Béla Bartók – Six danses populaires roumaines

Danses roumainesBéla Bartók n’est pas le compositeur le plus célébré du XX° siècle. Pourtant son oeuvre a laissé une trace importante. Contemporain de Rachmaninov, il fut comme lui, un héritier de Liszt et de Brahms, dans la mesure où il s’intéressa de près aux thèmes de musique populaire telle qu’on peut les trouver dans les villages de Hongrie.

L’oeuvre du jour fait référence à la Roumanie. A l’origine, cette suite de danses au piano devait s’intituler « Danses populaires roumaines de Hongrie ». Mais il faut préciser qu’à l’époque, l’Autriche-Hongrie dominait sur une partie de la Transylvanie, territoire culturellement roumain.

Prêtez l’oreille car le travail de Bartok est vraiment remarquable. Il nous livre 6 thèmes qui nous transportent miraculeusement au coeur de la Transylvanie.

En dessous, un autre enregistrement, vieux de plus de 100 ans, et apparemment réalisé pour les besoins de Bartok lui-même! La qualité est exécrable mais cela vaut l’écoute pour imaginer comment Bartok étudiant la musique de son peuple…

Benjamin Britten – A New Year Carol

Benjamin BrittenChères amies, chers amis, à mon tour de vous souhaiter une excellente année 2015, en compagnie de Benjamin Britten. Le génial compositeur britannique nous a légué quelques Carols, comme This Little Babe que nous vous avions déjà présenté.

Aujourd’hui, je vous propose de vous mettre dans un endroit calme et de profiter des notes si douces et pleines d’espoir de ce Carol du nouvel an.

Notez l’utilisation simple à l’extrême que Britten fait de la harpe. Quelques accords répétés lentement qui créent une athmosphère méditative et aérienne…

Et en dessous, je vous mets les paroles, en version originale.Quelle poésie et, en même temps, quelle simplicité désarmante dans ces mots!

Here we bring new water from the well so clear,

For to worship God with, this happy New Year.

Sing levy-dew, sing levy-dew, the water and the wine,

The seven bright gold wires and the bugles that do shine.

Sing reign of Fair Maid, with gold upon her toe;

Open you the West Door and turn the Old Year go.

Sing levy-dew, sing levy-dew, the water and the wine,

The seven bright gold wires and the bugles that do shine.

Sing reign of Fair Maid, with gold upon her chin;

Open you the East Door and let the New Year in.

Sing levy-dew, sing levy-dew, the water and the wine,

The seven bright gold wires and the bugles that do shine.

Francis Poulenc – Novelettes

Francis PoulencPlace aujourd’hui à Francis Poulenc (1899-1963), compositeur français de la période moderne. Nous vous proposons d’écouter trois charmantes pièces pour piano, que Poulenc a gratifiées du terme de novelettes… un mot littéraire désignant une courte nouvelle, et employé pour la première fois dans le domaine musical par Schumann.

C’est Gabriel Tacchino, l’un des principaux disciples de Poulenc, qui est ici au piano.

Les trois novelettes s’enchaînent dans cette vidéo. La seconde commence à partir de 2:55, la troisième à partir de 4:55.

Richard Strauss – Der Rosenkavalier – Air final

Richard StraussDécouvrons ce soir le Chevalier à la rose, opéra de Richard Strauss  peu connu du grand public…  Il serait pourtant dommage de passer à côté, notamment à cause du morceau que nous vous présentons ce soir! Il s’agit de l’air final, dans lequel Sophie et Octavian, les deux amants que tout séparait au début de l’opéra (l’une étant promise au baron Ochs, l’autre étant l’amant de la Maréchale), se chantent enfin leur amour…

Nous vous proposons deux versions de cet air : d’abord, la version originale (le duo à proprement parler commence aux alentours de 4:30), puis une  très belle version adaptée pour le piano par le compositeur australien Percy Grainger.

Bonne (fin de) soirée…

Francis Poulenc – Les chemins de l’amour

En attendant le retour des hors-jeu à partir de la semaine prochaine, voici de quoi détendre votre vendredi soir et votre week-end : une chanson de Francis Poulenc, grand compositeur français de la période moderne, dont ce blog vous a parlé à plusieurs reprises déjà.

L’héritage chansonnier de Poulenc est considérable et touche à tous les registres : le compositeur excelle aussi bien dans les chansons religieuses que celles dans une veine plus populaire. Cette chanson, « Les chemins de l’amour », illustre quant à elle la seconde catégorie. Composée sur un texte d’Anouilh (pour la pièce Léocadia) la mélodie de ce morceau rappelle en effet l’atmosphère du cabaret, avec un art de la voix typiquement français. Le genre fit florès au début du XXe siècle à tel point qu’une telle chanson n’est associée à rien sinon à la Belle Epoque.

Poulenc dédia cette chanson à Yvonne Printemps, diva d’opérette, dont vous entendez la voix dans la vidéo ci-dessous.

Quand on voit que Poulenc s’acquitte merveilleusement bien de la tâche d’écrire de la musique sérieuse, spirituelle et solennelle (voir les Litanies à la Vierge Noire), cela crée un contraste avec ce qu’on peut entendre ci-dessous, qui se morfond bien avec l’ambiance populaire. Poulenc a décidément bien mérité son surnom, « le moine et le voyou » : vivant certes avec son éducation judéo-chrétienne mais faisant preuve d’une incroyable sensibilité !

Georges Enesco – Légende

Il serait grand temps de vous parler de Georges Enesco (dit aussi George Enescu, en roumain), un important compositeur de la période moderne.

Né en Moldavie roumaine en 1881, Enesco fut un personnage éminent du paysage musical parisien à la Belle Epoque. Elève du Conservatoire de Paris, il eut pour professeurs Jules Massenet et Gabriel Fauré, qui l’initièrent à la composition. Enesco se singularisa par ses rôles très polyvalents : violoniste virtuose (il apprit à en jouer dès ses 4 ans, avec un violoniste tzigane) il fut également chef d’orchestre, pianiste et pédagogue. Nombre sont les prodiges – Yehudi Menuhin, pour ne citer que lui – dont il a été la figure inspiratrice, voire le père spirituel.

Le style musical d’Enesco est particulièrement original et précurseur. Fort de ses origines il contribua avec sa musique à réhabiliter la musique roumaine, tout en y apportant un certain relief grâce à ses connaissances musicologiques issues des traditions françaises et germaniques. Bien que très exigeant, il considérait que sa musique devait « [faire] vibrer soi-même et faire vibrer les autres », d’où un ton sensible et très personnel dans chacune de ses compositions. Il publia 33 opus de son vivant, mais laissa un nombre conséquent de transcriptions, pièces inachevées… et légua surtout une oeuvre faisant honneur au patrimoine musical roumain.

Ci-dessous, une pièce de musique de chambre pour trompette et piano, intitulée « Légende ». Un morceau qui reflète très bien la modernité du compositeur : la réhabilitation d’un instrument peu utilisé en musique de chambre (la trompette), le style impressionniste cher à Fauré, l’extension de la tessiture (La bémol jusqu’à un Do, deux octaves plus loin)… La trompette produit un son puissant et chaleureux, qui reflète à la fois l’idée de la gloire – comme l’entend le titre du morceau – et aussi l’affection qu’Enesco portait pour son professeur Merri Franquin, trompettiste de renom.

Arthur Honegger – Pastorale d’été

Il n’est jamais aisé de revenir de vacances, de retrouver le temps pluvieux, le boulot, l’école… Mais soyez rassurés : lamusiqueclassique.com ne vous oublie pas et les rédacteurs sont heureux de pouvoir retrouver tous leurs lecteurs et ainsi entamer une nouvelle année en musique, avec de belles découvertes en perspective et de jolies surprises à la clef !

Pour inaugurer cette nouvelle rentrée et ce nouveau départ, nous avons choisi de vous offrir la transition douce, afin de ne pas rendre la fin de l’été plus difficile qu’elle ne l’est déjà ! Découvrons ensemble un compositeur dont nous n’avons pas beaucoup parlé sur ce blog, Arthur Honegger. D’origine suisse, Honegger a effectué la plus grande partie de sa carrière à Paris, où il a intégré le Conservatoire. Ami de Milhaud et Ibert, il s’attacha avec sa musique à rendre compte des progrès du début du XXe siècle – le plus célèbre exemple étant le fameux « Pacific 231″ , où un orchestre produit le son d’une locomotive à vapeur !

Bien qu’il se reconnaissait très proche de Stravinsky et de Debussy, il refusa toute sa vie d’adhérer à une classification musicale rigide; au contraire il touchait  à tous les styles – s’illustrant aussi bien dans la musique tonale qu’atonale, tout aussi bien dans l’écriture de quatuors que d’opéras… Prolifique, sa carrière est marquée du sceau de l’humanisme, en ce que sa musique se voulait universelle et intelligible, sans aucune forme de prolixité contingente.

Mais pour aujourd’hui, nous n’allons pas rentrer dans la complexité, en vous présentant un poème symphonique pour orchestre de chambre, intitulé « Pastorale d’Eté ». Ecrit en 1920, ce morceau livre les impressions du compositeur en villégiature au pied des montagnes suisses, dont les paysages ravissants inculquent en lui une sensation certaine de bien-être. Dans la même veine que le « Prélude à l’Après-Midi d’un Faune » de Debussy, Honegger s’ouvre aux données empiriques qui ont accaparé son esprit lors de l’été, afin de les retranscrire sur la portée. Peu étonnant, donc, que pour aider son entreprise, il ait inscrit en épigraphe de son morceau ce célèbre vers de Rimbaud : « J’ai embrassé l’aube d’été », issu des Illuminations.

Ce poème symphonique se caractérise tout du long par son aspect atmosphérique, évasif, irréel; mais sa structure reste assez claire. L’introduction aux cors permet d’amorcer le thème champêtre joué aux cordes, appuyées par des instruments à vent en bois qui viennent apporter leur grain de sel bien senti par moments. A partir de la 3e minute, une seconde partie se distingue, plus vive et dynamique, permettant d’isoler des développements aux cuivres fort intéressants.

Cette Pastorale reçut les faveurs du public lors de sa création, en 1921 à la salle Gaveau à Paris. Nous espérons qu’elle en sera de même pour vous, chers lecteurs et auditeurs !

Avec tout le plaisir de vous retrouver après ces deux longs mois de silence !

Alex, Geoffroy, Stan, Thib, Henri