Alexandre Borodine – Petite Suite – Nocturne

Vous vous souvenez sûrement de Borodine, cet éminent membre du Groupe des Cinq qui, non content d’être un compositeur brillant, cumulait aussi les charges de médecin et de chimiste (il a même été l’auteur de plusieurs traités de chimie)… Qui sait, c’est peut être la science de l’ordre de la nature qui a conditionné son intuition d’habile musicien, capable de faire jaillir d’un agencement nécessaire et suffisant de notes une admirable alchimie…

Si Borodine est surtout connu pour son opéra Prince Igor et ses oeuvres orchestrales, ses écrits pour piano sont également très appréciés. Sa « Petite Suite » se compose de sept morceaux que Borodine a annotés comme étant des épisodes de la vie amoureuse d’une jeune fille. Dans ce « Nocturne » – la dernière pièce – il dépeint musicalement le sentiment de plénitude que la jeune fille éprouve après avoir découvert le bonheur de l’amour.

Cette pièce fut dédiée à la comtesse Louise de Mercy-Argenteau, qui fut une grande amie de Borodine et une grande mécène qui a contribué à faire connaître la musique russe en Europe Occidentale.

Modeste Moussorgski – Tableaux d’une Exposition – Ballet des poussins dans leur coque / Promenade

Tableaux d’une Exposition (1874) est un grand classique de Moussorgski, compositeur russe du XIXe siècle, membre du Groupe des Cinq que nous avons délaissé pendant un bout de temps maintenant. Composés initialement pour piano, les Tableaux sont aujourd’hui plus connus grâce à la version orchestrée de Maurice Ravel (1922).

Ceux qui aiment ressentir des palpitations synesthésiques pendant leurs expériences musicales vont être servis : comme leur nom l’indique, les Tableaux retranscrivent des impressions nées de la contemplation de tableaux lors d’une exposition. C’est aux peintures de son ami Victor Hartmann, décédé en 1873, que Moussorgski fait allusion : ainsi, chaque pièce porte le nom d’une oeuvre de Hartmann (dont il ne nous reste plus grand chose aujourd’hui) et est précédée d’une « promenade » qui symbolise le mouvement du visiteur entre les différents tableaux.

On ne vous cachera pas que les pièces les plus jolies (et les plus connues) des Tableaux ne durent pas plus de quelques poignées de minutes. Ainsi ( en partie pour ne pas être taxé de fainéantise :P ) je vous propose d’écouter la « Promenade » (qui a été reprise pour un publicité il y a quelques années de cela) en plus du fameux « Ballet des Poussins dans leur coque », où fusera le son du piccolo qui mime les poussins de la basse-cour qui picorent joyeusement, à peine leur matrice ovale éclose… En image, le tableau de Hartmann en question est une esquisse pour des costumes de ballet. La « Promenade » est dirigée par Valery Gergiev, chef principal du London Symphony Orchestra (LSO).