Giacomo Puccini – La Bohème – Che gelida manina

PucciniL’immense Luciano Pavarotti nous a quittés en 2007. Dieu merci, nous pouvons retourner, de temps à autre, aux enregistrements pour nous souvenir de celui qui fut peut-être le plus grand de tous les ténors de l’opéra.

Son association avec le compositeur Puccini donne souvent des étincelles, comme ce fut le cas dans Nessun Dorma, que nous vous avions présenté il y a 3 ans.

Aujourd’hui, voici le morceau Che gelida manina (petite main gelée). Tirée de l’opéra La Bohème, dont l’action se déroule dans le Paris des années 1830, cette scène montre un poète désargenté qui saisit le prétexte de la venue de sa pauvre voisine demandant du feu pour lui prendre la main et lui déclarer sa flamme.

Sous la vidéo, je vous ai mis les paroles afin de mieux apprécier l’audace du poète Rodolfo qui ne connaît même pas le nom de cette femme!

Quelle petite main gelée !
Laissez-moi donc la réchauffer.
À quoi bon chercher ?
Dans l’obscurité, on ne la trouvera pas.
Mais, par chance,
C’est une nuit de lune,
Et ici la lune
Nous l’avons en voisine.
Attendez, mademoiselle,
Qu’en deux mots je vous dise
Qui je suis, et ce que je fais,
Comment je vis. Voulez-vous ?
Qui je suis ? Je suis un poète.
Ce que je fais ? J’écris.
Et comment je vis ? Je vis.
Dans ma joyeuse pauvreté,
Je prodigue en grand seigneur
Rimes et hymnes d’amour.
À travers mes rêves et mes chimères,
À travers mes châteaux en Espagne,
J’ ai l’âme d’un millionnaire.
Parfois, de mon coffre-fort,
Me sont dérobés tous mes bijoux
Par deux voleurs, des jolis yeux.
Ceux-ci viennent d’entrer tout juste, avec vous,
Et mes rêves si ordinaires,
Et mes rêves si charmants,
Se sont volatilisés aussitôt.
Mais ce larcin ne me touche pas
Parce que, parce qu’à leur place
Se tient l’espérance.
Maintenant que vous me connaissez,
Parlez, vous, parlez. Qui êtes-vous ?
Dites, je vous en prie.

Giacomo Puccini – La Bohème – Che gelida manina

PucciniStupeur! Je me rends compte que nous ne vous avons jamais présenté La Bohème de Puccini!

Cet opéra raconte l’amour impossible de Rodolfo, jeune poète fauché, et de Mimi, voisine de Rodolfo, qui fait sa connaissance en venant frapper à sa porte demander du feu pour rallumer sa bougie… C’est à ce moment là que Rodolfo saisit sa main, froide (« Che gelida manina »), et tombe amoureux d’elle… Le petit malin fait ensuite exprès de cacher la clé de la demoiselle pour passer un peu plus de temps avec elle…

Suite à ce superbe air viendra la non moins superbe réponse »Si, me chiamano Mimi », puis le duo des deux nouveaux tourtereaux « O soave fanciulla »… Deux morceaux que nous ne manquerons pas de vous présenter!

Place à la musique, et à la voix de Luciano Pavarotti!

César Franck – Panis Angelicus

Retour à la musique sacrée, avec ce célèbre et sublime air de César Franck : Panis Angelicus. Au départ, il s’agissait d’un hymne liturgique écrit par Saint Thomas d’Aquin pour la fête du Corps du Christ. Franck a arrangé l’oeuvre pour le ténor (ici, vous aurez tous reconnu la voix claire de Pavarotti…), l’orgue, la harpe et le violoncelle en l’incorporant dans sa Messe à trois voix op. 12.

Latin Français
Panis angelicus
fit panis hominum;
Dat panis caelicus
figuris terminum:
O res mirabilis!
manducat Dominum
Pauper, servus, et humilis.
Te trina Deitas
unaque poscimus:
Sic nos tu visita,
sicut te colimus;
Per tuas semitas
duc nos quo tendimus,
Ad lucem quam inhabitas.
Amen.
Le pain des anges
Devient le pain des hommes.
Le pain du ciel met
Un terme aux symboles.
Ô chose admirable!
Il mange son Seigneur
Le pauvre, le serviteur, le petit.
Dieu Trinité
Et Un, nous te le demandons,
Daigne par ta visite
Répondre à nos hommages.
Par tes voies, conduis-nous
Au but où nous tendons,
À la lumière où tu demeures.
Ainsi soit-il.

Adeste Fideles

L'étoile qui a guidé les rois magesPour le jour de Noël, nous vous proposons d’écouter un grand classique, dont on ne connait pas véritablement l’auteur… Mais le morceau n’en demeure pas moins très connu!

Le voici dans une interprétation du ténor Luciano Pavarotti, et, pour, changer, dans une version plus moderne, interprétée par Céline Dion, qui fait son retour sur notre site après avoir fait une apparition dans l’article consacré au deuxième mouvement du concerto pour piano N°2 de Rachmaninov

Joyeux Noël à tous!

Giuseppe Verdi – La Traviata – Libiamo ne’ lieti calici

 Plácido Domingo, José Carreras et Luciano PavarottiL’air d’opéra que nous vous proposons aujourd’hui est extrêmement célèbre, mais connaissez-vous le fantastique trio qui l’interprète? Il se compose tout simplement de trois amis, trois titans de l’opéra, Plácido DomingoJosé Carreras et Luciano Pavarotti ! Les Trois Ténors ont chanté ensemble pour la première fois à Rome, la veille de la finale de la coupe du Monde organisée en Italie en 1990! Comme s’il n’y avait pas suffisamment de stars sur la scène, Zubin Mehta, l’illustre chef d’orchestre indien, fils du fondateur et directeur de l’opéra de Bombay, dirige l’orchestre.

Pendant que celui-ci tient la baguette  (avant de se mettre à diriger la foule derrière lui!), les Ténors font le spectacle et amusent le public! On s’aperçoit que chacun a une voix bien spécifique, une résonance propre. Lequel préférez-vous? Pour ma part, la voix et le timbre de Carreras me semblent particulièrement adaptés à l’air de Verdi. Il est d’ailleurs considéré comme le spécialiste de Verdi…

Les Ténors se montrent également comédiens : constatez vous-mêmes combien leur jeu est en accord avec les paroles chantées (inscrites en dessous de la vidéo), qui sont une invitation aux libations et une louange de l’amour?

Enjoy!

Livret original
Traduction en français
Alfredo :
Libiamo, libiamo ne’lieti calici
Che la bellezza infiora.
E la fuggevol, fuggevol ora
S’inebrii a voluttà.
Libiamo ne’dolci fremiti
Che suscita l’amore,
Poiché quell’ochio
Al core onnipotente va.
Libiamo, amore, amore fra i calici
Più caldi baci avrà.

Coro :
Ah ! Libiamo, amore, amore fra i calici
Più caldi baci avrà

Violetta :
Tra voi tra voi saprò dividere
Il tempo mio giocondo;
Tutto è follia, follia nel mondo
Ciò che non è piacer.
Godiam, fugace e rapido
E il gaudio dell’amore,
E un fior che nasce e muore,
Ne più si può goder.
Godiamo, c’invita, c’invita
Un fervido accento lusinghier.

Coro :
Godiamo, la tazza, la tazza e il cantico,
La notte abbella e il riso ;
In questo, in questo paradiso
Ne scopra il nuovo dì.

Violetta :
La vita è nel tripudio
Alfredo :
quando non s’ami ancora…
Violetta :
Nol dite a chi l’ignora ,
Alfredo :
e’ il mio destin così.

Tutti :
Godiamo, la tazza, la tazza e il cantico
La notte abbella e il riso ;
In questo, in questo paradiso
Ne scopra il nuovo dì.

Alfredo :
Buvons, buvons dans ces joyeuses coupes,
Que la beauté fleurit ;
Et que l’heure fugitive
S’enivre de volupté.
Buvons dans les doux frissons
Que suscite l’amour,
Puisque ces yeux tout-puissants
Percent le cœur.
Buvons ! l’amour, l’amour entre les coupes
Aura des baisers plus ardents.

Le chœur :
Ah ! buvons ; l’amour, l’amour entre les coupes
Aura des baisers plus ardents.

Violetta :
Parmi vous je saurai partager
Mes heures les plus joyeuses ;
Tout ce qui n’est du plaisir
Est folie dans le monde.
Amusons-nous, rapide et fugace
Est le plaisir de l’amour.
C’est une fleur qui naît et meurt,
Et l’on ne peut plus en jouir.
Réjouissons-nous !
De fervents et flatteurs accents
Nous y invitent.

Le chœur :
Ah ! Réjouissons-nous !
Les verres, les chansons
Et les rires embellissent la nuit ;
Que dans ce paradis
Nous retrouve le jour nouveau.

Violetta (à Alfredo) :
La vie est allégresse.
Alfredo (à Violetta):
Quand on ne s’aime pas encore…
Violetta :
N’en parlez pas à qui l’ignore.
Alfredo :
C’est là mon destin.

Tous :
Ah ! Réjouissons-nous !
Les verres, les chansons
Et les rires embellissent la nuit ;
Que dans ce paradis
Nous retrouve le jour nouveau

Giuseppe Verdi – La Traviata – Un di felice, eterea

VerdiLe morceau du jour est un passage de l’opéra La Traviata, dont nous avions déjà écouté le prélude; on retrouve d’ailleurs ici un des motifs qui y avaient été suggérés. Pour moi, cet air est l’une des plus belles chansons d’amour de l’opéra… Le passage que je vous propose ici est la première apparition  de celui-ci, qui devient de plus en plus poignant au fur et à mesure que l’histoire devient tragique -du long air E strano qui vient conclure l’acte 1, jusqu’à l’air final, Se una pudica vergine, où l’air joué au violon vient accompagner les dernières paroles de Violetta…

Les paroles, et un semblant de traduction:

Alfredo
Un dì, felice, eterea, (Un jour, heureuse, sublime)
Mi balenaste innante, (Tu m’es apparue)
E da quel dì tremante (Et depuis ce jour, tremblant)
Vissi d’ignoto amor. (Je vis d’un amour ignoré)
Di quell’amor ch’è palpito (D’un amour qui est le coeur battant)
Dell’universo, Dell’universo intero, (De l’univers, de l’univers entier)
Misterioso, altero, (Mystérieux, fier)
Croce e delizia al cor. (Le supplice et le délice de mon coeur)
Misterioso, Misterioso altero,
Croce e delizia al cor.

Violetta
Ah, se ciò è ver, fuggitemi, (Ah, si cela est vrai, fuyez)
Solo amistade io v’offro: (Car je n’ai que l’amitié à offrir)
Amar non so, nè soffro (Je ne sais pas aimer, et ne saurais supporter)
Un così eroico amor. (Un amour si héroïque)
Io sono franca, ingenua; (Je suis sincère et naïve)
Altra cercar dovete; (Vous devriez en chercher une autre)
Non arduo troverete (Il ne sera pas difficile)
Dimenticarmi allor. (De m’oublier, alors)

Et la vidéo, avec les grands artistes Luciano Pavarotti et Johan Sutherland…

Gaetano Donizetti – L’Elixir d’amour – Una furtiva lagrima

Una furtiva lagrima (une larme furtive) est l’air le plus célèbre de l’opéra L’elixir d’amour de Donizetti (1797-1848), compositeur très prolifique, notamment en ce qui concerne l’opéra: il en possède 71 à son actif !

L’air d’aujourd’hui, dont vous trouverez les paroles et la traduction en français ci-dessous, est interprété par le grand ténor italien Luciano Pavarotti (1935-2007), considéré par beaucoup comme le plus célèbre chanteur d’opéra du XX° siècle – il aurait vendu plus de 100 millions d’albums…

Les amateurs de Woody Allen ont sans doute déjà entendu ce morceau, notamment dans « Match Point » et « Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu »… (Merci à Thibaud L., grand amateur de Woody A., de me l’avoir fait remarquer!)

Una furtiva lagrima
negli occhi suoi spuntò:
Quelle festose giovani
invidiar sembrò.
Che più cercando io vò?
Che più cercando io vò?
M’ama! Sì, m’ama, lo vedo. Lo vedo.
Un solo istante i palpiti
del suo bel cor sentir!
I miei sospir, confondere
per poco a’ suoi sospir!
I palpiti, i palpiti sentir,
confondere i miei coi suoi sospir…
Cielo! Si può morir!
Di più non chiedo, non chiedo.
Ah, cielo! Si può, Si può morir
Di più non chiedo, non chiedo.
Si può morir, Si può morir d’amor.
Une larme furtive
A surgi dans ses yeux.
Elle semblait envier
La jeunesse en fête.
Que désirer de plus ?
Que désirer de plus ?
Elle m’aime, oui, elle m’aime : je le vois, je le vois.
Pour un instant, sentir les battements,
Les battements de son cœur.
Mêler bientôt
A ses soupirs les miens !
Sentir, sentir ses battements,
Mêler à ses soupirs
les miens !
Ciel ! après on peut mourir !
Je ne demande rien de plus, rien !
Ah, ciel ! après on peut, on peut mourir !
Je ne demande rien de plus, rien !
Après on peut mourir, après on peut mourir d’amour