WA Mozart – Les Noces de Figaro – Non Più Andrai

Les noces de figaroEncore du Mozart aujourd’hui, avec l’air de Figaro « Non Più Andrai ». Cet air intervient dans l’acte 1 des Noces de Figaro, alors que le jeune page Cherubino, amoureux de la comtesse Almaviva, vient de se faire envoyer à l’armée par le comte. Figaro, le valet du comte, se moque alors de Cherubino en lui chantant son avenir militaire avec une savoureuse ironie.

J’adore la façon dont Mozart adapte sa musique aux paroles. Quand Figaro vante les charmes de Cherubino, la musique est légère et virevoltante. Quand il évoque l’armée, le rythme se fait plus militaire et les cuivres entrent en scène… Pour vous aider à l’apprécier, les paroles et leur traduction suivent la vidéo!

Cette pièce est un sommet de culture classique européenne: il s’agit d’un opéra en italien écrit par un autrichien parlant allemand, inspiré d’une pièce française mettant en scène des Espagnols…

Non più andrai, farfallone amoroso,(tu n’iras plus, papillon amoureux)
Notte e giorno d’intorno girando, (jour et nuit, tourner aux alentours)
Delle belle turbando il riposo, (des belles déranger le repos)
Narcisetto, Adoncino d’amor. (petit Narcisse, petit Adon d’amour)

Delle belle turbando il riposo, (des belles déranger le repos)
Narcisetto, Adoncino d’amor. (petit Narcisse, petit Adon d’amour)

Non piu avrai questi bei penacchini, (tu n’auras plus ces belles plumes)
Quel cappello leggiero e galante, (ce chapeau léger et galant)
Quella chioma, quell’aria brillante, (cette chevelure, cet air brillant)
Quel vermiglio donnesco color! (cette couleur vermeil féminine)
Quel vermiglio donnes color! (cette couleur vermeil féminine)

Non piu avrai quei penacchini, (tu n’auras plus ces belles plumes)
Quel cappello (ce chapeau)
Quella chioma, quell’aria brillante (cette chevelure, cet air brillant ou séduisant)

Non più andrai, farfallone amoroso, (tu n’iras plus, papillon amoureux)
Notte e giorno d’intorno girando, (jour et nuit, tourner aux alentours)
Delle belle turbando il riposo, (des belles déranger le repos)
Narcisetto, Adoncino d’amor.(petit Narcisse, petit Adon d’amour)

Delle belle turbando il riposo, (des belles déranger le repos)
Narcisetto, Adoncino d’amor. (petit Narcisse, petit Adon d’amour)

Fra guerrieri, poffar Bacco! (au milieu des guerriers, parbleu !)
Gran mustacchi, stretto sacco,(grandes moustaches, sac étroit)
Schioppo in spalla, sciabla al fianco,(fusil à l’épaule, sabre au flanc)
Collo dritto, muso franco, (le cou droit, l’expression fière)
Un gran casco, o un gran turbante, (un grand casque ou un grand turban)
Molto onor, poco contante. (plein d’honneur, peu d’argent)
Poco contante (peu d’argent)
Poco contante (peu d’argent)

Ed in vece del fandango (et au lieu du fandango)
Una marcia per il fango. ( une marche pour la boue)

Per montagne, per valloni, (par montagnes, par vallons)
Con le nevi, e i solioni, (avec la neige et la canicule)
Al concerto di tromboni, (au concert des trombones)
Di bombarde, di cannoni, (de bombardes, de cannons)
Che le palle in tutti i tuoni, (qui, les boules dans tous les tonnerres)
All’orecchio fan fischiar. (à l’oreille font siffler)

Non piu avrai quei penacchini, (tu n’auras plus ces plumes)
Non piu avrai quel cappello (tu n’auras plus ce chapeau)
Non piu avrai quella chioma (tu n’auras plus cette chevelure)
Non piu avrai quell’aria brillante. (tu n’auras plus cet air brillant)

Non più andrai, farfallone amoroso, (tu n’iras plus, papillon amoureux)
Notte e giorno d’intorno girando, (jour et nuit, tourner aux alentours)
Delle belle turbando il riposo, (des belles, déranger le repos)
Narcisetto, Adoncino d’amor. (petit Narcisse, petit Adon d’amour)

Delle belle turbando il riposo, (des belles déranger le repos)
Narcisetto, Adoncino d’amor. (petit Narcisse, petit Adon d’amour)

Cherubino, alla vittoria! (chérubin, à la victoire !)
Alla gloria militar! (à la gloire militaire !)
Cherubino, alla vittoria! (chérubin, à la victoire !)
Alla gloria militar! (à la gloire militaire !)

Giuseppe Verdi – Nabucco – Va pensiero

Par Havelock Weatherwax – Audituri Te Salutant!

Après la courte allocution de Ricardo Mutti, probablement le meilleur chef d’orchestre pour la musique italienne, vous entendrez le célébrissime chœur des esclaves, issu de l’Opéra en quatre actes de Verdi « Nabuchodonosor » que tout le monde appelle désormais Nabucco.

On passera assez rapidement sur la trame de l’œuvre, assez improbable : Nabuchodonosor détrôné se converti au Dieu des Juifs pour sauver sa fille. Le livret en revanche, rédigé par le principal librettiste de Verdi, Temistocle Solera fait partie des livrets les moins bêtes de l’Opéra mondial… Ce qui, avouons-le, n’est pas fort compliqué.

Nabucco est l’œuvre qui fait passer Verdi à la postérité. Donné pour la première fois à Milan en 1842, l’opéra rompt avec à peu près toutes les règles de l’époque, à tel point que la réception critique en Europe est extrêmement mauvaise (voire violente, les critiques parisiens disant que l’opéra est « barbare »). De fait, on trouve dans Nabucco ce qui rend l’opéra verdien tout à fait particulier : un usage des chœurs renouvelé, plus puissants, plus directs, plus utilisés. Le chœur chez Verdi acquiert le statut d’un personnage à part entière. Une musique directe, forte, parfois brutale, qui va avec des trames reposant le plus souvent sur une articulation société / individu.

Loin des conventions du bel canto, aussi bien narratives que musicales, Verdi offre une musique qui est en partie le résultat d’une jeunesse humble, passée dans l’auberge familiale. Il y a presque toujours, dans le chœur verdien, les échos des beuveries romagnoles…

Revenons à la vidéo : en mars dernier se tenaient les festivités compliquées, complexes, douloureuses de l’unité italienne. L’occasion peut être de constater que la culture, la musique, et, entre tous les genres, l’Opéra, sont/étaient indissociables de la vie de la cité, i.e. de la politique.

Verdi est, de ce point de vue, un paroxysme : Il est, le compositeur du Risorgimento, de l’unité Italienne. Quand, en 1859, on crie « Viva VERDI ! » Tous les soirs à Rome, après « Un ballo di Maschera » c’est à la fois pour acclamer le maître, mais aussi pour crier son patriotisme : Vittorio Emmanuelle Re D’Italia ». A la fin de sa vie (1901), Verdi est tellement adulé de tous en Italie, que sa rue est recouverte de paille, de façon à ce que les carrosses fassent autant de bruit que possible. A partir de Rigoletto – considéré aujourd’hui comme le premier de ses chefs-d’œuvres et dont le « Times » disait à l’époque que l’Opéra était la pièce la plus faible du maître – il ne répète plus qu’a huis clos. En effet, « la Donna é Mobile » est fredonnée dans Rome avant même la première, preuve que l’opéra est bien, au XIXème, l’art populaire par excellence. Nabucco, entre tous ses opéras, est le plus politique : il parle d’une Italie sous domination étrangère, qui n’aspire qu’à la liberté. D’où son succès, d’où le fait que le chœur des esclaves soit toujours bissé, partout en Italie, qu’il n’a manqué d’être choisi comme hymne national que parce qu’il parlait d’un peuple en esclavage.

Petite conclusion toute personnelle : Verdi, Shakespeare, Molière, Haendel, Sophocle nous ont montré ce qu’est l’art, le vrai. Ils ont fait naître la beauté à la Cour comme à la ville. Ils ont été aimés et ont écrit sans distinction de rang ou de richesse. Ils ont eu, en leur temps, une œuvre politique, qui cependant reste éternelle parce qu’elle parle de ce qui est universel, intemporel en nous : l’art n’est pas affaire de distinction ou de critique, de technique ou de position sociale, il est affaire de trippes, de beauté, de laideur, d’intensité, bref, d’humanité. C’est ce qui fait que 170 ans plus tard, le chœur des esclaves est toujours le morceau qu’il faut choisir en Italie pour dénoncer la médiocrité au pouvoir.

Elisabeth Claude Jacquet de la Guerre – Céphale et Procris – Ouverture

La compositrice Elisabeth Jacquet (1665-1729) est avant tout une enfant prodige qui joue du clavecin devant Louis XIV à l’âge de cinq ans…

Elle est également l’une des rares femmes compositeurs de son époque, dont l’œuvre comprend notamment la tragédie lyrique « Céphale et Procris » représentée en 1694, dont nous vous proposons aujourd’hui l’écoute de l’Ouverture.

On notera bien entendu l’influence du compositeur Jean-Baptiste Lully, décédé moins d’une décennie avant, et dont nous aurons également l’occasion d’entendre l’œuvre sur ce site!

Gioachino Rossini – Le Barbier de Séville – Ouverture

Le nom de Rossini (1792-1868) se rattache surtout à l’Opéra, dont l’un des plus populaires reste encore aujourd’hui Le Barbier de Séville.

Nous vous proposons aujourd’hui l’écoute de l’Ouverture de cet Opéra, qui n’a pas été bien accueilli lors de sa création à Rome en 1815.
J’imagine qu’à la deuxième écoute, tout comme les Romains de l’époque, vous apprécierez peinement le génie de Rossini!