Bohuslav Martinu – Marionettes (I) – La Colombine qui danse

Aujourd’hui, un petit quelque chose pour compléter votre connaissance de la musique tchèque, que nous avons déjà bien commencé à creuser ensemble avec Dvorak, Smetana ou encore Dussek. Cadet de tous ceux-là, Martinu (1890-1957) ne fut pas moins un grand compositeur : son oeuvre, vaste, s’inscrit dans la droite lignée de la tradition musicale tchèque. Ce qui est fort paradoxal, puisque la majeure partie de la carrière de Martinu se déroula en France ou aux Etats-Unis !

Mais, comme on dit souvent, il en faut de tout pour faire un monde. Influencé dans sa jeunesse par la musique française du début du siècle (Ravel, Debussy…), Martinu développa par la suite un style bien à lui, restant fidèle à la musique tonale (contrairement au dodécaphonisme qui se développe dans l’entre-deux-guerres) mais rompant avec certaines clichés romantiques. Ecouter Martinu, c’est accepter d’être surpris : par une cadence évitée ici, un thème abscons là… Mais c’est sans aucun doute se faire plaisir, un plaisir d’une autre nature qu’avec Chopin certes, mais un bonheur pas moindre. Aujourd’hui, le morceau est tiré d’un recueil de jeunesse, pour piano, intitulé Marionettes (Loutky en tchèque) où le tempo irrégulier et enjoué mime les mouvements d’une marionette pendue aux fils du marionnettiste et tanguant caustiquement par leur biais…