Enrique Granados – Danzas Españolas – Andaluza

Un petit coup de musique espagnole pour illuminer votre soirée… Cette fois, revenons à Granados et à ses célèbres Danses Espagnoles, qui sont un hommage ardent à la patrie du compositeur. On peut dire qu’elle sont à Granados ce que la Suite Espagnole est à Albéniz : une évocation des régions pittoresques de l’Espagne par la musique et l’émotion qu’elle communique. Mais quand le style albénizien reste somme toute de toute propreté, laissant transparaître, à défaut d’une sensualité passionnée, quelques influences impressionnistes, Granados offre une signature donnant beaucoup plus dans le chatoyant, l’ondulation des formes, même parfois l’érotisme.

On ne lui reprochera pas son manque de traditionalisme : après tout, les danses espagnoles sont, aujourd’hui encore, un symbole de la nation ibérique et ont alimenté moult fantasmes en Occident, par leur élégance à demi-voilée de mystère et de mystique. Cela dit, on remarquera que Granados donne assez peu dans le cliché d’une Espagne « carte postale ». D’une part, on notera qu’aucune des danses de l’opus n’ont été composées pour la guitare, instrument si typé « espagnol ». D’autre part, on remarquera qu’ « Andaluza », à l’inverse d’autres morceaux qu’on ne citera pas ici, ne donne pas l’envie spontanée de se lever et esquisser des pas à peine travaillés : comme quoi on peut apprécier une belle danse, composée dans une optique savante, sans nécessairement tomber dans la vulgarité et dans le cliché d’un mauvais flamenco.

On espère que vous apprécierez… En attendant, à bientôt pour d’autres morceaux de cette époque où comme ici, la musique espagnole renaît, vêtue de son plus bel attirail !

Enrique Granados – Amor y Odio

Cela va faire un bail que nous n’avons pas évoqué Granados, compositeur espagnol contemporain de Debussy et Ravel, qui a participé aux côtés d’Isaac Albéniz et Manuel de Falla à opérer un renouveau de la musique ibérique. C’était pour eux une nécessité : l’Espagne a en effet produit peu de grands compositeurs à l’époque romantique et la musique italienne prit assez rapidement le dessus.

Comme vous avez pu l’entendre sur La Maya y el Ruiseñor, Granados avait un don pour écrire la musique vocale. Le morceau ci-dessous, intitulé « Amor y Odio » (Amour et Haine) vous confirmera cela : en sol mineur, cette chanson retranscrit les sentiments contradictoires dont il est question. Le thème chanté est alangui, le lyrisme exacerbé; les traits hispanisants, eux, imprègnent gracieusement un morceau chanté non sans une certaine douleur proprement humaine. Tiraillé entre des sentiments si contradictoires mais in fine si semblables, l’être humain n’a plus que la liberté de chanter cette douce complainte…

Paroles et leur traduction ici.

Enrique Granados – La Maja y el Ruiseñor

Nous vous proposons ce soir de découvrir une musique aux accents hispanisants,  de fait, elle fut écrite par le compositeur espagnol Enrique Granados (1867-1916). La Maja y el Ruiseñor (la jeune fille et le rossignol) est ici interprétée par Natalie Dessay… J’aime beaucoup le petit passage qui commence aux alentours de quatre minutes; si vous n’êtes pas convaincu par le début du premier coup, allez écouter par là ;-)… Bonne écoute!