Francis Poulenc – Novelettes

Francis PoulencPlace aujourd’hui à Francis Poulenc (1899-1963), compositeur français de la période moderne. Nous vous proposons d’écouter trois charmantes pièces pour piano, que Poulenc a gratifiées du terme de novelettes… un mot littéraire désignant une courte nouvelle, et employé pour la première fois dans le domaine musical par Schumann.

C’est Gabriel Tacchino, l’un des principaux disciples de Poulenc, qui est ici au piano.

Les trois novelettes s’enchaînent dans cette vidéo. La seconde commence à partir de 2:55, la troisième à partir de 4:55.

Francis Poulenc – Les chemins de l’amour

En attendant le retour des hors-jeu à partir de la semaine prochaine, voici de quoi détendre votre vendredi soir et votre week-end : une chanson de Francis Poulenc, grand compositeur français de la période moderne, dont ce blog vous a parlé à plusieurs reprises déjà.

L’héritage chansonnier de Poulenc est considérable et touche à tous les registres : le compositeur excelle aussi bien dans les chansons religieuses que celles dans une veine plus populaire. Cette chanson, « Les chemins de l’amour », illustre quant à elle la seconde catégorie. Composée sur un texte d’Anouilh (pour la pièce Léocadia) la mélodie de ce morceau rappelle en effet l’atmosphère du cabaret, avec un art de la voix typiquement français. Le genre fit florès au début du XXe siècle à tel point qu’une telle chanson n’est associée à rien sinon à la Belle Epoque.

Poulenc dédia cette chanson à Yvonne Printemps, diva d’opérette, dont vous entendez la voix dans la vidéo ci-dessous.

Quand on voit que Poulenc s’acquitte merveilleusement bien de la tâche d’écrire de la musique sérieuse, spirituelle et solennelle (voir les Litanies à la Vierge Noire), cela crée un contraste avec ce qu’on peut entendre ci-dessous, qui se morfond bien avec l’ambiance populaire. Poulenc a décidément bien mérité son surnom, « le moine et le voyou » : vivant certes avec son éducation judéo-chrétienne mais faisant preuve d’une incroyable sensibilité !

Francis Poulenc – Sonate pour Flûte et Piano – Cantilena (2e mvt)

Un classique incontournable du répertoire de la flûte : voilà comment l’on qualifie cette sonate de Francis Poulenc, créée peu de temps avant sa mort, en collaboration avec le flûtiste Jean-Pierre Rampal. D’un niveau relativement difficile, cette oeuvre exploite les qualités et le son limpide de la flûte, en poussant l’instrumentiste dans des retranchements techniques avancés.

Ce second mouvement s’ouvre sur une introduction étrange, voire inquiétante, mais le thème qui s’ensuit, très beau, chante un phrasé aux accents plaintifs qui se singularise par un refus de la simplicité harmonique : notez bien qu’à partir de 0:32, on aurait tellement attendu une cadence parfaite, mais Poulenc l’évite habilement… A partir de 1:50, le morceau sort de ses rails et livre un développement libre, limite rhapsodique, alternant dialogues au piano et à la flûte, accélérant le tempo jusqu’à atteindre une note très aiguë à 2:56 (et donc très difficile à atteindre). La dernière partie reprend le thème principal, plus calme, toujours dans cette ambiance inhabituelle.

Bref, une sonate à découvrir absolument dans son intégralité :)

Francis Poulenc – Litanies à la Vierge Noire

Francis PoulencPar Eglantine – Audituri Te Salutant!

En août 1936, Francis Poulenc apprend la mort d’un des ses amis compositeur, Pierre-Octave Ferroud, dans un grave accident de voiture. Cette disparition affecte énormément Poulenc qui se met à douter de sa foi religieuse. A l’occasion d’un pèlerinage sur les chemins de Compostelle, une étape l’ammene à Rocamadour. C’est en voyant dans le sanctuaire la Vierge Noire qu’il recouvre la foi et compose très rapidement les litanies à la Vierge Noire sur le texte des litanies à la Vierge Noire récité par les pèlerins.
Pièce composée pour choeur de femmes et accompagnée par un orgue, c’est une des oeuvres majeures du compositeur marquant un retour à la musique sacrée. Cette prière à la Vierge est qualifiée par son auteur de « très spécial[e], humble et je crois saisissant[e] ».

Francis Poulenc – Dialogues des carmélites – scène finale

Francis PoulencPar Camille Steiblen – Audituri Te Salutant!

Non il n’y a pas que Carmen au répertoire de l’opéra francais! Dialogues des Carmélites est un opéra de Francis Poulenc (1899-1963), sur le livret de la pièce éponyme de G. Bernanos, créé à la Scala de Milan en janvier 1957 (version italienne) puis à Paris en juin 1957. L’action se déroule au couvent des carmélites de Compiègne, au début de la Révolution française. L’héroïne est une jeune aristocrate, Blanche de la Force, qui vient d’entrer au Couvent à la fois par fuite et par besoin de dépassement de soi. L’argument de Dialogues des carmélites est construit sur le contraste entre la communauté des femmes cloîtrées, et les hommes qui s’affrontent à l’extérieur, dans le cadre de la Révolution française; et sur le contraste entre la mort de la Mère Supérieure qui a eu une vie admirable et une Foi solide, mais qui pendant son agonie est en proie à de grands doutes, et la mort de Blanche, qui est entrée au Couvent par peur, mais qui après de longues hésitations meurt de facon déterminée et héroique. L’histoire est particulièrement poignante car une aventure individuelle et un destin collectif s’enchevètrent pendant les trois actes, jusqu’à se confondre au dernier tableau, dans une admirable scène où se superposent le chœur de la foule et les voix des religieuses chantant le Salve Regina, voix qui s’éteignent une à une sous les coups de la guillotine. La voici…

(Pour la petite histoire, Francis Poulenc est le fils d’un des fondateurs de Rhône Poulenc!)

Francis Poulenc – Sonate pour Violon et Piano

Francis PoulencPar Marc Leblanc, Audituri Te Salutant!

La Sonate pour violon et piano de Francis Poulenc est une œuvre de musique de chambre composée en 1942-1943 à la mémoire de Federico Garcia Lorca, poète et dramaturge espagnol. Ni le public ni l’auteur ne semblaient prêts à accueillir un tel morceau, qui est aujourd’hui une référence au vu des nombreux enregistrements de l’œuvre.

La pièce a été écrite sous l’impulsion de Ginette Neveu (qu’on ne présente plus !), bien que l’écriture de morceaux pour le violon lui ait toujours paru ingrate. Lui-même, peu satisfait du résultat, dira  » Le monstre est au point, je vais commencer la réalisation » ; c’est seulement à la quatrième version que l’oeuvre est créée, et elle sera retravaillée par la suite cédant à la pression des critiques assassines. Un verdict très sévère pour un résultat pourtant très convaincant.

Je vous propose de découvrir le premier des trois mouvements, Allegro Con Fuoco.

L’oeuvre se veut tragique puisqu’elle célèbre la mort du poète Lorca assassiné par une balle fasciste. Elle débute par une entrée en matière dramatique au violon mais accompagné par un piano percussif, puisque Poulenc affectionne peu le son du violon nu. Celui-ci est d’ailleurs alternativement utilisé à l’archet et au pincé, ce qui illustre dès le premier mouvement la citation de Lorca reprise dans le deuxième mouvement “La Guitare fait pleurer les songes ».

Le saviez-vous ? Le père de Poulenc était un pharmacien dont l’affaire devint plus tard… Rhône-Poulenc.

Francis Poulenc – Mouvements Perpétuels – 1918

Francis Poulenc (1899-1963), est un compositeur français membre du Groupe des Six, surnommé ainsi en référence au Groupe des Cinq (compositeurs russes déjà évoqués précédemment sur notre site).

Nous aurons l’occasion de vous proposer l’écoute des compositeurs qui forment ce groupe de musiciens, et qui se positionnent en réaction contre le romantisme et le wagnérisme notamment.

En attendant, voici les Mouvements perpétuels interprétés par le compositeur lui-même. Un peu de légereté!