Sergueï Rachmaninov – Symphonie N°1 – Mouvement IV

RachmaninovNous vous avions déjà présenté le 1er mouvement de la 1ère symphonie de Rachmaninov à l’occasion de la sortie du DVD « Rachmaninov » de Pavel Lounguine. Aujourd’hui, allons directement au mouvement final qui, comme souvent avec l’ami Sergueï, est à couper le souffle. L’intensité du passage entre 3:00 et 3:40 n’a rien à envier aux métalleux les plus allumés ;-)

Rachmaninov avait 22 ans lorsqu’il composa cette symphonie. Si jeune et pourtant déjà au niveau de Tchaikovski (un de ses modèles). Je trouve aussi qu’il y a du Berlioz dans ce morceau, à cause de l’audace avec laquelle Rachmaninov fait intervenir toute la palette des instruments de l’orchestre symphonique. Y compris les percussions. Il y a du taratatam, du dzim et du boum. La fin, à partir de 10:40, est tout simplement surpuissante.

Si vous avez besoin de calme ou d’esthétisme rassurant, n’écoutez pas ce morceau maintenant! Il y a quelque chose d’infernal dans cette pièce.

Sergueï Rachmaninov – Concerto pour piano N°3 – 3ème mouvement

Sergei RachmaninovCela fait plus de 3 ans que nous avions présenté le 3° concerto pour piano de rachmaninov, via son 1er mouvement aussi connu que tourmenté. Ce concerto, communément appelé « Rach 3″ par les anglo-saxons, est une des oeuvres phares du génie russe.

Ce morceau est réputé pour être l’un des plus difficiles du monde. Une oeuvre qu’il est presque impossible de rejouer pour un « Bis ».  L’interprétation suivante du 3° mouvement, par Arcadi Volodos, concertiste russe de 43 ans, devrait vous permettre de comprendre cette réputation.  Les notes pleuvent de tous les côtés, tant et si bien qu’on en est presque essouflé, rien qu’à écouter!

Le sens de la mélodie touchante de Chopin, la furie créatrice de Beethoven, la virtuosité de Liszt…

Et si c’était cela, la marque du génie: offrir une oeuvre si riche qu’on est contraint à l’effort pour l’accueillir pleinement…

Connaissez-vous ce film? – Rachmaninov, de Pavel Lounguine – avec sa Symphonie N°1 – 1er Mouvement

RachmaninovNous n’avons pas vocation à être un blog de publicité pour des artistes qui ne sont pas des musiciens. Mais lorsqu’un réalisateur sort un bon film sur un compositeur classique, pourquoi nous l’interdire?

En effet, j’ai eu l’occasion de voir, tout récemment, le film de Pavel Lounguine intitulé Rachmaninov (sorti uniquement en DVD en décembre 2014) et j’ai trouvé que cela valait le coup de vous le présenter brièvement.

Attention SPOILER!

Ceux qui connaissent Lounguine savent que c’est un spécialiste de la représentation de l’âme russe sur l’écran. Ce film n’échappe pas à la règle. « Sergueï » y est dépeint comme un homme tourmenté, profondément attaché à sa Russie natale qui, devenue soviétique, l’a banni à cause de ses « opinions bourgeoises ». Le film propose des clivages importants dans la vie du dernier grand compositeur romantique. Balancement du coeur à cause de certaines femmes, notamment une marxiste qui est elle-même partagée entre sa passion pour Rachmaninov et sa fidélité au régime. Déchirement entre sa nostalgie pour la Russie et son succès dans une Amérique avide de spectacle. Déchirement entre sa carrière de virtuose pour laquelle tout le monde l’encourage et le félicite, et son désir profond d’exprimer ses ressentis comme compositeur. Sa difficulté à s’adonner à la création (et le manque que cela suscite) constitue d’ailleurs un des thèmes principaux du film.

J’ai trouvé particulièrement touchant le personnage humble mais fort de Natalia, sa cousine et plus fidèle amie (depuis la petite enfance) que Sergueï finira par épouser et qui semble, selon le film, avoir été pour lui la source à laquelle il vient se retrouver lorsque sa mélancolie ou ses drames l’emportent trop loin.

A ranger dans les petites déceptions: j’aurais aimé que le film se focalise un peu plus sur la musique de Rachmaninov (les concertos pour piano sont à peine évoqués). Et aussi que Lounguine ne fasse pas l’impasse sur la spiritualité du compositeur, et notamment son rapport au christianisme orthodoxe. Ce qui peut étonner lorsqu’on sait que c’est aussi lui qui a réalisé L’Île (que je vous recommande vivement!)

Malgré ces deux regrets, je ne peux que vous recommander le visionnage de ce bon film, très différent d’Amadeus ou de Shine, pour ne citer qu’eux!

Et pour nous quitter, voici le sublime 1er mouvement de sa première symphonie. Pour savoir l’accueil très très déroutant que cette oeuvre reçut lorsqu’elle fut créée, veuillez acheter le film ;)

Sergueï Rachmaninov – Prélude op.23 n°2

Voilà cinq longues journées que ce site est resté désert, n’ayant pu répondre à l’exigence de l’article quotidien, par la faute de rédacteurs anormalement occupés en ce début de mois de juillet… Nous tenons à rattraper cela à tout prix !

On retrouve aujourd’hui Rachmaninov dans un de ses préludes les plus énergiques, les plus brillants mais aussi l’un des plus difficiles à jouer. Comme avec l’Etude Révolutionnaire de Chopin, le pianiste se doit de posséder une grande endurance à la main gauche, qui joue un ostinato éprouvant en accompagnant la brillante mélodie de la main droite. Le prélude entier repose sur une forme « ABA », c’est à dire qui comporte une reprise du thème initial vers la fin. Ce morceau suit plutôt bien la logique de tout l’opus 23, qui est composé alors que Rachmaninov sort d’une longue période de dépression, marquée notamment par l’échec de sa première Symphonie, bientôt contrebalancé par son second concerto pour piano qui connut le succès que vous savez. En tout cas, un très beau recueil à découvrir dès que possible !

Petit luxe supplémentaire : Sviatoslav Richter pour vous, au piano, qui comme vous en doutez négocie plutôt très bien la brillance du morceau !

Sergueï Rachmaninov – Etudes Tableaux Op.33 – Moderato

Nous sommes désolés pour l’absence d’article hier… Voici un morceau en guise de « rattrapage »; un article sera publié comme à l’accoutumée ce soir.

On vous propose un autre des fabuleux tableaux signés de la main virtuose de Rachmaninov, le romantique tardif, génie du clavier aux mains immenses et souples. Comme l’Allegro Molto de l’Op. 39, ce morceau, court, vous propose une nouvelle fois un voyage synesthésique éblouissant d’impressions fugaces, qui vous mènent vers les plus hautes cimes de la beauté romantique. Vous le remarquerez, nul est besoin de discours pompeux et de fioritures contingentes : le morceau est fondé sur un jeu entre la tonique et la dominante (comprendre : 1ère et 5e note de la gamme en Ré mineur), complété par des gammes chromatiques – une signature de Rachmaninov, qui s’en est largement servi pour ses Préludes notamment.

Sur ce, bon week-end et à ce soir !

Sergueï Rachmaninov – Etudes Tableaux Op.39 – Allegro Molto

Dans l’oeuvre de Rachmaninov, les Etudes Tableaux sont incontournables : tout en étant techniquement très ardues, elles n’en reflètent pas moins la signature du maître; on peut même dire qu’elles capturent la quintessence pianistique telle que Rachmaninov la conçoit (un biographe dira même qu’elles « résument toutes les découvertes du compositeur pour le piano et montrent comment le piano doit être joué selon lui »). Il importe peu que vous soyez sensible ou non à la beauté du piano : grâce aux Etudes-Tableaux, il vous est donné la chance de contempler à chaque fois un paysage, une peinture, rien que par la puissance évocatrice des notes écrites par Rachmaninov. Et ce dernier a tout fait pour : plutôt que de baptiser ses études avec un nom lapidaire (comme le faisait souvent Debussy), il laisse à l’auditeur le loisir de laisser libre cours à son imagination, d’où le fait que tous les morceaux du recueil s’appellent « Etude-Tableau » et qu’il il faut donc donner le numéro de l’étude à chaque fois :P

Cet « Allegro Molto » est la 3e étude de l’Op. 39 et il s’agit à mon avis de l’une des plus belles. On compare souvent le torrent de notes à une cascade qui déverse incessamment son trésor bleu. Mais chut, ne laissez-vous pas influencer, fermez les yeux et contemplez…

Sergeï Rachmaninov – Polka Italienne

Jeudi soir, on rentre du boulot, on est déprimé, on n’attend que le week-end… Ne faites pas cette tête-là, voyons ! Voici un petit Rachmaninov qui va vous remettre d’aplomb : la Polka italienne, une oeuvre relativement mineure du compositeur, mais qu’on aime bien réécouter de temps en temps. Et pour cause, le thème de cette courte marche est particulièrement brillant, dans la veine d’une musique slave dont Rachmaninov a le secret.

Vous vous doutez bien qu’un telle mélodie ne saurait passer incognito aux yeux (ou plutôt dans l’oreille) des mélomanes : innombrables sont en effet les transpositions faites sur cette Polka Italienne. Ecrite à l’origine pour deux pianos, elle fut ensuite très souvent jouée à un seul piano, puis de plus en plus à l’accordéon et finalement par un orchestre entier… Joli destin pour un morceau qui ne fait pas plus de deux pages et ne prend pas plus de deux minutes à jouer !

Ci-dessous, deux vidéos : une version pour un piano que je trouve correcte, et une seconde qui est un enregistrement de Rachmaninov lui-même, en train de jouer cette pièce avec son épouse! Baissez un peu le son par contre, pour cette dernière vidéo : vieil enregistrement oblige, les grésillements auront raison de vos tympans !