Gustav Holst – L’hymne à Dionysos

Par Benoît Ardon – Audituri Te Salutant!

L’hymne à Dionysos est une œuvre composée par Gustav Holst en 1913. Holst s’inspire des Bacchantes d’Euripide pour nous livrer cette splendide composition pour orchestre et chœur féminin.

Avec cette œuvre, le compositeur anglais parvient magistralement à communiquer la vie et le souffle caractéristiques de Dionysos. Les chants sont magnifiques, virevoltants. Cette incantation décrit parfaitement les multiples facettes de Dionysos, divinité du vin, de l’ivresse, du théâtre ou encore de la tragédie.

Je vous laisse vous enivrer de cette œuvre unique et grandiose.

Gustav Holst – The Planets – Saturn

Par Benoît Ardon – Audituri Te Salutant!

« Saturne, celui qui apporte la vieillesse » est, parmi les planètes, l’œuvre préférée de Holst lui-même. Le compositeur nous livre là une œuvre torturée, sombre et majestueuse.

La première partie de l’œuvre est lente mais inquiétante, tels les changements physiques qui annoncent la vieillesse. Puis les cuivres mettent en exergue le dernier combat, perdu d’avance, que livre la jeunesse face à la vieillesse. Cette dernière s’impose dans un fracas oppressant de violons, percussions, carillons.

La composition se termine sur une partie apaisante, vers 6:45, que j’aime particulièrement. Trombones, cors d’harmonie, flûtes traversières et bassons se mettent au diapason, renvoyant à l’acceptation de l’inéluctable.

Pour les cinéphiles, James Gray utilise la fin de cette œuvre dans son film The Yards. À voir, ne serait-ce que pour cette raison.

Gustav Holst – The Planets – Jupiter

JupiterUn de nos contributeurs nous avait fait découvrir le mois dernier l’une des Planètes de Holst, Neptune. Je vous renvoie à son article pour en savoir plus sur cette oeuvre, qui a notamment inspiré John Williams pour la musique de Star Wars…

Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir la planète Jupiter, celui qui apporte la gaieté. Le Chicago Symphony Orchestra est dirigé par le chef d’orchestre James Levine que nous avons déjà rencontré…

Bonne écoute, et bonne reprise de semaine!

Gustav Holst – The Planets – Neptune

Neptune HolstPar Marc Leblanc – Audituri Te Salutant!

Les Planetes (the Planets) , Op.32 est une suite orchestrale de 7 mouvements du compositeur Anglais Gustav Holst (aucun lien avec Gérard), écrite entre 1914 et 1916. Chaque mouvement représente une planète du Système Solaire et son caractère astrologique tel que perçu par Holst. Ainsi les Planètes sont associées aux caractères suivants:

Mars, celui qui apporte la Guerre,

Venus, celui qui apporte la Paix,

Mercure, le Messager Ailé,

Jupiter, celui qui apporte la Gaieté,

Saturne, celui qui apporte la Vieillesse,

Uranus, le Magicien,

Neptune, la Mystique

Toutes les planètes sont représentées sauf la Terre, non observée dans les pratiques astrologiques, et Pluton, découverte en 1930.  Holst, décédé 4 ans après sa découverte, ne manifesta pas d’envie d’écrire un mouvement supplémentaire pour cette dernière car il était désabusé par le succès de l’oeuvre qui masquait le reste de son travail. En 2000, le Hallé Orchestra commanda au compositeur anglais Colin Mathews d’écrire un huitième mouvement baptisé « Pluton, le Renouveau ». Cela dit, la relégation de Pluton comme plutoïde en 2008 par l’UAI a redonné à l’oeuvre originale son caractère de représentation complète des planètes extraterrestres du système solaire.

La force de l’oeuvre est d’utiliser la puissance évocatrice de chaque instrument pour exprimer l’influence qu’ont les planètes sur la psyché, d’un point de vue astrologique et non astronomique. Ce n’est pas non plus une personnification des divinités romaines, bien qu’on en retrouve les principaux traits.

Le rendu est si efficace que la fille du compositeur témoignera après la première représentation en 1918: « Ils [les deux à trois cents amis et musiciens qui étaient venus écouter] trouvèrent les clameurs de Mars presque insupportables après quatre années d’une guerre qui se poursuivait. »

Je vous propose de vous faire une idée avec celui que je trouve le plus suggestif de tous, Neptune. Le septième et dernier mouvement est la pièce la plus impressionniste de Holst. Les instruments semblent errer dans le vide sans qu’aucun thème défini, comme dans les autres mouvements, ne prenne forme. Il ne serait pas étonnant que des images de 2001 Odyssée de l’Espace vous reviennent à l’écoute de ce voyage aux confins de l’espace (Neptune est la plus lointaine des planètes, avant Pluton – je ne vous refais pas l’histoire).

L’introduction à la flûte, puis l’arrivée de la harpe, et de la célesta, vous entraînent lentement vers la ceinture d’astéroïdes. A partir de 5:00, on perçoit un choeur de femmes sortant de nulle-part. Il s’agit en fait, selon les instructions de Holst, d’une chorale dissimulée dans une pièce cachée dont seule la porte laissée ouverte laisse le son filtrer jusqu’au public. Le mouvement finit avec ce choeur par une disparition en fondu, que certains disent une première pour de la musique classique.

Bonne écoute, en espérant que ça vous donnera envie de découvrir les autres planètes!