Frédéric Chopin – Concerto pour piano N°1 (intégral)

Kate LiuPar Olivier A. – Audituri Te Salutant!

C’est autant l’œuvre que son interprète qui sont concernées aujourd’hui. Lamusiqueclassique.com avait récemment permis de découvrir, avec une joie profonde, Katya Bunyatishvili. Plus récente, plus enthousiasmante encore fut la rencontre avec la médaille de bronze du concours Chopin 2015, autour du concerto No 1, présenté, une fois n’est pas coutume, dans son intégralité.

A la suite des grands maitres, les Zimmerman, les Lang ou les Li avaient pu, chacun à sa manière, porter l’auditeur jusqu’à ce sommet de la musique romantique, sans qu’aucun l’y laissât comblé au point de ne plus savoir redescendre.

On ne peut donc que partager les sentiments qu’éprouve le chef Kaspszyk, s’arrachant à une étreinte qu’il aimerait sans doute prolonger éternellement, pour rendre Kate à la lumière, et à l’ombre d’un Chopin encore penché sur elle.

Varsovie, éblouie, ne s’y trompe pas : c’est bien l’âme du compositeur, recueillie à ses lèvres mêmes, que ces bras, que ces mains, que ces doigts délivrent, avec une infinie grâce.

Maurice Ravel – Miroirs – Noctuelles

ravel_02Il y a bientôt 4 ans, nous vous avions proposé l’écoute du mouvement Une  barque sur l’océan, tiré de l’ensemble musical Miroirs, de Maurice Ravel. Ce morceau était dédié au peintre Paul Sordes, ami du compositeur et membre comme lui du groupe des Apaches.

Ce soir, voici le mouvement Noctuelles, dédié à l’écrivain Léon-Paul Fargue, lui aussi membre de ce groupe artistique.

Ravel est souvent cité comme une figure maîtresse de l’impressionnisme (mouvement artistique plus imposant en peinture qu’en musique). Ce morceau résolument moderne peut aider à comprendre pourquoi: il n’y a guère de mélodie précise, le but n’est pas la précision ni la perfection harmonique, mais plutôt de laisser une impression pénétrer le coeur de l’auditeur…

Frédéric Chopin – Ballade N°2

ChopinIl y a un bon moment, Henri vous avait déjà présenté la sublime Ballade N°1 en sol mineur de Chopin.

Ce soir, écoutons la deuxième, dont les thèmes sont (peut-être) un peu moins envoûtants que ceux de la première, mais les passages dramatiques sont d’une intensité à couper le souffle et certaines suites d’accords donnent des frissons.

Ce morceau a été dédié par le jeune Frédéric, 27 ans, à son collègue et ami Robert Schumann, 27 ans lui aussi.

L’interprétation du polonais Zimerman est inspirée et inspirante: on croirait voir Chopin réincarné!

Joseph Haydn – Sonate pour piano n°50 – 1er mouvement (Allegro)

Joseph HaydnPetite plongée dans le classicisme le plus pur ce soir avec un des maîtres du genre, l’autrichien Joseph Haydn. Souvent dans l’ombre de Mozart et de Beethoven (qu’il connut et soutint tous deux), il n’en fut pas moins un compositeur important de son temps, donc l’influence a été décisive sur la musique en Europe.

Le morceau du jour est un exemple de son talent. Difficile, quand on ne le sait pas déjà, de deviner si c’est de lui, de Wolfgang ou de Ludwig.

L’interprétation choisie est du néerlandais Ronald Brautigam, qui a visiblement choisi de souligner le côté entraînant et dynamique de cette sonate :)

Frédéric Chopin – Les 21 nocturnes interprétés par Claudio Arrau

NocturnePar Références Classiques – Audituri Te Salutant!
L’atmosphère profondément intériorisée des Nocturnes, leur aspect de murmure tourné vers soi, à rebours de tout effet spectaculaire, est en fait ce qu’il y a de plus difficile à rendre. L’extrême pudeur et l’extrême poésie d’Arrau qui égrène chaque note, chaque arabesque, chaque inflexion du piano avec une retenue presque douloureuse donnent à ces Nocturnes quelque chose de poignant.Se remémorant, au creux d’une nuit qui pourrait être ultime, les tendresses qui l’ont effleuré, les drames qui l’on griffé, les rêveries qui l’ont bercé, Arrau, à travers Chopin, dialogue avec lui-même et l’on est presque gêné d’être présent.
Son piano, aux sonorités chaudes ou argentées, automnales ou apaisées, est comme un carnet intime sur lequel il note des secrets en se les fredonnant, avec une poignée de souffle qui vient embuer la vitre devant laquelle il veille. Au creux de cette nuit qu’on partage avec lui, c’est toute une vie qui passe en vingt et un poèmes envoûtants qui sont vingts et un chefs d’oeuvres recréés.
Note : La liste et le minutage des Nocturnes sont accessibles dans le descriptif de la vidéo.
Source : Le guide Alain Duault

Félix Mendelssohn – Sonate écossaise (Fantaisie en fa# mineur)

MendelssohnMendelssohn fut un de ces artistes romantiques fascinés par l’Ecosse. Il fut cependant l’un des seuls (connus) à faire l’effort de s’y rendre, puisqu’il en fit le tour, à pied, à l’âge de 20 ans. Il en tira visiblement beaucoup d’inspiration. Pour ne citer que des oeuvres déjà présentées sur ce blog, voir Les Hébrides (Fingal’s Cave) et la Symphonie Ecossaise!

Le morceau du jour est très beau mais je trouve personnellement difficile d’y sentir l’Ecosse avec évidence.Peut-être que les moments violents et le final bouillonnant évoquent l’histoire guerrière des écossais. Peut-être aussi que les ralentis (avec force pédale!) sont censés rappeler les lacs brumeux… En revanche, ceux qui écoutent Beethoven n’auront guère de mal à percevoir l’héritage du maître de Bonn dans ce morceau. La Sonate Pathétique et la Sonate au Clair de Lune n’auraient pas existé, je me demande si Mendelssohn aurait pu faire la même chose… D’ailleurs cette sonate fut composée dans les années 1830, Beethoven étant en mort en 1827. Difficile de penser qu’alors, Félix n’avait pas en tête les chefs-d’oeuvre de Ludwig au moment de s’asseoir à sa table de composition.

Le morceau n’est pas court mais cela vaut le coup d’aller au bout. Certains passages sont grandioses!

Ludwig Van Beethoven – Concerto pour piano N°4 – I Allegro Moderato

Beethoven jeune hommeIl y a 3 ans, nous vous avions présenté le 3° mouvement du concerto pour piano N°4 de Beethoven, rythmé et enjoué. Ce soir, c’est la premier mouvement que nous vous proposons, interprété ici par Mitsuko Uchida, grande pianiste japonaise aux expressions faciales très prononcées! Décidément, nous sommes très « piano » en ce moment.

Ce mouvement n’est pas l’oeuvre la plus connue de Beethoven. Elle vaut pourtant la peine d’être écoutée. Plutôt paisible et réglée comme une mécanique, on la rangerait sans sourciller dans la période classique si certains passages n’étaient déjà trop audacieux pour être confondus avec du Mozart par exemple…