Erik Satie – Gnossienne n°3

Allez, comme nous sommes des gens honnêtes, doués d’une rigueur comptable minimale, nous ne vous arnaquerons pas d’un morceau suite au manquement d’hier soir ! Après avoir écouté Brahms et ses paroles musicales érudites incessantes, reposez-vous donc un peu l’esprit avec Satie, qui vous a surtout habitués à de la musique calme, à la limite du minimalisme, sans pour autant que cela n’affecte la richesse et la profondeur du morceau. La Gnossienne n°3 s’inscrit ainsi dans la droite lignée de oeuvres de Satie, on remarquera même une grande similitude avec la 1ère Gnossienne (qui a été composée quelques mois avant la 3e, la 2e ne sera écrite que 3 ans plus tard) : il faut que croire que, dans la vie d’un compositeur, certaines tonalités peuvent souvent revenir, de manière périodique, saisonnière…

Peut être ce morceau vous rappellera Mr. Nobody, film de 2010, mettant en scène Jared Leto et ses vies multiples … le morceau collait particulièrement bien à l’ambiance de l’histoire !

Michael Nyman – The Heart Asks Pleasure First

Voilà un morceau que j’ai hésité à poster comme hors-jeu. Si d’un côté il s’agit là d’une musique de film, il n’en demeure pas moins que son compositeur est le renommé Michael Nyman, célèbre musicologue contemporain, connu pour avoir forgé le terme de « minimalisme ». Nous vous avons déjà parlé de ce courant récent, par le biais de quelques illustres représentants comme Arvo Pärt, Philip Glass, ou encore John Cage – à l’origine du fameux 4’33, le « morceau silencieux » !

Il faut dire que l’apport théorique de Nyman est pour le moins important. Il œuvre pour qu’Erik Satie, « indispensable pour quantité de raisons », soit reconnu comme un précurseur du minimalisme. Il consacre très tôt John Cage comme le Prométhée d’une nouvelle génération de compositeurs qui marche désormais sur l’indétermination suggérée par la musique nouménale cagienne.

Mais en tant que compositeur, il faut bien avouer que ce sont ses musiques de film qui l’ont propulsé vers le firmament. Je m’aventurerais même à souligner que c’est le morceau de ce soir qui a forgé sa notoriété. « The Heart Asks Pleasure First » (au passage, il s’agit d’un célèbre vers de la poétesse américaine Emily Dickinson) est tiré de La Leçon de Piano (The Piano en VO) de Jane Campion. Un beau film, encensé par la critique, mais dont le succès n’aurait certainement pas été sans la musique qui a galvanisé les spectateurs. Ce morceau en est le thème musical principal et offre un exemple de musique répétitive, qui accentue à l’aide de motifs répétés et accumulés une charge émotionnelle teintée de pathétique.

Je vous laisse maintenant seul avec M. Nyman, en espérant que cette mélodie lancinante et obsédante (« la la la si la sol mi ») n’obstruera pas votre esprit au coucher ce soir…

Pour nos amis amateurs de rock et/ou de métal, foncez écouter cette reprise de Nightwish qui surfe sur le succès de « The Heart Asks Pleasure First », en « remasterisant » le tout !

http://www.youtube.com/watch?v=hF04p4oO7lI