Antonin Dvorak – Pièces Romantiques – Miniatures

Dvorak

Voilà une jolie pièce que les élèves de conservatoire ont sûrement déjà rencontrée : les « Miniatures » de Dvorak, composées pour trio de 2 violons et alto. On connaît le talent du compositeur tchèque qui, même s’il a vécu dans un courant romantique tardif, parvient tout de même à faire vivre l’esprit de la musique romantique du début XIXe siècle.

Alors qu’il séjournait chez sa belle-mère à Prague, Dvorak rencontra un jeune violoniste amateur, Josef Kruis, et lui proposa de jouer un trio pour cordes (Dvorak lui-même était altiste). Ce projet se conclut avec Terzetto en Do Majeur (Op. 74) mais le morceau s’avéra trop difficile pour Kruis, si bien que Dvorak composa les « Miniatures », beaucoup plus simples, mais non moins belles.

Ci-dessous, le premier mouvement (Cavatina), sûrement le plus célèbre; mais n’attendez donc plus pour découvrir les trois autres mouvements (Capriccio, Romance, Elégie) !

Arthur Honegger – Pastorale d’été

Il n’est jamais aisé de revenir de vacances, de retrouver le temps pluvieux, le boulot, l’école… Mais soyez rassurés : lamusiqueclassique.com ne vous oublie pas et les rédacteurs sont heureux de pouvoir retrouver tous leurs lecteurs et ainsi entamer une nouvelle année en musique, avec de belles découvertes en perspective et de jolies surprises à la clef !

Pour inaugurer cette nouvelle rentrée et ce nouveau départ, nous avons choisi de vous offrir la transition douce, afin de ne pas rendre la fin de l’été plus difficile qu’elle ne l’est déjà ! Découvrons ensemble un compositeur dont nous n’avons pas beaucoup parlé sur ce blog, Arthur Honegger. D’origine suisse, Honegger a effectué la plus grande partie de sa carrière à Paris, où il a intégré le Conservatoire. Ami de Milhaud et Ibert, il s’attacha avec sa musique à rendre compte des progrès du début du XXe siècle – le plus célèbre exemple étant le fameux « Pacific 231″ , où un orchestre produit le son d’une locomotive à vapeur !

Bien qu’il se reconnaissait très proche de Stravinsky et de Debussy, il refusa toute sa vie d’adhérer à une classification musicale rigide; au contraire il touchait  à tous les styles – s’illustrant aussi bien dans la musique tonale qu’atonale, tout aussi bien dans l’écriture de quatuors que d’opéras… Prolifique, sa carrière est marquée du sceau de l’humanisme, en ce que sa musique se voulait universelle et intelligible, sans aucune forme de prolixité contingente.

Mais pour aujourd’hui, nous n’allons pas rentrer dans la complexité, en vous présentant un poème symphonique pour orchestre de chambre, intitulé « Pastorale d’Eté ». Ecrit en 1920, ce morceau livre les impressions du compositeur en villégiature au pied des montagnes suisses, dont les paysages ravissants inculquent en lui une sensation certaine de bien-être. Dans la même veine que le « Prélude à l’Après-Midi d’un Faune » de Debussy, Honegger s’ouvre aux données empiriques qui ont accaparé son esprit lors de l’été, afin de les retranscrire sur la portée. Peu étonnant, donc, que pour aider son entreprise, il ait inscrit en épigraphe de son morceau ce célèbre vers de Rimbaud : « J’ai embrassé l’aube d’été », issu des Illuminations.

Ce poème symphonique se caractérise tout du long par son aspect atmosphérique, évasif, irréel; mais sa structure reste assez claire. L’introduction aux cors permet d’amorcer le thème champêtre joué aux cordes, appuyées par des instruments à vent en bois qui viennent apporter leur grain de sel bien senti par moments. A partir de la 3e minute, une seconde partie se distingue, plus vive et dynamique, permettant d’isoler des développements aux cuivres fort intéressants.

Cette Pastorale reçut les faveurs du public lors de sa création, en 1921 à la salle Gaveau à Paris. Nous espérons qu’elle en sera de même pour vous, chers lecteurs et auditeurs !

Avec tout le plaisir de vous retrouver après ces deux longs mois de silence !

Alex, Geoffroy, Stan, Thib, Henri

Alfred Schnittke – Suite dans l’Ancien Style – Menuet

On termine la journée avec un joli de morceau de Schnittke, qui nous avait déjà habitué à pas mal de belles choses… Ici, le grand compositeur de musiques de film qu’il est nous montre à nouveau sa grande habileté musicologique : écrire des morceaux qui auraient pu être composés par les plus grands noms du baroque. Force est de constater qu’il y arrive bien, et on se ferait limite avoir… si un piano, instrument qui n’existait pas à l’époque baroque, ne jouait pas derrière !

Bonne nuit à tous !

Ludwig van Beethoven – Romance cantabile pour piano, flûte et basson

Après vous avoir convaincu que Beethoven pouvait être transformé sans peine en rockeur heavy metal, voilà quelque chose qui remettra en cause vos certitudes ! En effet on associe trop souvent, à tort, la musique de Beethoven à une musique brutale, cognant à grands coups dans les tympans de l’auditeur. C’est pourquoi quand on entend un morceau si calme, si doux, avec une pointe de mélancolie passionnée comme ci-dessous, on ne pense pas qu’il puisse s’agir d’une oeuvre du maestro natif de Bonn. Et pourtant ! Si cette « Romance cantabile » est moins célèbre que la 5e Symphonie – qui a sans doute pérennisé l’association clichée Beethoven = musique de brutes – elle n’en demeure pas moins intéressante à découvrir. L’association piano-flûte-basson, peu commune en musique de chambre, révèle une heureuse connivence : ainsi, le timbre grave du basson répond habilement au ton aigu et brillant de la flûte, tandis que le piano fait entendre sa voix lors des enchaînements. Avec, en fond, un orchestre de cordes qui harmonise le tout. L’art et la manière de faire chanter cette musique d’amour par tout un petit monde !

Cette pièce ne fut pas publiée du vivant de Beethoven, d’où l’absence de numéro d’opus. Néanmoins elle figure dans le catalogue de Willy Hess, où sont consignés oeuvres et fragments oubliés du maestro, et porte le n°13. Les interprètes sont Patrick Gallois à la flûte, Pascal Gallois au basson et Myung-Whun Chung (actuel chef de l’Orchestre Philarmonique de Radio France) au piano.