WA Mozart – Sonate pour piano N°13 – 1° mouvement – Allegro

Wolfgang Amadeus MozartRetrouvons Mozart avec ce très joyeux premier mouvement de sa sonate pour piano N°13. Comme toujours, on est impressionné par la capacité de Mozart à nous surprendre au détour d’une phrase, dont on pense pouvoir deviner la manière dont elle va se conclure, avant de s’avouer vaincu par l’imagination débordante du maestro… Ainsi par exemple à 4:30, où il rajoute quelques notes sombres inattendues avant la résolution… On pense en rester là, mais non, il repart sur la fameuse tonalité sombre juste ensuite, faisant de ces quelques premières notes à 4:30 en apparence anodine un signe avant-coureur de ce qui va suivre … Si vous m’avez compris, bravo !

Voici donc cet allegro, interprété par le célèbre pianiste chinois Lang Lang.

Yellow River Piano Concerto

Le Yellow River Piano Concerto est un concerto arrangé par une collaboration entre plusieurs musiciens chinois dont Ying Chengzong et Chu Wanghua, et basé sur la Yellow River Cantata de Xian Xinghai.

Le morceau a fait l’objet de nombreuses critiques, dues notamment à sa récupération politiques par les nationalistes chinois lors de la révolution culturelle dans les années 1960. Il est toutefois intéressant de l’écouter, ne serait-ce que pour ses solos d’une difficulté rare, et puis parce que ce n’est pas tous les jours que nous vous proposons de la musique chinoise.

Nous vous proposons ici une interprétation du pianiste Lang Lang – il s’agit de la première partie du concerto, qui malheureusement est très mal coupée ici: mais vous pouvez trouver la suite directement sur Youtube.

Lang Lang, père et fils – Horse

Ce soir, c’est le Nouvel An chinois : le dragon tire sa révérence et fait entrer en scène le serpent, qui symbolise en Orient l’élégance, le mystère et la beauté (pas grand chose à avoir avec le tentateur biblique :P ). Pour cette occasion, nous vous proposons une vidéo assez singulière, qui vous met dans l’ambiance : celle d’un Concert des Proms (festival de musique classique en Grande-Bretagne) où Lang Lang accompagne son père sur une musique traditionnelle chinoise, modestement traduite par « Horse » ou « Galop ».

Lang Guoren, le père, tient dans ses mains un instrument typiquement asiatique, le Erhu, aussi appelé le « violon chinois ». L’apparence de l’instrument est plutôt fruste : il comporte deux cordes (le « Er » qui signifie « deux »), sa caisse de résonance en bois est recouverte d’une peau de serpent (pure coïncidence !) et son origine est très certainement mongole (le « Hu » signifie qu’il ne s’agit pas d’une invention des Han). Il n’empêche, le Erhu demeure plutôt populaire en Asie du Sud-Est et il n’est pas rare de le croiser dans les orchestres traditionnels de l’Opéra de Pékin.

En regardant ce duo atypique, il n’est pas difficile de remarquer une grande complicité entre Lang Lang et son père, tous deux visiblement très doués sur leurs instruments respectifs; pourtant Dieu sait que la relation père-fils n’a pas toujours été tendre. Lang Lang décrit souvent son enfance en Chine comme rythmée par l’autoritarisme paternel, mais reconnaît que c’est à cela qu’il doit son succès d’être le pianiste le plus flamboyant du moment. Si bien que cette rencontre au sommet entre le virtuose international et son mentor recèle d’une réelle beauté… sans parler du morceau très technique qui a nécessité une réelle dextérité de la part de M. Lang !

Bonne année du serpent à tous ! Une petite pensée pour Geoffroy qui a l’opportunité de la vivre de très près ;-)

Maurice Ravel – Ma Mère l’Oye – Laideronnette, Impératrice des Pagodes

Les adultes qui parviennent à comprendre l’enfance sont rares ; et ceux là, je les admire infiniment, car eux seuls sont gardiens d’un secret que j’aimerais tant un jour percer : le pouvoir de garder dans leur vie une proportion d’insouciance heureuse et de légèreté d’être, comme dans leur enfance, dans une vie d’adulte où les contraintes s’entassent comme la paperasse chez le greffier.

C’est pourquoi j’éprouve une affection toute particulière pour notre Ravel, père d’un célèbre recueil intitulé Les Contes de ma mère l’Oye. Ce cher Maurice, n’ayant jamais eu d’enfant, transposa probablement toute son affection sur cette musique imprégnée d’innocence que nous vous présentons aujourd’hui.

Ma Mère l’Oye – au passage, on a reconnu la référence à Perrault, autre emblème national – regroupe 4 contes : la Belle au bois dormant, le Petit Poucet, le Serpentin Vert, la Belle et la Bête ; chacun étant incarné par un morceau. Aujourd’hui, nous nous contenterons d’évoquer « Laideronnette, Impératrice des Pagodes », tiré du conte le Serpentin Vert, de la plume de la Comtesse d’Aulnoy. Une lecture préliminaire s’impose si ce conte vous est inconnu : http://lescontesdefees.free.fr/Contes/serpentinvert.htm

Vous remarquez dans ce morceau l’utilisation d’une tonalité toute particulière : en effet Ravel a utilisé une gamme pentatonique, i.e. une gamme divisée en 5 tons, dont la plus célèbre – et celle employée ici – est celle formée par les touches noires du piano !… Avouons-le, cela produit un effet particulièrement percutant puisqu’il se dégage une atmosphère dynamique, comique, qui rappelle les sonorités du folklore asiatique – à l’instar du xiju chinois ou du japonais. Rien d’étonnant, puisque les « pagodes » font partie de la tradition bouddhiste, très prégnante en Asie.

Rien d’étonnant non plus, donc, que ce morceau soit très populaire auprès du public chinois. Lors de la visite officielle de Hu Jintao à Washington en Janvier 2011, le fameux pianiste « fou » Lang Lang, convié pour l’occasion à la Maison-Blanche, a joué ce morceau dans sa version originale, à 4 mains, avec Herbie Hancock. Si vous désirez voir la performance de ce duo peu conventionnel (mais exceptionnel!), vous pouvez aller ici : http://www.youtube.com/watch?v=a51YSljGbvg

L’extrait suivant est une version orchestrale (adaptée, donc) avec Charles Dutoit à la baguette. Une version très intéressante qui explore des sonorités inattingibles au piano.

A l’avenir, nous vous ferons une présentation complète du recueil, car il en vaut bien la peine !

Lang Lang est-il fou? ;-)

Reprenons avec les vidéos hors-jeu, et le seizième épisode aujourd’hui! Je vous en rappelle le principe: tous les vendredis soirs, une vidéo décalée (passionnante, bizarre, impressionnante ou simplement drôle) vous attendra pour vous donner le sourire après une dure semaine!

Retrouvons aujourd’hui le célèbre pianiste chinois Lang Lang, grand pianiste quoique très controversé – certains lui reprochent en effet d’être plus businessman qu’artiste…

Découvrons le ici dans un cadre un peu différent des salles de concert.

Dans cette première vidéo, il explique un morceau de Prokofiev de manière assez inquiétante inattendue…

Dans la deuxième vidéo, Lang Lang nous montre comment jouer l’étude Op.10 N°5 de Chopin avec… une orange! Vous trouverez ensuite la « vraie » version de Chopin, qui est tout de même plus écoutable ;-)

Erik Satie – Gnossienne N°1

C’est une musique mystérieuse et envoûtante que la Gnossienne N°1 du compositeur français Erik Satie (1866-1925), première d’une série de six Gnossiennes. Ce terme vient du mot gnose, qui désigne un concept philosophico-religieux plus ou moins ésotérique, qui est à la recherche de la connaissance parfaite (en simplifié…). Cela n’est pas étonnant, Satie étant impliqué dans diverses sectes gnostiques au moment où il écrivit ses Gnossiennes – il avait même créé sa propre église, l’Eglise métropolitaine d’art de Jésus-Conducteur (dont il était le seul grand-prêtre… et fidèle!)

On retrouve ce morceau comme leitmotiv du film Paris de Cédric Klapisch, avec entre autres Juliette Binoche, Romain Duris  et Fabrice Luchini.

La première Gnossienne est ici interprétée par le pianiste chinois Lang Lang, à qui l’on reproche souvent, malgré son réel talent, d’avoir un style trop démonstratif, ainsi qu’un côté très marketing ( il a notamment joué aux cérémonies d’ouverture de la Coupe du Monde de football 2006 et des JO de Pékin en 2008, et possède son modèle de chaussures chez Adidas…)