Franz Schubert – Auf dem Wasser zu singen

eau calmeAujourd’hui, nous vous présentons notre troisième Lied de Schubert (1797-1828), après l’Ave Maria et Erlkönig. L’illustre romantique a composé à 26 ans une musique pour le poème Auf dem Wasser zu Singen (Chanter sur l’eau) écrit par le poète allemand Friedrich Leopold zu Stolberg-Stolberg. Comme souvent avec Schubert, je trouve ce morceau extrêmement émouvant, plein de finesse et de mélancolie.

Vous trouvez ci-dessous les paroles, avec leur traduction, pour mieux saisir l’ensemble… Pour l’anecdote, ce morceau a servi dans la B.O. de Battle Royale!

Cette interprétation très juste est signée David Daniels, un homme, contrairement à ce que vous vous direz sans doute à la première écoute! Non, il ne s’agit pas d’un castrat (pratique révolue depuis un certain temps) mais d’un contreténor, donc une voix très aigue pour un homme. Bonne écoute.

texte auf dem wasser zu singen

Franz Schubert – Erlkönig

Le Roi des AulnesEcoutons aujourd’hui un superbe lied de Schubert (1797-1828). C’est le deuxième que nous vous proposons après Ellens Dritter Gesang, publié dans le cadre de notre série Ave Maria.

Erlkönig (Le Roi des Aulnes en français) est un poème de Goethe dont les paroles sont données à la fin de l’article. En deux mots, ce poème tragique raconte l’histoire d’un enfant avec son père sur un cheval galopant. Passant devant une végétation inquiétante (l’aulne était l’arbre de la mort dans l’antiquité gréco-romaine), l’enfant apeuré prie son père de le protéger d’une créature maléfique qu’il aperçoit, le roi des aulnes. Celui-ci essaie d’attirer l’enfant à lui, avant de se résoudre à employer la force… Le poème, débuté et terminé par un narrateur, consiste donc en un dialogue entre l’enfant et son père qui, rationnel, ne voit de créature nulle part et tâche donc de le rassurer. Ce dialogue est entrecoupé par le discours aguicheur et pervers du roi des aulnes que seul l’enfant entend…

Pour mettre en musique ce poème effrayant, Schubert a choisi de ne faire chanter qu’une seule personne pour interpréter à la fois le narrateur, l’enfant, le père et le roi des aulnes. Afin de différencier ces personnages, le compositeur a recours à des changements de tonalité (mineure pour le narrateur qui a conscience du drame qui se joue, majeure et mineure pour le père rassurant, mineure pour l’enfant angoissé, majeure pour le roi suave ), des nuances, et des changements de registre (Haut pour le narrateur, plus haut pour l’enfant, bas pour le père, moyen pour le roi).

Sur cette interprétation de la grande Jessye Norman, l’intensité émotionnelle donne des frissons. Comment rester insensible face à une telle voix, et à une telle expressivité (yeux, visages, timbre de voix…)?

Pour l’anecdote, Schubert composa ce Lied à 20 ans et en envoya une copie à Goethe en avant-première. Celui-ci ne donna pas de réponse…

Notez comme les premières notes figurent bien le galop du cheval… Bonne écoute.

Poème le Roi des Aulnes

Série Ave Maria 2/3- Charles Gounod – Ave Maria sur Bach

Charles Gounod (1818-1893) est un compositeur français plutôt méconnu de la période romantique. Vous connaissez pourtant de nom au moins un air fameux, grâce à Hergé qui fait chanter à la Castafiore l’Air des Bijoux (« Ah je ris! »), tiré du plus célèbre opéra de Gounod: Faust.

Nous vous proposons aujourd’hui l’écoute d’une pièce originale dans sa construction. En effet, Gounod, comme presque tout apprenti pianiste, a joué le Premier Prélude du premier livre du Clavecin Bien Tempéré de Bach (1685-1750). Adulte, il improvisa une mélodie sur le thème de ce prélude.

Plus tard, avec le concours de Zimmermann, grand pianiste de son temps et futur beau-père de Gounod, cette mélodie fut adaptée pour corde et clavier et l’on choisit de transformer la mélodie en un chant: l’Ave Maria.

Voici d’abord le prélude originel, et ensuite le travail de Gounod et Zimmermann.

Demain, ne ratez pas la suite de la série Ave Maria!

Série Ave Maria 1/3 – Franz Schubert – Ellens Dritter Gesang

Franz Peter Schubert (1797-1828)  rejoignit à 31 ans le vaste cercle des génies musicaux morts trop jeunes. Mais avant cela, il participa à la construction du romantisme musical, aux côtés de Beethoven, qui dit d’ailleurs de lui, après avoir lu ses partitions de Lieder: « Vraiment chez ce Schubert, il y a une étincelle divine! »

Divine, le mot ne semble pas usurpé lorsque l’on écoute le très fameux Ellens Dritter Gesang (le troisième chant d’Ellen), plus connu sous le nom de l’Ave Maria de Schubert. Ce chant est un de ceux qu’a inspiré le long poème de Walter Scott: La Dame du Lac.

A ce moment du poème, Ellen, l’héroïne, est en fuite et s’en remet à la Vierge Marie dans une longue prière dans les paroles ne sont pas du tout celles de la prière éponyme (mis à part les premiers mots: Ave Maria).

Le succès de ce chant fut si grand que par la suite, ce chant a été repris pour porter en effet la prière de l’Eglise catholique, à tel point que cette dernière version est souvent donnée en concert (par exemple, ici, avec Luciano Pavarotti)

Demain, la série continue avec un autre Ave Maria magnifique!