Félix Mendelssohn – Sonate écossaise (Fantaisie en fa# mineur)

MendelssohnMendelssohn fut un de ces artistes romantiques fascinés par l’Ecosse. Il fut cependant l’un des seuls (connus) à faire l’effort de s’y rendre, puisqu’il en fit le tour, à pied, à l’âge de 20 ans. Il en tira visiblement beaucoup d’inspiration. Pour ne citer que des oeuvres déjà présentées sur ce blog, voir Les Hébrides (Fingal’s Cave) et la Symphonie Ecossaise!

Le morceau du jour est très beau mais je trouve personnellement difficile d’y sentir l’Ecosse avec évidence.Peut-être que les moments violents et le final bouillonnant évoquent l’histoire guerrière des écossais. Peut-être aussi que les ralentis (avec force pédale!) sont censés rappeler les lacs brumeux… En revanche, ceux qui écoutent Beethoven n’auront guère de mal à percevoir l’héritage du maître de Bonn dans ce morceau. La Sonate Pathétique et la Sonate au Clair de Lune n’auraient pas existé, je me demande si Mendelssohn aurait pu faire la même chose… D’ailleurs cette sonate fut composée dans les années 1830, Beethoven étant en mort en 1827. Difficile de penser qu’alors, Félix n’avait pas en tête les chefs-d’oeuvre de Ludwig au moment de s’asseoir à sa table de composition.

Le morceau n’est pas court mais cela vaut le coup d’aller au bout. Certains passages sont grandioses!

Félix Mendelssohn – Prélude et fugue en Mi mineur

MendelssohnCe soir, restons en compagnie du piano, avec Mendelssohn, grand artiste allemand contemporain de Chopin, Liszt et Schumann. Mendelssohn a beaucoup composé pour piano (souvenez-vous de ses romances sans parole) et a participé de ce mouvement créatif qui a consacré le piano comme Roi des instruments. Il est traditionnellement rangé, et à raison, parmi les compositeurs romantiques. Pourtant, vous allez voir, le morceau du jour montre un goût certain pour les procédés baroques, tels que le contrepoint.

Après une introduction toute romantique, le jeune Félix (le morceau aurait été composé quand il avait environ 20 ans) nous propose quelque chose qu’une oreille peu avertie pourrait aisément confondre avec du Bach, surtout si c’était joué sur un clavecin… Quelle maîtrise étonnante pour un compositeur si jeune.

Félix Mendelssohn – Scherzo Op. 16 n°2

mendelssohnPar Jérémy Barraud – Audituri Te Salutant!

Suite à un voyage effectué au Pays de Galles en 1839, Mendelssohn est particulièrement inspiré pour composer un recueil de trois fantaisies. Chacune de ces petites pièces est dédiée à trois filles d’une famille chez qui il était hébergé, la famille Taylor. Aussi le morceau du jour est un scherzo ; il s’agit de la deuxième fantaisie de l’opus 16 et est dédié à une certaine Honora Taylor.

Ce scherzo prête particulièrement à sourire ; le célèbre pianiste et pédagogue Jean-François Zygel y verrait même Bambi en train de courir dans la forêt, c’est vous dire la légèreté de l’oeuvre. Mais, est-­ce si étonnant de la part d’un compositeur dont le prénom signifie étymologiquement « heureux » ? ;-)

Félix Mendelssohn – Les Hébrides (« La grotte de Fingal »)

Nous vous avions déjà présenté la symphonie Écossaise de Mendelssohn, à travers son joyeux deuxième mouvement. L’ouverture des Hébrides est un autre chant d’amour du compositeur à l’Ecosse, et particulièrement à l’île de Staffa où se trouve la grotte de Fingal, qui illustre cet article. Mendelssohn avait été impressionné par cette structure volcanique profonde de près de 70 mètres, dans laquelle l’eau s’engouffre en résonnant…

On peut repérer deux thèmes qui vont être déclinés pendant l’ouverture : le premier dès le début, et le second qui apparaît à 1:45, joué par les violoncelles.

Bonne soirée!

Felix Mendelssohn – Romance sans paroles Op.38 n°2

mendelssohnRetour à Mendelssohn aujourd’hui avec une superbe romance sans paroles, très joliment interprétée par Daniel Barenboim, quoique le tempo soit un peu rapide à mon goût (le compositeur avait inscrit « Allegro non troppo« !). Derrière ses airs joyeux, ce morceau exprime, selon moi, une réelle tristesse et la nostalgie d’une époque révolue. D’ailleurs, en cherchant le titre exacte du morceau, j’ai noté que Mendelssohn l’avait nommé « Bonheur perdu »…

Les premières phrases se répondent et évoquent comme un souvenir vague et global, une tentation de se replonger dans le passé. Ces phrases se terminent par une reprise, comme pour marquer cette hésitation de refaire surgir le souvenir douloureux d’un passé qui ne reviendra pas, de revivre une fois cette expérience à travers des images et des sentiments conservés par l’esprit et le coeur. Puis l’on s’y plonge, avec réserve au début, puis de plus en plus fatalement, avec un crescendo désespéré de 1’20 à 1’30. Les dernières notes, répétitives, sont un retour au calme après la tempête, un bonheur désabusé, vain et passager de souvenirs heureux ravivés. On comprend pourquoi la romance est sans paroles !

Bonne soirée à tous !

Félix Mendelssohn – Romances sans Paroles – Gondole vénitienne (2)

Felix Mendelssohn

Un peu à l’instar des Nocturnes de Chopin, les Romances sans Paroles de Mendelssohn font partie de ces morceaux qu’on aime bien réécouter de temps en temps, non pas parce que ce sont des pièces qui ont révolutionné la musique, mais parce que celles-ci sont susceptibles de vous réconforter, de vous octroyer un certain plaisir sensuel de par la chatoyance des mélodies qui vous transpercent le coeur par leur beauté langoureuse. Un peu comme le morceau suivant, qui avec ses 1 minute et 53 secondes passe pour un Petit Poucet face aux 30 heures de la Tétralogie de Wagner. Pourtant, nul besoin de discours pompeux : ici Mendelssohn se contente de livrer une impression, une sorte de « haïku musical » évoquant une gondole vénitienne (très exactement comme pour ce morceau, sauf que ce dernier est postérieur au morceau d’aujourd’hui), tanguant au gré des flots de la Cité des Doges. Comme quoi, même si la musique s’adresse souvent directement à votre intellect, elle peut aussi vous enrober dans un flou sentimental directement lié à votre sensibilité. Et on en redemande ! L’éternel Daniel Barenboïm au clavier, encore et toujours.

Felix Mendelssohn – Concerto pour violon et orchestre en Mi mineur – Finale

mendelssohnPour la plupart, vous devez connaître (même sans mettre un nom dessus) l’air fameux du 1er mouvement du concerto pour violon en mi mineur de Mendelssohn. Sinon, retournez vite l’écouter!

Et enchaînez ensuite sur ce finale du 3ème mouvement, peut-être moins colossal en termes de musique pure (quoique cela soit assez subjectif), mais qui présente ici un intérêt de poids: Itzhak Perlman. Les rares sceptiques quant à la grandeur du violon seront bien contraints de rendre les armes face à la prestation enjouée et éblouissante de facilité de Perlman. Et ce sourire qui en dit long sur le plaisir qu’il prend à faire chanter son instrument… ça n’a pas de prix!

Mendelssohn + Perlman = jouissance musicale!