Sergueï Rachmaninov – Bénis le Seigneur, Ô mon âme

Eglise RusseFaisons ce soir une petite plongée dans l’univers métaphysique de Rachmaninov, le romantique russe, à qui nous devons notamment des concertos pour piano fabuleux. Mais aujourd’hui, écoutons ce mouvement des Vigiles nocturnes, tradition de l’Eglise Orthodoxe. Rachmaninov a été, comme bien des Russes, élevé dans la foi chrétienne orthodoxe et il renvoie ici l’ascenseur avec ce chant méditatif, qui porte le Psaume 103 (102). Vous allez voir, Rachmaninov atteint ici une profondeur inouïe.

Composé en 2 semaines (ce qui laisse songeur quant à sa puissance d’inspiration), l’ensemble de l’oeuvre a été interdit de représentation deux ans après sa création par les nouvelles autorités soviétiques, à cause de son caractère religieux.

Désolé, la fin de la vidéo est un silence inutile, mais cette version était trop belle, alors j’ai craqué!

César Franck – Panis Angelicus

Retour à la musique sacrée, avec ce célèbre et sublime air de César Franck : Panis Angelicus. Au départ, il s’agissait d’un hymne liturgique écrit par Saint Thomas d’Aquin pour la fête du Corps du Christ. Franck a arrangé l’oeuvre pour le ténor (ici, vous aurez tous reconnu la voix claire de Pavarotti…), l’orgue, la harpe et le violoncelle en l’incorporant dans sa Messe à trois voix op. 12.

Latin Français
Panis angelicus
fit panis hominum;
Dat panis caelicus
figuris terminum:
O res mirabilis!
manducat Dominum
Pauper, servus, et humilis.
Te trina Deitas
unaque poscimus:
Sic nos tu visita,
sicut te colimus;
Per tuas semitas
duc nos quo tendimus,
Ad lucem quam inhabitas.
Amen.
Le pain des anges
Devient le pain des hommes.
Le pain du ciel met
Un terme aux symboles.
Ô chose admirable!
Il mange son Seigneur
Le pauvre, le serviteur, le petit.
Dieu Trinité
Et Un, nous te le demandons,
Daigne par ta visite
Répondre à nos hommages.
Par tes voies, conduis-nous
Au but où nous tendons,
À la lumière où tu demeures.
Ainsi soit-il.

Wolfgang Amadeus Mozart – Messe en Ut mineur – Qui tollis

Retour à la musique sacrée aujourd’hui, et à Mozart avec le Qui Tollis de sa messe en Ut mineur. Mozart considérait sa messe écrite en 1783 comme la réalisation d’une promesse, celle d’écrire une grande oeuvre sacrée pour remercier Dieu de lui avoir permis d’épouser Constance après sa maladie.

Dans le Qui tollis qu’on vous propose aujourd’hui, on ressent tantôt l’angoisse de Mozart, la confusion dans laquelle il est plongé, sa peur de la mort, et tantôt le bonheur que l’hymen avec Constance semble représenter pour le génie ( d’où l’alternance mineur/majeur au sein d’une même phrase…). Nous vous avons déjà proposé l’écoute du Kyrie, partie la plus célèbre de la messe.

Je trouve particulièrement réussie la performance du duo formé par le chef d’orchestre John Eliot Gardiner et la mezzo-soprano Anne Sofie von Otter. Nous ne manquerons pas de vous faire découvrir d’autres mouvements de cette messe moins connus, mais non moins émouvants…

Wolfgang Amadeus Mozart – Exsultate Jubilate – Allegro I

Nous vous avions déjà proposé l’écoute du troisième mouvement de cette oeuvre, composée en 1773, le jour de Pâques avec le célèbre Alleluia. Il est amusant de noter que la partition avait été écrite à l’origine pour le Castrat Venanzio Rauzzini, l’un des chanteurs préférés de Mozart.

Vous écoutez une interprétation de l’artiste suisse Edith Mathis, connue dans le milieu notamment pour avoir exploré l’oeuvre de Mozart et de Bach, et accompagnée ici par le Staatskapelle de Dresde. A partir de 4’08 dans cet enregistrement, la partition donne libre cours à l’interprétation de la soprane, qui s’en donne ici à coeur joie!

Si cela ne vous donne pas la pêche, on ne peut plus rien pour vous ;-)

Gregorio Allegri – Miserere

DavidAttention, bien que relativement peu connue, l’oeuvre que nous vous présentons aujourd’hui est mythique dans l’histoire de la musique.  Composé par l’artiste et religieux italien Allegri (1582-1652) sur les paroles du Psaume 51 (dans lequel le roi d’Israël et prophète David demande pardon à Dieu) vers 1630, ce chant a cappella était donné seulement lors des matines (office très tôt le matin) des mercredi et vendredi de la semaine sainte, uniquement dans la chapelle Sixtine, en présence du Pape et de quelques cardinaux agenouillés, alors qu’on éteignait progressivement les chandelles une à une.

La partition originale, exemplaire supposément unique, était gardée secrète sous scellé. A l’origine, les artistes de la chapelle Sixtine étaient sensés improviser un petit peu, selon les règles en vigueur dans la musique liturgique.

Le secret qui entourait cette oeuvre ainsi que sa beauté eurent bientôt fait de la rendre légendaire dans toute l’Europe.  Personne ne pouvait la jouer ailleurs qu’au Vatican, car la partition n’était pas accessible. C’était sans compter sur le jeune Mozart (1756-1791) qui, à 14 ans, se rendit à la bonne période avec son père au Vatican et fut en mesure de retranscrire l’œuvre le soir même, après une seule écoute! Bien entendu, on l’accusa d’avoir volé la partition, car il semblait irrationnel qu’un enfant puisse réaliser une telle prouesse.

L’original a malheureusement été perdu, mais à l’aide d’autres transcriptions, comme celle de Félix Mendelssohn (qui a lui aussi témoigné de l’effet extraordinaire que lui avait fait cette musique), on a pu heureusement reconstituer l’oeuvre dans sa quasi-totalité.

Vous avez besoin de vous reposer, de vous recueillir, de trouver l’inspiration? Alors abandonnez-vous à la magie du Miserere d’Allegri…

Série Dies Irae 1/3 – WA Mozart – Requiem – Dies Irae

Manuscrit du Requiem de MozartPour ce premier épisode de la série Dies Irae, nous vous proposons probablement le plus célèbre, celui de Mozart (1756-1791).

Un requiem est une messe de prière pour les défunts, traditionnellement donnée à un enterrement ou en l’honneur de morts plus anciens. Le texte, issu de la liturgie catholique, est en latin. La séquence du Dies Irae évoque le jour du jugement dernier, ce qui explique qu’elle suscite chez l’auditeur des sentiments de colère et de crainte, mais aussi de gloire.

Les circonstances particulières dans lesquelles Mozart a écrit ce Requiem ont donné lieu à certaines légendes. En effet, la commande d’un Requiem a été passée par des intermédiaires anonymes, agissant sans doute pour le compte d’un noble allemand, le comte Franz von Walsegg. Mozart est mort alors qu’il n’avais pas encore fini ce requiem, ce qui fit dire à certains qu’il avait composé sa propre messe des morts… L’oeuvre fut terminée par deux de ses élèves, grâce aux annotations et idées qu’il avait laissées.

Passons tout de suite à l’écoute du morceau. Voici les paroles pour en faciliter le suivi:

Dies irae
Dies illa
Solvet saeclum in favilla
Teste David cum Sybilla
Quantus tremor est futurus
Quando judex est venturus
Cuncta stricte discussurus!

Et la traduction:

Jour de colère
Que ce jour-ci
Où le monde sera réduit en poussière
David l’atteste ainsi que la Sybille
Quelle terreur nous envahira,
Lorsque le juge reviendra
Pour délivrer son impitoyable sentence !

Le morceau commence brutalement, sans nous préparer à sa violence. Percussions, trompettes, violons, et voix nous plongent dans des tourments qui ont quelque chose de métaphysique.

Je trouve que les voix de femmes et les violons participent particulièrement à donner l’angoisse au morceau alors que les voix d’hommes et les percussions lui donne davantage de solennité.

Pour l’anecdote, on retrouve ce morceau dans la scène de l’attaque de la maison blanche de X-Men 2!

Anecdote toujours, pour les fans du Seigneur des Anneaux, vous remarquerez que le premier accord du morceau The End of All Things (The Return of the King) est exactement le même que le premier du Dies Irae de Mozart! Coïncidence?

Georg Friedrich Haendel – Dixit Dominus – Ouverture

Aujourd’hui, jour de Noël! Nous vous proposons donc l’écoute d’une musique sacrée, l’ouverture du Dixit Dominus de Georg Friedrich Haendel (1685-1759). Cette oeuvre célèbre du répertoire sacré a été composée à 22 ans seulement! Il semble que le compositeur avait notamment pour objectif secret d’impressionner les notables romains lors d’un voyage en Italie.

La version que nous vous suggérons ici est dirigée par Sir John Eliot Gardiner, considéré comme un des plus grands chefs d’orchestre de musique baroque.

Joyeux Noël à toutes et à tous!