Joyeux anniversaire – Misha Rachlevsky – Orchestre de Chambre du Kremlin

Vendredi, c’est hors-jeu ! Et en ce 27 février nous vous proposons l’écoute de variations de l’un des airs les plus connus au monde, chanté des millions de fois par jour à travers la planète.

A la baguette et à la direction de l’Orchestre de chambre du Kremlin: le chef d’orchestre russe Misha Rachelvsky. Cette vidéo a été enregistrée en 2001 dans la Grande Salle du Conservatoire de Moscou. Les oreilles averties reconnaîtront les styles propres de certains grands compositeurs, notamment de la période romantique !

Alexandre Borodine – Petite Suite – Nocturne

Vous vous souvenez sûrement de Borodine, cet éminent membre du Groupe des Cinq qui, non content d’être un compositeur brillant, cumulait aussi les charges de médecin et de chimiste (il a même été l’auteur de plusieurs traités de chimie)… Qui sait, c’est peut être la science de l’ordre de la nature qui a conditionné son intuition d’habile musicien, capable de faire jaillir d’un agencement nécessaire et suffisant de notes une admirable alchimie…

Si Borodine est surtout connu pour son opéra Prince Igor et ses oeuvres orchestrales, ses écrits pour piano sont également très appréciés. Sa « Petite Suite » se compose de sept morceaux que Borodine a annotés comme étant des épisodes de la vie amoureuse d’une jeune fille. Dans ce « Nocturne » – la dernière pièce – il dépeint musicalement le sentiment de plénitude que la jeune fille éprouve après avoir découvert le bonheur de l’amour.

Cette pièce fut dédiée à la comtesse Louise de Mercy-Argenteau, qui fut une grande amie de Borodine et une grande mécène qui a contribué à faire connaître la musique russe en Europe Occidentale.

Alfred Schnittke – Musica Nostalgica

Nous avons rencontré Alfred Schnittke le mois dernier, lors d’une belle soirée enneigée… et avons ainsi fait la connaissance d’un compositeur très émouvant, qui savait captiver l’imagination de son auditoire grâce à son art très fin de la mélodie. La jolie valse de ce film inconnu vous a laissé rêveurs, songeurs, perplexes? Alors voilà de quoi creuser plus loin : « Musica Nostalgica » fait partie des incontournables du compositeur en termes de musique de chambre. Le morceau instaure un dialogue très attendrissant entre deux des instruments les plus sensuels qui existent au monde : le piano et le violoncelle. A l’écouter attentivement, le style du morceau se rapproche de celui des baroques, du fait d’une grande régularité rythmique et tonale, et du dialogue balisé et polyphonique entre les deux instruments. Au gré de cet intime murmure, laissez-vous donc emporter par ce doux mais douloureux sentiment qu’est la nostalgie des jours anciens…

Modeste Moussorgski – Tableaux d’une Exposition – Ballet des poussins dans leur coque / Promenade

Tableaux d’une Exposition (1874) est un grand classique de Moussorgski, compositeur russe du XIXe siècle, membre du Groupe des Cinq que nous avons délaissé pendant un bout de temps maintenant. Composés initialement pour piano, les Tableaux sont aujourd’hui plus connus grâce à la version orchestrée de Maurice Ravel (1922).

Ceux qui aiment ressentir des palpitations synesthésiques pendant leurs expériences musicales vont être servis : comme leur nom l’indique, les Tableaux retranscrivent des impressions nées de la contemplation de tableaux lors d’une exposition. C’est aux peintures de son ami Victor Hartmann, décédé en 1873, que Moussorgski fait allusion : ainsi, chaque pièce porte le nom d’une oeuvre de Hartmann (dont il ne nous reste plus grand chose aujourd’hui) et est précédée d’une « promenade » qui symbolise le mouvement du visiteur entre les différents tableaux.

On ne vous cachera pas que les pièces les plus jolies (et les plus connues) des Tableaux ne durent pas plus de quelques poignées de minutes. Ainsi ( en partie pour ne pas être taxé de fainéantise :P ) je vous propose d’écouter la « Promenade » (qui a été reprise pour un publicité il y a quelques années de cela) en plus du fameux « Ballet des Poussins dans leur coque », où fusera le son du piccolo qui mime les poussins de la basse-cour qui picorent joyeusement, à peine leur matrice ovale éclose… En image, le tableau de Hartmann en question est une esquisse pour des costumes de ballet. La « Promenade » est dirigée par Valery Gergiev, chef principal du London Symphony Orchestra (LSO).

Piotr Illitch Tchaikovski – Lac des Cygnes – Danse des Coupes : Tempo di polacca

C’est le dernier jour de l’année ! Ce soir, nous déchirerons la dernière page de notre almanach 2012 et en profiterons pour déboucher une petite bouteille de champagne pour fêter ça entre amis, jusqu’au compte à rebours final… Nous avons bien sûr pensé à vous, en vous proposant une musique qui vous mettra à coup sûr dans l’ambiance !

Cette « Danse des Coupes » est issue du fameux Lac des Cygnes dont nous vous avons pas mal parlé depuis les débuts de ce site et vous avez dû vous rendre compte que ce célèbre ballet regorge de nombreuses pépites. Un peu comme ce morceau, joué à l’Acte I, à l’occasion de la fête où Siegfried est censé choisir une épouse – qu’il ne trouvera pas, il tombera comme vous le savez sous le charme de la douce Odette… Lorsque le morceau est joué en représentation, les danseurs se munissent de coupes à vin et se mettent par deux pour trinquer, comme ce que vous ferez plus tard dans la soirée :D ! Le « Tempo di polacca », c’est-à-dire le tempo à la polonaise, aide beaucoup à vivifier l’ensemble et les auditeurs ont la mine réjouie après cela (en tout cas c’est la première impression que j’ai eue la première fois que j’ai écouté ce morceau !). Les amateurs de Tchaikovski noteront une ressemblance avec le final de sa 4e Symphonie dont nous vous piperons un mot bientôt.

Comme c’est le 31, deux vidéos à la clef : la première, une version orchestrale, et la seconde une représentation de l’Acte I (mis en scène par Noureev à l’Opéra national de Vienne en 1966) , où cette danse peut être vue à partir de 23:15 environ.

La Rédaction vous souhaite à toutes et à tous un agréable Réveillon et vous dit – running joke :P – à l’année prochaine !


Alexandre Aliabiev – Le Rossignol

La musique russe possède une marque de fabrique qui fait qu’en général, vous la reconnaissez tout de suite lorsqu’il vous est donné l’occasion de l’entendre. Cela passe par des mélodies belles et langoureuses, souvent en mode mineur, censées vous faire imaginer l’aridité des vastes plaines sibériennes et vous faire planer jusqu’aux confins de l’Oural. C’est un peu ce qu’on retrouve dans ce morceau, dont le compositeur, Aliabiev, s’avère être l’un des pères de la mélodie russe. En effet, à travers son oeuvre vocale impressionnante (7 opéras, une vingtaine de comédies musicales, 200 chansons), il a forgé une singularité mélodique qui a permis à ses successeurs compatriotes de suivre la tendance et de graver la signature russe dans l’histoire. Ci-dessous, l’air le plus connu d’Aliabiev, intitulé « Le Rossignol », est chanté par Natalie Dessay. Ecoutez bien et vous vous rendrez compte qu’à côté, « l’Aria de la Reine de la Nuit » passe pour un chant facile !

Anton Rubinstein – Mélodie en Fa

Un air très célèbre que nous vous livrons ce soir, celle de la Mélodie en Fa d’Anton Rubinstein, qui doit rappeler de bons souvenirs à tous les apprentis pianistes pour qui ce morceau est généralement l’un des tout premiers faits d’armes ! Compositeur russe prolifique de la période romantique, Rubinstein se positionne cependant à contre-courant de la tendance musicale en Russie de son époque. A cet égard, sa musique se distingue de l’influent Groupe des Cinq, en ce qu’elle s’inspire beaucoup des intonations européennes et néglige les accents typiquement russes. Si sa musique n’est plus beaucoup programmée aujourd’hui dans les salles de concert, Rubinstein reste tout le même le vénérable professeur de Tchaikovski – comme quoi tout le monde est « interconnecté » dans le milieu de la musique classique !