Manuel de Falla – La vida breve – Danse espagnole

Manuel de FallaRetrouvons aujourd’hui Manuel de Falla, que nous vous avions fait découvrir avec sa danse du feu. Ce soir, c’est à travers un arrangement pour piano et violon d’une danse espagnole tirée de son opéra « La vida breve » qu’il va vous donner envie de danser… C’est Fritz Kreisler, qui a réalisé ce célèbre arrangement, qui est ici au violon.

Bon week-end ensoleillé!

Fritz Kreisler – Alt-Wiener Tanzweisen – Liebesleid

Et une petite friandise pour terminer la semaine en beauté ! Faites connaissance avec Fritz Kreisler, compositeur autrichien décédé il y a maintenant 50 ans. Il connut de son vivant une très belle carrière de violoniste virtuose, légitimée par un parcours musical impressionnant : enfant prodige, il fut admis au conservatoire de Vienne à 7 ans et en sortit diplômé à 10, avant d’enchaîner les tournées en Europe et aux Etats-Unis, si bien qu’à une trentaine d’années à peine, sa réputation était déjà faite dans les milieux les plus élitistes de la musique. Sir Edward Elgar en personne lui dédia son Concerto pour violon, que Kreisler créa en 1910 avec le London Symphony Orchestra.

En tant que compositeur, Kreisler se singularisa surtout comme un grand spécialiste des pastiches. Ainsi, son penchant naturel pour le style romantique ne l’a pas empêché de reproduire de manière très crédible le style de Vivaldi ou de Gaetano Pugnani dans des oeuvres composées pour formations de chambre.

Mais, puisque nous n’en sommes qu’à notre premier article sur lui, autant vous présenter ce que Kreisler a fait de plus connu : les Mélodies viennoises de l’ancien temps (traduction littérale de Alt-Wiener Tanzweisen), qui regroupent des pastiches de valses à la viennoise. « Liebesleid » (« Douleur de l’Amour ») véhicule dans sa tonalité en La mineur une douce langueur qui traduit le chagrin dolent que tous les amoureux de la Terre ont dû un jour ou l’autre ressentir face à l’absence de l’être aimé. D’une fluidité sans égale, ce morceau éveille néanmoins un certain plaisir en vous, notamment vers la fin où la tonalité majeure conclusive annonce une joie certaine au terme d’une longue souffrance.

Ci-dessous, une version de Kreisler lui-même, qui adorait jouer ce morceau en concert lors des rappels, au plus grand plaisir des spectateurs. Notez que contrairement à d’autres virtuoses comme Jascha Heifetz, Kreisler dans ses interprétations s’impliquait beaucoup d’un point de vue émotionnel. Voilà de quoi réjouir nos lecteurs au caractère fleur bleue :)