Giuseppe Verdi – La Traviata – Addio del passato

Maria CallasEn ce jour anniversaire des 90 ans de la naissance de Maria Callas, nous vous proposons d’écouter un « grand classique », l’aria finale de Violetta, dans l’opéra La Traviata, un rôle qui collait à la peau de la cantatrice… Dans cet aria, Violetta, malade, se meurt sans avoir revu son Alfredo…

Si ce morceau ne vous arrache pas quelques larmes…

Giuseppe Verdi – La Traviata – Libiamo ne’ lieti calici

 Plácido Domingo, José Carreras et Luciano PavarottiL’air d’opéra que nous vous proposons aujourd’hui est extrêmement célèbre, mais connaissez-vous le fantastique trio qui l’interprète? Il se compose tout simplement de trois amis, trois titans de l’opéra, Plácido DomingoJosé Carreras et Luciano Pavarotti ! Les Trois Ténors ont chanté ensemble pour la première fois à Rome, la veille de la finale de la coupe du Monde organisée en Italie en 1990! Comme s’il n’y avait pas suffisamment de stars sur la scène, Zubin Mehta, l’illustre chef d’orchestre indien, fils du fondateur et directeur de l’opéra de Bombay, dirige l’orchestre.

Pendant que celui-ci tient la baguette  (avant de se mettre à diriger la foule derrière lui!), les Ténors font le spectacle et amusent le public! On s’aperçoit que chacun a une voix bien spécifique, une résonance propre. Lequel préférez-vous? Pour ma part, la voix et le timbre de Carreras me semblent particulièrement adaptés à l’air de Verdi. Il est d’ailleurs considéré comme le spécialiste de Verdi…

Les Ténors se montrent également comédiens : constatez vous-mêmes combien leur jeu est en accord avec les paroles chantées (inscrites en dessous de la vidéo), qui sont une invitation aux libations et une louange de l’amour?

Enjoy!

Livret original
Traduction en français
Alfredo :
Libiamo, libiamo ne’lieti calici
Che la bellezza infiora.
E la fuggevol, fuggevol ora
S’inebrii a voluttà.
Libiamo ne’dolci fremiti
Che suscita l’amore,
Poiché quell’ochio
Al core onnipotente va.
Libiamo, amore, amore fra i calici
Più caldi baci avrà.

Coro :
Ah ! Libiamo, amore, amore fra i calici
Più caldi baci avrà

Violetta :
Tra voi tra voi saprò dividere
Il tempo mio giocondo;
Tutto è follia, follia nel mondo
Ciò che non è piacer.
Godiam, fugace e rapido
E il gaudio dell’amore,
E un fior che nasce e muore,
Ne più si può goder.
Godiamo, c’invita, c’invita
Un fervido accento lusinghier.

Coro :
Godiamo, la tazza, la tazza e il cantico,
La notte abbella e il riso ;
In questo, in questo paradiso
Ne scopra il nuovo dì.

Violetta :
La vita è nel tripudio
Alfredo :
quando non s’ami ancora…
Violetta :
Nol dite a chi l’ignora ,
Alfredo :
e’ il mio destin così.

Tutti :
Godiamo, la tazza, la tazza e il cantico
La notte abbella e il riso ;
In questo, in questo paradiso
Ne scopra il nuovo dì.

Alfredo :
Buvons, buvons dans ces joyeuses coupes,
Que la beauté fleurit ;
Et que l’heure fugitive
S’enivre de volupté.
Buvons dans les doux frissons
Que suscite l’amour,
Puisque ces yeux tout-puissants
Percent le cœur.
Buvons ! l’amour, l’amour entre les coupes
Aura des baisers plus ardents.

Le chœur :
Ah ! buvons ; l’amour, l’amour entre les coupes
Aura des baisers plus ardents.

Violetta :
Parmi vous je saurai partager
Mes heures les plus joyeuses ;
Tout ce qui n’est du plaisir
Est folie dans le monde.
Amusons-nous, rapide et fugace
Est le plaisir de l’amour.
C’est une fleur qui naît et meurt,
Et l’on ne peut plus en jouir.
Réjouissons-nous !
De fervents et flatteurs accents
Nous y invitent.

Le chœur :
Ah ! Réjouissons-nous !
Les verres, les chansons
Et les rires embellissent la nuit ;
Que dans ce paradis
Nous retrouve le jour nouveau.

Violetta (à Alfredo) :
La vie est allégresse.
Alfredo (à Violetta):
Quand on ne s’aime pas encore…
Violetta :
N’en parlez pas à qui l’ignore.
Alfredo :
C’est là mon destin.

Tous :
Ah ! Réjouissons-nous !
Les verres, les chansons
Et les rires embellissent la nuit ;
Que dans ce paradis
Nous retrouve le jour nouveau

Giuseppe Verdi – La Traviata – Un di felice, eterea

VerdiLe morceau du jour est un passage de l’opéra La Traviata, dont nous avions déjà écouté le prélude; on retrouve d’ailleurs ici un des motifs qui y avaient été suggérés. Pour moi, cet air est l’une des plus belles chansons d’amour de l’opéra… Le passage que je vous propose ici est la première apparition  de celui-ci, qui devient de plus en plus poignant au fur et à mesure que l’histoire devient tragique -du long air E strano qui vient conclure l’acte 1, jusqu’à l’air final, Se una pudica vergine, où l’air joué au violon vient accompagner les dernières paroles de Violetta…

Les paroles, et un semblant de traduction:

Alfredo
Un dì, felice, eterea, (Un jour, heureuse, sublime)
Mi balenaste innante, (Tu m’es apparue)
E da quel dì tremante (Et depuis ce jour, tremblant)
Vissi d’ignoto amor. (Je vis d’un amour ignoré)
Di quell’amor ch’è palpito (D’un amour qui est le coeur battant)
Dell’universo, Dell’universo intero, (De l’univers, de l’univers entier)
Misterioso, altero, (Mystérieux, fier)
Croce e delizia al cor. (Le supplice et le délice de mon coeur)
Misterioso, Misterioso altero,
Croce e delizia al cor.

Violetta
Ah, se ciò è ver, fuggitemi, (Ah, si cela est vrai, fuyez)
Solo amistade io v’offro: (Car je n’ai que l’amitié à offrir)
Amar non so, nè soffro (Je ne sais pas aimer, et ne saurais supporter)
Un così eroico amor. (Un amour si héroïque)
Io sono franca, ingenua; (Je suis sincère et naïve)
Altra cercar dovete; (Vous devriez en chercher une autre)
Non arduo troverete (Il ne sera pas difficile)
Dimenticarmi allor. (De m’oublier, alors)

Et la vidéo, avec les grands artistes Luciano Pavarotti et Johan Sutherland…

Giuseppe Verdi – La Traviata – Prelude

Verdi (1813-1901 ) est principalement connu pour ses opéras, dont les quatre plus célèbres sont  Nabucco, Rigoletto, La Traviata et Aida. L’idée de la Traviata, qui nous intéresse ici, est venue à Verdi après qu’il eût assisté à une représentation de la Dame aux Camelias d’Alexandre Dumas fils (pas celui qui écrivit les Trois Mousquetaires, donc).

L’histoire de la Traviata est celle d’un amour impossible entre une demi-mondaine (Violetta) et un jeune homme de bonne famille (Alfredo), à qui son père interdit cette union. Ce dernier va la forcer à écrire une lettre de rupture à son fils, qui rendra celui-ci au désespoir. Quand Alfredo se rend compte que Violetta n’a cessé de l’aimer, il est trop tard, et celle-ci, atteinte d’une grave maladie, meurt dans ses bras. La première de cette opéra, donnée en 1853, fut un fiasco, notamment à cause de la corpulence de Violetta, qui n’allait pas avec la frêle jeune femme mourante dépeinte par Verdi..

On perçoit toute la dimension tragique de la Traviata en en écoutant l’ouverture/prélude à l’acte 1, dans laquelle sont présentés les principaux thèmes musicaux de l’oeuvre.

Le Royal Opera House est dirigé par Sir George Solti