Zbigniew Preisner – Requiem for my friend – Lacrimosa

Création du mondeAttention, le morceau du jour risque de vous faire pleurer, tant il est beau. En même temps, c’est le but puisqu’il s’agit d’un Lacrimosa. Preisner, compositeur polonais de 57 ans, écrivit en 1998 son Requiem for a Friend, le « friend » en question étant le réalisateur Krysztof Kiéslowski, mort deux ans plus tôt.

La mélodie qu’on pourrait, à en juger par le titre, croire morbide, est en réalité très lumineuse et méditative, tel un cri dirigé vers le mystère que constitue la fin de la vie sur Terre.

Il s’agit également d’une des musiques utilisées dans le film de Terrence Malick Tree of Life, pendant la longue scène poétique peignant la création de l’univers.

Vous trouverez les paroles en dessous, avec une traduction de mon cru :)

Lacrimosa (4x) dies illa,
Qua resurget ex favilla
Judicandus homo reus.
Huic ergo parce, Deus:
Pie Jesu Domine,
Dona eis requiem.
Lacrimosa Lacrimosa…
———–
Ah! Quel jour de tristesse et de larmes
Où l’Homme coupable,
s’élevant de ses cendres,
Doit être jugé.
Epargnez-le, Ô Dieu!
Jésus, Seigneur de Miséricorde
Donnez-leur le repos éternel.
Des larmes, des larmes…

WA Mozart – Requiem en Ré mineur – Lacrimosa

La PietaContinuons aujourd’hui  à découvrir une des plus grandes oeuvres musicales de tous les temps (point de vue subjectif mais, semble-t-il, largement partagé): la messe de Requiem en ré mineur de Mozart. Après l’apocalyptique Dies Irae, le trouble Confutatis, le priant Kyrie et le tragique Introïtus, voici le Lacrimosa.

Comme vous pouvez le deviner avec le nom de ce morceau, deuil et douleur sont ici particulièrement prégnants. Les paroles en latin et en anglais (sur la vidéo même) vous permettront de mieux situer ce que Mozart veut ici dépeindre.

Il faut savoir que seules les 8 première mesures sont de la main de Mozart (environ jusqu’à 0:52). Le reste a été terminé par un de ses élèves, Franz-Xavier Süssmayr, à la demande de la veuve de Mozart, Constance. Il faut d’abord reconnaître que ce jeune compositeur (qui devint par la suite élève de Salieri) ne manqua pas d’inspiration, même si, pour l’aider, les 8 premières mesures donnaient déjà les grandes lignes. Intelligemment, Süssmayr s’appuya sur le reste de l’oeuvre déjà écrite ainsi que sur des fragments et brouillons sur lesquels Mozart avait noté des idées.

Ce morceau provoque toujours des frissons chez moi. Ce n’est pas pour rien qu’il fut souvent utilisé lors de grandes funérailles (celles de Beethoven, celles de Chopin à la Madeleine, et même lors de la panthéonisation de Napoléon). Se jouant des paradoxes, le Requiem, pourtant oeuvre chrétienne sacrée, fut même joué en URSS en 1918 pour les « Martyrs de la Révolution » et peu après pour le 100° anniversaire de Karl Marx. Il fut aussi récupéré par l’Allemagne nazie qui s’empressa de remplacer tous les mots évoquant les origines juives du christianisme (Sion, Abraham, Jérusalem…).

Assez glosé, musique!