extase.

Ce morceau existe dans des versions bien plus rapides et assez connues, au rythme indéniablement entraînant. Mais j’ai choisi de vous proposer celle du Berliner Philharmoniker, conduit par Herbert Von Karajan, car sa relative lenteur permet de savourer chaque note et correspond, selon moi, davantage au sens des paroles. Place à la vérité de la musique…