Tomás Luis de Victoria – O Magnum Mysterium

Tomas Luis de VictoriaEncore de la musique « mystique » ce soir, avec cette magnifique messe polyphonique. C’est la première fois que nous publions une composition de Tomas Luis de Victoria. Vous allez voir, il n’est pas aussi connu qu’il le mérite.

Ce morceau sera également interprété au concert que je co-organise ce vendredi 11 décembre à St-Louis-en-l’île, au bénéfice d’une école au Cambodge. Venez, je serai à la billetterie et ravi de vous rencontrer!

Ludwig Van Beethoven – Missa Solemnis (en intégralité)

BeethovenPar Références Classiques – Audituri Te Salutant!

Otto KLEMPERER interprète la Grandiose MISSA SOLEMNIS de Ludwig Van BEETHOVEN (1770-1827) La Missa Solemnis. En juin 1818, l’archiduc Rodolphe, frère de l’Empereur François II, était élevé au rang d’archevêque d’Olmütz. Ce fidèle entre les fidèles (il conserva Beethoven comme professeur de piano quinze ans durant) demanda aussitôt à son mentor une musique pour cette occasion importante. Beethoven accepta l’entreprise avec enthousiasme (« Ce sera le plus beau jour de ma vie ») et songea lui-même à une messe pour l’intronisation qui devait intervenir le 9 mars 1820.Se mettant avec ardeur au travail, Beethoven remit la messe à son illustre commanditaire…en 1823, après cinq années de dur labeur. Le maître avait-il sous-estimé l’ampleur de la tâche ou, à l’inverse, ne s’en était-il que trop rendu compte? En effet, s’il fut en partie retardé par des préoccupations domestiques, il semble que la partition ait pris une ampleur qu’il n’avait guère prévue au départ, de par la nature même du texte canonique. Car le texte était le fondement absolu de l’ouvrage.

Le « grand Moghol » qui entendait mener très tôt sa légendaire « révolution expressive », figurait parmi les censeurs estimant la musique sacrée de son temps trop influencée par l’opéra italien, proclamant qu’elle avait tout intérêt à se tourner vers les maîtres anciens et leur manière contrapuntique. Il pense en premier au plain-chant (« Pour écrire de la vraie musique d’église, parcourir tous les chorals d’église des moines »). Mais bientôt les modèles haendéliens lui paraîtront plus en accord avec ses conceptions personnelles. Il relit attentivement le Messie dont il recopie même des thèmes au milieu de ses esquisses.La messe s’érige peu à peu en un monument cyclopéen dépassant largement tout cadre liturgique, le compositeur affirmant franchement qu’elle pouvait parfaitement être donnée hors du cadre ecclésiastique.

L’impact de la Missa Solemnis repose très largement sur l’extraordinaire enchaînement de cellules rythmico-mélodiques relativement brèves et opiniâtrement transformées, ainsi qu’une palette dynamique d’une variété et d’une précision frappantes. C’est sans doute la juxtaposition entre éléments archaïques et modernité, et la tension qui en résulte qui font tout le prix de cette oeuvre. « C’est l’oeuvre la plus grande que j’ai composée jusqu’ici » s’exclama Beethoven. Il faut bien constater que, deux siècles après, aucune partition postérieure ne peut prétendre à une telle hauteur de vue.Klemperer unifie l’ouvrage vers une majesté sévère hiératique. Les tempos sont très larges; la prise de son favorise les choeurs et les détails instrumentaux apparaissent avec suffisamment d’évidence (saluons le premier violon de l’orchestre pour sa prestation durant le Sanctus). Le quatuor vocal réunit légèreté et rudesse. Les phases fuguées du Crédo, du Gloria, le scherzo instrumental de l’Agnus éclatent  triomphalement, projetant force et rigueur sur l’ensemble de la partition. Le grand Wilhelm Furtwängler n’avouait-il pas ses hésitation devant une oeuvre qu’il jugeait « trop grande pour être dirigée par un être humain » ? Otto Klemperer attendra la fin de sa vie pour relever un défi comparable à l’ascension de l’Everest inscrivant dans le marbre « La version de référence ».

Source : livret EMI rédigé par Philippe Andriot. Yutha Tep de Cadences. Dictionnaire des disques et des compacts Diapason.

Ignaz Holzbauer – Messe en Ut

Avez-déjà entendu parler du compositeur autrichien Ignaz Holzbauer? Il a vécu de 1711 à 1783 et fait partie de ces grands musiciens qui ont eu la chance de croiser Mozart mais dont l’oeuvre a malheureusement pâti du génie de ce dernier.

Holzbauer n’est pourtant pas un compositeur anodin! Il a écrit 4 oratorios, 37 motets, 205 oeuvres pour orchestre, des quatuors et quintette à corde, et près vingt opéras… Et nous ne vous avons pas encore présenté son oeuvre sur ce blog – autant vous dire que le site a de l’avenir! :)

A propos de son opéra « Günther von Schwarzburg », écrit quelques années avant sa mort, Mozart qui l’entendit en fit l’éloge: « Ce qui m’étonne le plus, c’est qu’un homme aussi âgé que Holzbauer ait encore autant d’esprit; car c’est incroyable ce qu’il y a de feu dans sa musique ».

Holzbauer était membre de l’école de Mannheim: ce cercle musical, créé en 1750, fut déterminant dans l’évolution musicale qui allait conduire du baroque tardif au classicisme viennois et, plus tard, au romantisme. Elle abandonna la tradition antérieure d’une orchestration assujettie à la basse continue et développa un style nouveau, plus enjoué, dont l’harmonie était déterminée par la mélodie.

Je vous recommande l’écoute de sa Messe en Ut (do majeur), que je trouve assez exceptionnelle, à placer au niveau de celles de Mozart et Haydn!

César Franck – Panis Angelicus

Retour à la musique sacrée, avec ce célèbre et sublime air de César Franck : Panis Angelicus. Au départ, il s’agissait d’un hymne liturgique écrit par Saint Thomas d’Aquin pour la fête du Corps du Christ. Franck a arrangé l’oeuvre pour le ténor (ici, vous aurez tous reconnu la voix claire de Pavarotti…), l’orgue, la harpe et le violoncelle en l’incorporant dans sa Messe à trois voix op. 12.

Latin Français
Panis angelicus
fit panis hominum;
Dat panis caelicus
figuris terminum:
O res mirabilis!
manducat Dominum
Pauper, servus, et humilis.
Te trina Deitas
unaque poscimus:
Sic nos tu visita,
sicut te colimus;
Per tuas semitas
duc nos quo tendimus,
Ad lucem quam inhabitas.
Amen.
Le pain des anges
Devient le pain des hommes.
Le pain du ciel met
Un terme aux symboles.
Ô chose admirable!
Il mange son Seigneur
Le pauvre, le serviteur, le petit.
Dieu Trinité
Et Un, nous te le demandons,
Daigne par ta visite
Répondre à nos hommages.
Par tes voies, conduis-nous
Au but où nous tendons,
À la lumière où tu demeures.
Ainsi soit-il.