Albert Lavignac – Galop Marche, ou le piano à huit mains !

Vendredi, c’est hors-jeu ! Enfin, presque, puisqu’aujourd’hui le morceau est relativement sérieux, technique… mais c’est juste son exécution qui est en soi une énorme farce. On vous avait déjà parlé de morceaux pour piano à 4 mains, où deux personnes s’asseyent côte à côte sur un même clavier pour exécuter l’oeuvre (des exemples : Ma Mère l’Oye de Ravel, ou initialement la « Polka italienne » de Rachmaninov). Là vous prenez le double, toujours sur un même clavier, vous imaginez la scène !

N’allez pas vous persuader, en voyant cela, qu’il s’agit là de l’oeuvre d’un sombre iconoclaste ou d’un Franz Liszt qui ne savait pas quoi faire de son lundi soir pluvieux. Non, son auteur s’appelle Albert Lavignac, musicologue de renom, auteur d’une Encyclopédie de la Musique et surtout professeur de solfège et d’harmonie d’un certain Claude Debussy… Les habitués du style de ce dernier reconnaîtront sûrement la patte du maître dans ce morceau.

Il n’empêche, l’exécution de ce Galop-Marche donne lieu à des situations souvent cocasses. Outre la promiscuité entre les pianistes, les regards tendres et furtifs lors des passages solos ou le tohu-bohu au moment de tourner les pages suscitent souvent l’hilarité du public. Ce qui ne veut pas dire que l’attention des musiciens est mise en veilleuse : une sacrée coordination est requise pour que le Galop soit un minimum présentable !