Jean-Philippe Rameau – Pièces de Clavecin – Tambourin

Pendant que Bach, Scarlatti ou Haendel construisaient leur renommée et leurs fortunes respectives en Allemagne, en Espagne ou en Angleterre, Jean-Philippe Rameau tirait son épingle du jeu dans le Royaume de France où il bâtit sa notoriété non seulement comme compositeur, mais aussi comme un savant théoricien, qui publia en 1722 un Traité de l’Harmonie réduite à ses Principes naturels qui fait encore référence de nos jours. Selon les gens qui l’ont côtoyé, Rameau était même, semble-t-il, plus attaché à vouloir construire une théorie qu’à vouloir composer. Un de ses amis, Michel de Chabanon, également théoricien de la musique, lui consacra l’Eloge de Monsieur Rameau dans lequel on peut lire que Rameau « regrettait le temps qu’il [donnait] à la composition, puisqu’il était perdu pour la recherche des principes de son Art ». Et pourtant, quand bien même la composition ne serait qu’un vulgaire et ingrat passe-temps pour lui, force est de constater que Rameau ne bâcle pas ses écrits. Il suffit d’écouter ce « Tambourin » pour s’en convaincre : une tonalité mineure qui n’oblitère pas une joyeuseté sous-jacente, un tempo entraînant, des mordants (les petits « battements » de doigts entre la note principale et la note au-dessus) disséminés un peu partout comme pour imiter un vrai tambourin; bref, la recette pour un morceau agréable et surtout très réussi.

Notez que ce morceau montre un exemple de ce qu’est la basse continue, une singularité de l’époque baroque : écoutez donc ces accords de basse martelés tout du long, qui en plus de donner un certain caractère à la pièce participent à l’harmonisation de tout l’ensemble… Il est vrai que l’effet est meilleur sur un clavecin, c’est la version de la 1ère vidéo. Mais depuis que le piano a pris le dessus sur le clavecin, il faut se faire à l’idée que vous entendrez beaucoup plus « Tambourin » au piano qu’au clavecin, d’où l’intérêt de regarder la 2e vidéo ! Et avec Cziffra au clavier en plus, cela ne se refuse pas…

Jean-Philippe Rameau – Dardanus – Chaconne

Retour au génie de la musique baroque française, avec une chaconne (Rondeau) tiré de son Opéra Dardanus, composé aux alentours de 1739. Rameau a marqué la musique française non seulement par la qualité de son oeuvre, mais également grâce à l’importance de sa théorie musicale. Il est notamment l’auteur de Traités d’harmonie qui, malgré quelques imperfections, font encore référence aujourd’hui.

Le « traité de l’harmonie réduite à ses principes naturels » qu’il publie en 1722 est un ouvrage fondamental dans le développement de la musique occidentale. Il synthétise les efforts de Rameau pour faire de la musique une quasi-science, quand elle était considérée avant lui comme un art avant tout. Pour lui,  c’est la « nature » même qui fonde sa théorie et lui permet d’affirmer que l’harmonie est la quintessence de la musique, la mélodie ne faisant que procéder de l’harmonie.

Ce qui est bien, c’est qu’on n’est pas obligé de décortiquer les Traités de Rameau pour apprécier sa musique. En voilà encore une fois la preuve:

Jean-Philippe Rameau – Les tourbillons – Suite en Ré majeur

Retour au style baroque aujourd’hui avec cet extrait des ‘Tourbillons’, suite en Ré majeur composée en 1724 et qui nous montre toute la virtuosité d’une claveciniste.

Le clavecin est un instrument à corde spécifique de la musique européenne muni d’un ou plusieurs claviers dont chacune des cordes est pincée par un dispositif nommé ‘sautereau’.

La vidéo nous montre un clavecin de style français à deux claviers. Comme pour l’orgue, la puissance des sons émis ne dépend pas de la force avec laquelle le claveciniste frappe les touches: c’est la présence de registres affectés à chacun des claviers qui permet de varier les timbres.

Bien que la sonorité du clavecin soit inhabituelle et puisse paraître un peu métallique, les compositions baroques très structurées qui l’utilisent savent généralement mettre en valeur son effet apaisant, ce que j’apprécie beaucoup personnellement!

Jean-Philippe Rameau – Castor et Pollux – Ouverture

Castor et Pollux est une tragédie lyrique créée en 1737 à Paris. Le fil  blanc de l’Opéra consiste en la rivalité pour la même femme de deux frères très complices.

Suite à un accueil assez mitigé, l’oeuvre fut remaniée par le compositeur en 1754. A la Révolution Française, elle tomba quelque peu dans l’oubli avant d’être réhabilitée en 1903 par la Schola Cantorum. Parmi les spectateurs se trouvait un certain Claude Debussy…

Nous vous en proposons aujourd’hui l’Ouverture, en espérant vous donner envie d’en écouter la suite!

Jean-Philippe Rameau – Anacréon

Après vous avoir proposé l’écoute du Presto de l’Eté de Vivaldi, difficile de passer à côté de l’Anacréon de Rameau…

Vous noterez sans doute à l’écoute les similitudes entre les deux oeuvres des compositeurs qui vécurent au même siècle. Personnellement je trouve la musique de Rameau très moderne par rapport à celle de Vivaldi, chacun se fera son idée.

Vous retrouverez ici une interprétation des musiciens du Louvre sous la direction de Marc Minkovski, dont nous avions déjà parlé ici, également à propos de Rameau.

Jean-Philippe Rameau – Les Indes Galantes – Rondeau

Les Indes galantes (1735) est le premier des six opéra-ballets de Jean-Philippe Rameau (1683-1764), considéré comme l’un des plus grands compositeurs français d’avant le XIXème siècle.

Sa musique, et notamment son œuvre lyrique, marque l’apogée du classicisme français. L’extrait que nous proposons aujourd’hui en constitue un parfait exemple.

Voici le Rondeau, tiré des Indes galantes, chanté par Magali Léger et Laurent Naouri accompagnés par les Musiciens du Louvre.

« Forêt paisibles,
Jamais un vain désir ne trouble ici nos cœurs.
S’ils sont sensibles,
Fortune, ce n’est pas au prix de tes faveurs.

(Chœur des sauvages):
[Forêt paisibles,
Jamais un vain désir ne trouble ici nos cœurs.
S’ils sont sensibles,
Fortune, ce n’est pas au prix de tes faveurs.]

Dans nos retraites,
Grandeur, ne viens jamais
offrir de tes faux attraits !
Ciel, tu les as faites
pour l’innocence et pour la paix.
Jouissons dans nos asiles,
Jouissons des biens tranquilles !
Ah ! Peut-on être heureux,
Quand on forme d’autres vœux ? »