Ludwig Van Beethoven – Sonate pour piano n°29 : Hammerklavier

Hammerklavier. Littéralement, « piano-marteau ». Mais l’allemand donne à ce terme le sens de piano-forte. Beethoven a d’ailleurs choisi ce titre pour rappeler à l’Europe l’origine allemande de cette nuance (cordes frappées). Ecouter les premiers accords de cette sonate suffit amplement pour comprendre l’utilisation du Hammerklavier qui en est faite.

La composition de cette sonate date de l’époque où Beethoven était devenu totalement sourd. Il y a quelque chose de fascinant à penser que le compositeur jouait avec les nuances alors qu’il ne pouvait les entendre. On n’a pas de mal à se chanter une mélodie dans notre tête, mais essayez donc d’en varier le volume sonore. Personnellement, j’y vois les limites de mon imagination et l’infini génie de Beethoven  !

Un mot enfin sur le caractère complet de l’oeuvre. Jonglant de fortissimo à pianissimo, de mélodies gaies à des airs nostalgiques, Beethoven a créé ici sa plus longue oeuvre pour piano (elle dure presque une heure !). Le pianiste et musicologue Paul Badura-Skoda en parle bien mieux que moi :   « La Hammerklavier est pour nous pianistes, ce que la neuvième symphonie est pour le chef d’orchestre: l’œuvre monumentale, l’œuvre culminante, ou, mieux encore, l’œuvre qui parcourt tout autant les profondeurs que les sommets. Aussi ne l’approchons-nous qu’avec respect ».