Sergueï Rachmaninov – Etudes Tableaux Op.33 – Moderato

Nous sommes désolés pour l’absence d’article hier… Voici un morceau en guise de « rattrapage »; un article sera publié comme à l’accoutumée ce soir.

On vous propose un autre des fabuleux tableaux signés de la main virtuose de Rachmaninov, le romantique tardif, génie du clavier aux mains immenses et souples. Comme l’Allegro Molto de l’Op. 39, ce morceau, court, vous propose une nouvelle fois un voyage synesthésique éblouissant d’impressions fugaces, qui vous mènent vers les plus hautes cimes de la beauté romantique. Vous le remarquerez, nul est besoin de discours pompeux et de fioritures contingentes : le morceau est fondé sur un jeu entre la tonique et la dominante (comprendre : 1ère et 5e note de la gamme en Ré mineur), complété par des gammes chromatiques – une signature de Rachmaninov, qui s’en est largement servi pour ses Préludes notamment.

Sur ce, bon week-end et à ce soir !

Sergueï Rachmaninov – Etudes Tableaux Op.39 – Allegro Molto

Dans l’oeuvre de Rachmaninov, les Etudes Tableaux sont incontournables : tout en étant techniquement très ardues, elles n’en reflètent pas moins la signature du maître; on peut même dire qu’elles capturent la quintessence pianistique telle que Rachmaninov la conçoit (un biographe dira même qu’elles « résument toutes les découvertes du compositeur pour le piano et montrent comment le piano doit être joué selon lui »). Il importe peu que vous soyez sensible ou non à la beauté du piano : grâce aux Etudes-Tableaux, il vous est donné la chance de contempler à chaque fois un paysage, une peinture, rien que par la puissance évocatrice des notes écrites par Rachmaninov. Et ce dernier a tout fait pour : plutôt que de baptiser ses études avec un nom lapidaire (comme le faisait souvent Debussy), il laisse à l’auditeur le loisir de laisser libre cours à son imagination, d’où le fait que tous les morceaux du recueil s’appellent « Etude-Tableau » et qu’il il faut donc donner le numéro de l’étude à chaque fois :P

Cet « Allegro Molto » est la 3e étude de l’Op. 39 et il s’agit à mon avis de l’une des plus belles. On compare souvent le torrent de notes à une cascade qui déverse incessamment son trésor bleu. Mais chut, ne laissez-vous pas influencer, fermez les yeux et contemplez…

Sergueï Rachmaninov – Concerto pour piano n°3 – 1er mouvement

RachmaninovCela faisait longtemps que je voulais partager avec vous ce morceau qui me donne des frissons à chaque fois que je l’écoute. Il fait partie du concerto pour piano préféré du compositeur lui-même, souvent surnommé « Rach 3″.

Ceux qui nous suivent connaissent déjà tous Sergueï Rachmaninov, que nous vous avions notamment présentés, par exemple au travers de son moderato du concerto pour piano n°2.

Ce 1er mouvement du concerto pour piano n°3 débute très simplement, par quelques notes au piano, soutenues par les cordes et les vents. Ce thème est ensuite filé en des développements brillants, torturés, parfois émouvants aux larmes. Rachmaninov l’aurait écrit comme un sommet personnel, pour démontrer  à la fois sa virtuosité technique et son talent de compositeur.

Au-delà de sa saisissante beauté, ce concerto est réputé pour sa difficulté extrême. Cette difficulté se situe dans la technique, certes, mais aussi dans l’approche psychologique. Le pianiste Gary Graffman, professeur de nombreux virtuoses, tels Lang Lang ou Yuja Wang, déclara qu’il regrettait de n’avoir pas joué ce morceau plus jeune, lorsqu’il ne connaissait pas encore la peur, se sentant désormais incapable de le jouer correctement.

Le morceau est assez long, mais croyez-moi, ça vaut le coup… Si vous le reconnaissez sans savoir pourquoi: avez-vous le film « Shine », avec Geoffrey Rush?

L’interprétation est de Nikolaï Lugansky, qui l’a interprété lundi dernier à la salle Pleyel, à Paris :)