Ludwig Van Beethoven – Concerto pour piano N°4 – I Allegro Moderato

Beethoven jeune hommeIl y a 3 ans, nous vous avions présenté le 3° mouvement du concerto pour piano N°4 de Beethoven, rythmé et enjoué. Ce soir, c’est la premier mouvement que nous vous proposons, interprété ici par Mitsuko Uchida, grande pianiste japonaise aux expressions faciales très prononcées! Décidément, nous sommes très « piano » en ce moment.

Ce mouvement n’est pas l’oeuvre la plus connue de Beethoven. Elle vaut pourtant la peine d’être écoutée. Plutôt paisible et réglée comme une mécanique, on la rangerait sans sourciller dans la période classique si certains passages n’étaient déjà trop audacieux pour être confondus avec du Mozart par exemple…

WA Mozart – Sonate pour piano N° 12

Wolfgang Amadeus MozartAprès la folie du morceau d’hier, revenons à quelque chose de beaucoup plus classique, avec cette sonate de Mozart. Le prodige de Salzbourg l’a probablement composée vers 25 ans, aux alentours du moment où il s’est installé à Vienne.

Le style du morceau est typique du classicisme. La forme de la sonate y est scrupuleusement respectée (contrairement au morceau d’hier). Les mélodies et les rythmes employés cherchent à créer une atmosphère de perfection plaisante, sans innovation particulière.

C’est calme, c’est reposant et ça s’écoute aussi bien avec attention qu’en musique d’ambiance… Mozart est l’ami de toutes les oreilles!

Ludwig Van Beethoven – Sonate n°8 « pathétique » – 3° mouvement

Beethoven jeune hommeDécidément, il est difficile de passer une semaine sans revenir au moins une fois vers Beethoven. Cette fois, c’est le final de la sonate pathétique que nous vous proposons.

Cette oeuvre correspond au début de sa maturité (Ludwig a alors 28 ans). Tout en restant dans des formes plutôt classiques (il ne serait pas incroyable que cette sonate eut été signé Mozart), Beethoven se permet quelques audaces et le style romantique pointe le bout de son nez, notamment à cause de célébrissime thème du début, repris plusieurs fois dans le morceau et qu’il est tentant de jouer très rubato

WA Mozart – Concerto pour clarinette – 1. Allegro

vieille clarinetteBientôt 3 ans après vous avoir présenté le 2° mouvement (adagio) du concerto pour clarinette de Mozart, écoutons aujourd’hui le 1er (Allegro). Dès les premières notes, toute la maîtrise de Mozart saute aux oreilles. Les cordes sautillent et s’unissent les unes aux autres dans des mélodies étrangement dansantes.
Ce n’est qu’au bout de presque 2 minutes que, le chemin ayant été préparé, la clarinette fait son entrée, telle une princesse. S’enchaînent alors des montées et des descentes délicieuses, des rondes et des pirouettes portées par le son si caractéristique de la clarinette.

Ce morceau est un bon remède contre le spleen, gratuit et sans effet secondaire, alors faites tourner :)
Bonne soirée à toutes et tous!

Ludwig Van Beethoven – Missa Solemnis (en intégralité)

BeethovenPar Références Classiques – Audituri Te Salutant!

Otto KLEMPERER interprète la Grandiose MISSA SOLEMNIS de Ludwig Van BEETHOVEN (1770-1827) La Missa Solemnis. En juin 1818, l’archiduc Rodolphe, frère de l’Empereur François II, était élevé au rang d’archevêque d’Olmütz. Ce fidèle entre les fidèles (il conserva Beethoven comme professeur de piano quinze ans durant) demanda aussitôt à son mentor une musique pour cette occasion importante. Beethoven accepta l’entreprise avec enthousiasme (« Ce sera le plus beau jour de ma vie ») et songea lui-même à une messe pour l’intronisation qui devait intervenir le 9 mars 1820.Se mettant avec ardeur au travail, Beethoven remit la messe à son illustre commanditaire…en 1823, après cinq années de dur labeur. Le maître avait-il sous-estimé l’ampleur de la tâche ou, à l’inverse, ne s’en était-il que trop rendu compte? En effet, s’il fut en partie retardé par des préoccupations domestiques, il semble que la partition ait pris une ampleur qu’il n’avait guère prévue au départ, de par la nature même du texte canonique. Car le texte était le fondement absolu de l’ouvrage.

Le « grand Moghol » qui entendait mener très tôt sa légendaire « révolution expressive », figurait parmi les censeurs estimant la musique sacrée de son temps trop influencée par l’opéra italien, proclamant qu’elle avait tout intérêt à se tourner vers les maîtres anciens et leur manière contrapuntique. Il pense en premier au plain-chant (« Pour écrire de la vraie musique d’église, parcourir tous les chorals d’église des moines »). Mais bientôt les modèles haendéliens lui paraîtront plus en accord avec ses conceptions personnelles. Il relit attentivement le Messie dont il recopie même des thèmes au milieu de ses esquisses.La messe s’érige peu à peu en un monument cyclopéen dépassant largement tout cadre liturgique, le compositeur affirmant franchement qu’elle pouvait parfaitement être donnée hors du cadre ecclésiastique.

L’impact de la Missa Solemnis repose très largement sur l’extraordinaire enchaînement de cellules rythmico-mélodiques relativement brèves et opiniâtrement transformées, ainsi qu’une palette dynamique d’une variété et d’une précision frappantes. C’est sans doute la juxtaposition entre éléments archaïques et modernité, et la tension qui en résulte qui font tout le prix de cette oeuvre. « C’est l’oeuvre la plus grande que j’ai composée jusqu’ici » s’exclama Beethoven. Il faut bien constater que, deux siècles après, aucune partition postérieure ne peut prétendre à une telle hauteur de vue.Klemperer unifie l’ouvrage vers une majesté sévère hiératique. Les tempos sont très larges; la prise de son favorise les choeurs et les détails instrumentaux apparaissent avec suffisamment d’évidence (saluons le premier violon de l’orchestre pour sa prestation durant le Sanctus). Le quatuor vocal réunit légèreté et rudesse. Les phases fuguées du Crédo, du Gloria, le scherzo instrumental de l’Agnus éclatent  triomphalement, projetant force et rigueur sur l’ensemble de la partition. Le grand Wilhelm Furtwängler n’avouait-il pas ses hésitation devant une oeuvre qu’il jugeait « trop grande pour être dirigée par un être humain » ? Otto Klemperer attendra la fin de sa vie pour relever un défi comparable à l’ascension de l’Everest inscrivant dans le marbre « La version de référence ».

Source : livret EMI rédigé par Philippe Andriot. Yutha Tep de Cadences. Dictionnaire des disques et des compacts Diapason.

WA Mozart – Les Noces de Figaro – Ah Tutti Contenti (Acte 4, finale)

Les noces de figaroAttention: chef d’oeuvre!

Cela faisait longtemps que nous n’étions pas allés voir du côté des Noces de Figaro, opéra majeur de Mozart où son génie brille de mille feux. Un petit point sur le contexte afin de nous aider à comprendre ce morceau: le livret de cet opéra est proche du vaudeville, dans la mesure où les personnages (un couple de valets et un couple de maîtres) passent leur temps à se duper les uns les autres afin de batifoler ou de vérifier l’amour des uns et des autres. Le comte Almaviva notamment, s’est pris de passion pour la promise du valet Figaro, délaissant bien sûr la comtesse.
Par une entourloupe rondement menée, le comte se trouve démasqué et son infidélité est constatée par sa femme. Un bref moment de tension naît de cette situation terriblement embarrassante. La tension est rendue par la course des violons en montée-descente, ponctuée par les murmures saccadés des personnages à l’arrivée de la comtesse.

Le comte décide alors d’implorer le pardon de sa femme, pardon qui lui est accordé dans un moment d’incroyable longanimité et de bonté magnifique. Mozart nous livre ici une de ses mélodies les plus touchantes, en rendant presque audible ce qu’est l’absolution.

Tous sauf la comtesse

Oh cielo! Che veggio! (Oh Ciel! Que vois-je!)

Delirio! Vaneggio! (Je délire! Je rêve!)

Che creder non so. (Je ne sais que croire.)


Le Comte (d’un ton suppliant)

Contessa, perdono. (Comtesse, pardon.)


La Comtesse

Più docile io sono (Je suis plus douce)

E dico di sì. (Et je te l’accorde.)


Tous

Ah! Tutti contenti saremo così. (Ah nous serons tous contents)

Ludwig Van Beethoven – 9° Symphonie (enregistrement de qualité, en intégralité)

Par Références Classiques – Audituri Te Salutant!

Retour aujourd’hui à un monument incontournable de la musique classique avec la 9° symphonie de Beethoven, présentée par un nouveau contributeur en la personne de Références Classiques qui partage ses enregistrements favoris sur le web.

> Saint-Sylvestre 1957 : fidèle à la tradition des concerts de la Saint-Sylvestre à Berlin, l’intendant de l’Orchestre Philarmonique de Berlin, a inscrit la 9E au programme du concert qui doit avoir lieu dans l’auditorium de la Hochschule für Musik, où l’orchestre de Berlin-Ouest a élu domicile depuis 3 ans.

Werner Oehlmann, critique musical au quotidien berlinois Tagesspiegel, publie le compte rendu suivant :

« Voici longtemps que l’on n’a pas entendu ici une interprétation inspirée par une vision aussi authentique et aussi immédiate de l’œuvre ; tout ce que cette partition, apparemment si familière, recèle encore d’énigmes, d’ombres ou de défis pour l’interprète, émergea d’une manière véritablement effrayante ; même l’élément barbare, qui fait également partie de l’âme titanique, ne fut pas tempéré, mais exacerbé par le brio incisif de la musique.

Dietrich Fischer-Dieskau fit sentir le caractère monstrueux de l’instant où la voix humaine pénètre dans le monde de la musique pure ; il interpréta l’appel à l’humanité avec insistance véhémente, une clarté de la déclamation presque trop tranchante. D’excellents solistes, Irmgard Seefried, Maureen Forrester, Ernst Haefliger et le chœur de la Cathédrale Sainte-Edwige, emporté par un élan prodigieux, donnèrent une interprétation qui, malgré le crescendo dramatique de l’Hymne à la Joie, préserva l’unité symphonique de l’ensemble ; prouesse d’un chef d’orchestre dont la détermination et la recherche incessante de perfection semblent prédestinées à une tragique solitude en ces temps où les talents font preuve d’autosatisfaction ; mais c’est bien ce qui en fait aujourd’hui le messager légitime de Beethoven.

Ces lignes pourraient également s’appliquer au présent enregistrement, première production stéréophonique effectuée par Deutsche Grammophon avec la Philharmonie de Berlin.

La 9ème C’est le 7 mai 1824, au Théâtre de la Cour impériale de Vienne qu’est exécutée pour la première fois la 9ème Symphonie. Beethoven, le dos au public, est censé, selon l’annonce officielle, «prendre part à la conduite de l’orchestre» aux côtés du Chef. En réalité, enfermé dans sa surdité, il n’entend même pas les ovations enthousiastes qui saluent le Finale. Une des solistes doit l’inciter à se retourner pour qu’il prenne conscience de l’ampleur du succès.

Il a encore trois ans à vivre, qui, certes, seront remplis de nouvelles compositions et de nouveaux projets. Mais cette oeuvre tient une «place exceptionnellement centrale» dans la vie et l’oeuvre de son auteur par «l’effort de création synthétique» (Massin) qu’elle manifeste.

En effet, cette symphonie est née de la convergence de plusieurs projets d’abord indépendants et parfois fort anciens : dès 1792, à 22 ans, il veut mettre en musique «l’Ode à la Joie» de Schiller ; en 1795, il se passionne pour un thème musical, qui finalement portera le texte de Schiller dans la 9ème. En 1807, il projette une oeuvre où s’uniraient orchestre et voix ; en 1812, il décide de composer une 9ème symphonie en ré mineur. Dans les années suivantes, ces quatre projets vont progressivement fusionner, pour aboutir à une œuvre d’un type radicalement nouveau : une symphonie avec chœur et solistes !

Sa tonalité dominante, ré mineur, exprime bien un sentiment tragique, tragique de la condition humaine, minée par la souffrance, la violence et la mort ; tragique aussi de la vie de Beethoven, profondément blessé par son infirmité, par la maladie et par ses échecs sentimentaux. Mais cette tonalité est progressivement supplantée par le ré majeur qui, en particulier dans le finale, manifeste le triomphe de la Joie et la victoire de la vie.

Source : 1-extrait du livret du disque écrit par Lutz von Pufendorf, 2- B. Dumoulin (la Psallette de Genève), 3-Ludwig van Beethoven de J. et B. Massin, Éd. Fayard