Félix Mendelssohn – Prélude et fugue en Mi mineur

MendelssohnCe soir, restons en compagnie du piano, avec Mendelssohn, grand artiste allemand contemporain de Chopin, Liszt et Schumann. Mendelssohn a beaucoup composé pour piano (souvenez-vous de ses romances sans parole) et a participé de ce mouvement créatif qui a consacré le piano comme Roi des instruments. Il est traditionnellement rangé, et à raison, parmi les compositeurs romantiques. Pourtant, vous allez voir, le morceau du jour montre un goût certain pour les procédés baroques, tels que le contrepoint.

Après une introduction toute romantique, le jeune Félix (le morceau aurait été composé quand il avait environ 20 ans) nous propose quelque chose qu’une oreille peu avertie pourrait aisément confondre avec du Bach, surtout si c’était joué sur un clavecin… Quelle maîtrise étonnante pour un compositeur si jeune.

César Franck – Prélude, Fugue et Variations

Ce soir, un morceau très connu, d’une grande beauté, qui ne pourra que vous plaire : il s’agit du « Prélude, Fugue et Variation » de César Franck, dont les précédents articles ont dû vous faire voir son grand attachement pour la musique religieuse (quand bien même il vivait à l’époque romantique, beaucoup plus « séculière » que l’époque baroque par exemple). C’était bien sûr une manière d’exercer son instrument de prédilection, l’orgue, dont il fut l’un des maîtres incontestés de l’Europe au XIXe siècle. Dédié à son ami Camille Saint-Saëns, ce morceau est décomposé en trois parties, qui se jouent généralement à la suite; il reprend la forme, le style, et les techniques musicologiques familiers à Bach. Ainsi, la Fugue (3:11) donne lieu à l’incontournable développement contrapuntique que les baroques ont exploité durant le XVII-XVIIIe siècle. Quant aux Variations (qui arrivent à la sixième minute environ), une ligne « intermédiaire » s’infiltre dans le thème et la basse initiaux. Bref, une bien belle performance qui permit aux auditeurs de Franck de faire un énorme saut en arrière, à l’époque des grands organistes baroques. Ce « saut », on espère que vous le ferez aussi, du moins pendant la durée de ce morceau !

Claude Debussy – Les collines d’Anacapri

Retour aux paysages de Debussy aujourd’hui avec l’un de ses fameux préludes pour piano, Les Collines d’Anacapri. Le compositeur français était un visiteur régulier d’Anacapri en Italie. Pas besoin de beaucoup d’explications ou d’éclairage pour apprécier la musique présentée sur ce site d’une manière générale. Mais c’est particulièrement vrai pour la musique de Debussy, que je pense tout simplement très propice à la rêverie, voire à la méditation. Comme un superbe paysage côtier d’Italie ;)

Vous pouvez le ressentir à l’écoute de ses préludes, composés entre 1910 et 1913.

Je vous laisse à l’interprétation d’un spécialiste du genre, le pianiste Jean-Rodolphe Kars.

Frédéric Chopin – Prélude N°24

Un peu de fougue et de passion chopinienne pour ce soir ! Vous avez déjà eu vent des fameuses Préludes de Chopin, notamment la 4e, très aisée à jouer mais diablement complexe à rendre sur un plan sentimental. Tournons un peu les pages et écoutons cette fois-ci la 24e, la dernière publiée du vivant du compositeur, qui est d’un tout autre registre ! Beaucoup plus violent, ce prélude est au désespoir neurasthénique ce que le 4e est à la douce langueur mélancolique : autant dire que le tempo, « Allegro Appassionato », n’est pas démérité ! Portez votre attention sur la main gauche, qui scande un ensemble de notes qui font penser aux rugissements du tonnerre, tandis que la main droite geint autant qu’elle peut aux aigus, tout en permettant au pianiste de démontrer toute la difficulté technique du morceau.

A cette occasion vous pourrez découvrir un jeune Maurizio Pollini, déjà virtuose à son âge… Les plus affûtés d’entre vous distingueront certaines imprécisions – en clair, il fait des fausses notes ! – mais l’interprétation, romantique et passionnée au possible, excuse ces détails moindres!

Frédéric Chopin – Prélude n°4 en mi mineur

Frédéric ChopinLe morceau du jour pose un problème étonnant: si tout pianiste chevronné peut techniquement l’apprendre en 5 minutes, on peut passer tout une vie à chercher à le maîtriser vraiment, tant sont insondables sa profondeur et sa mélancolie… On s’imagine à la place de Chopin, on pense à des choses qui nous donnent les larmes aux yeux, on se concentre sur le toucher de chaque note… Malgré une exécution sans faute, il est très difficile d’être pleinement satisfait de son interprétation.

Ce morceau s’écoute dans un certain recueillement…

Giuseppe Verdi – La Traviata – Prelude

Verdi (1813-1901 ) est principalement connu pour ses opéras, dont les quatre plus célèbres sont  Nabucco, Rigoletto, La Traviata et Aida. L’idée de la Traviata, qui nous intéresse ici, est venue à Verdi après qu’il eût assisté à une représentation de la Dame aux Camelias d’Alexandre Dumas fils (pas celui qui écrivit les Trois Mousquetaires, donc).

L’histoire de la Traviata est celle d’un amour impossible entre une demi-mondaine (Violetta) et un jeune homme de bonne famille (Alfredo), à qui son père interdit cette union. Ce dernier va la forcer à écrire une lettre de rupture à son fils, qui rendra celui-ci au désespoir. Quand Alfredo se rend compte que Violetta n’a cessé de l’aimer, il est trop tard, et celle-ci, atteinte d’une grave maladie, meurt dans ses bras. La première de cette opéra, donnée en 1853, fut un fiasco, notamment à cause de la corpulence de Violetta, qui n’allait pas avec la frêle jeune femme mourante dépeinte par Verdi..

On perçoit toute la dimension tragique de la Traviata en en écoutant l’ouverture/prélude à l’acte 1, dans laquelle sont présentés les principaux thèmes musicaux de l’oeuvre.

Le Royal Opera House est dirigé par Sir George Solti