Christoph Willibald Gluck – Orphée et Eurydice – J’ai perdu mon Eurydice

Orphée et Eurydice sortant des enfersRetrouvons l’opéra Orphée et Eurydice de Gluck, dont nous vous avions déjà présenté la Danse des esprits bienheureux. L’air que nous vous présentons aujourd’hui se situe à la fin de l’opéra, alors qu’Orphée, précédant Eurydice dans le chemin les menant à la sortie des enfers, s’est retourné vers sa dulcinée, la condamnant par là-même à la mort…

Christoph Willibald Gluck – Orfeo ed Euridice – Danse des Esprits bienheureux

Christoph Willibald Glück

Vous aussi, vous avez été traumatisé(e) par les cours de flûte à bec au collège, qui vous ont laissé des séquelles au point de ne plus oser entendre le son d’un instrument à vent sans que le pénible souvenir de vos heures passées à apprendre « l’Hymne à la Joie » ne vous revienne? Alors ce morceau sera l’occasion de vous réconcilier avec le son de la flûte qui ferait chavirer même le plus insensible d’entre nous. Il s’agit d’un air très célèbre d’un opéra de Gluck, Orphée et Eurydice, qui reprend le mythe grec très célèbre du musicien Orphée parti chercher sa dulcinée Eurydice aux Enfers. Notez que Gluck est l’un des seuls, avec Monteverdi, Stravinsky et Offenbach, à avoir écrit un opéra portant sur ce mythe, qui pourtant est une source d’inspiration infinie pour les musiciens du fait du lien évident de ce mythe avec leur art…

Dans ce morceau, c’est donc le son cristallin de la flûte qui parsème l’intégralité de la pièce. Une impression de sérénité cérémonieuse, d’insouciance, de légèreté de l’être dont on se délecte avec plaisir, avec une joie non dissimulée réminiscente de l’idée du Paradis. Vous êtes alors arrivé à bon port : ici, comme Orphée, vous pénétrez le monde merveilleux des Champs Elysées (rien à voir avec l’avenue parisienne !) où les âmes élues reposent en paix pour l’éternité dans un lieu récompensant leur belle et noble aventure parmi les vivants. En écoutant Gluck, on dirait presque que le cadre s’apparente à celui d’un paysage bucolique, aux vertes plaines ondoyant au gré du vent, sur lesquelles d’inoffensifs bergers d’Arcadie vont et viennent en se contant fleurette. Enfin bon, à vous d’imaginer !

Christoph Willibald Glück – Don Juan – Danse des Spectres et des Furies

Christoph Willibald GlückPar Paul-Louis Andres – Audituri Te Salutant!

Un coup d’œil aujourd’hui sur un passage plutôt méconnu de l’œuvre de Glück.

D’abord parce que ce Don Juan ou le Festin de Pierre est presque contemporain de l’opéra italien d’un certain Mozart, don Giovanni. Et avouons le, le Don Juan de Glück n’est pas la merveille de son contemporain autrichien.

Il n’empêche que ce ballet inspiré de la pièce de Molière est plus que remarquable, notamment pour les morceaux finaux de cette œuvre qui en compte trente, et qui illustrent le Souper chez le Commandeur et, surtout, la Mort de Don Juan.

Arrêtons-nous sur cette mort, et la Danse des Furies qui accompagne l’engloutissement éternel du séducteur, en attendant un calme final tellement surprenant, mais si rassurant, le calme qui vient après la justice divine.

Il y a comme un goût de Quatre Saisons et d’orage d’été dans les saccades obstinées des cordes soulignées par le clavecin et des violoncelles très vivaldiens. Le tout enveloppé par la majesté un peu pincée des cuivres qui peignent la grandeur du Juge, du créateur, face au refus froid de Don Juan de se repentir.

Un combat bref, perdu d’avance, qui va toucher au romantisme au plus fort de l’acte, mais meurt dans le calme d’une cadence classique.

Place au châtiment !

NB : Pour ceux qui utilisent Spotify, l’intégralité de l’œuvre (version remarquable de JE Gardiner) est disponible sur ce service :  http://open.spotify.com/album/5hEG7HV7w5ddrg7g7NeAim

Christoph Willibald Gluck – Ezio – Se Il Fulmine Sospendi

Christophe Willibald Gluck (1714-1787), est un compositeur allemand qui a eu une influence importante sur la musique européenne au début de la période classique. Ses nombreux opéras ont notamment fortement marqué la scène parisienne de l’époque, même si son oeuvre n’a sans doute pas reçu la reconnaissance qu’elle méritait alors.

Je vous propose aujourd’hui l’écoute d’un Aria tiré de son Opéra « Ezio », intitulé « Se Il Fulmine Sospendi », interprété ici par le contreténor argentin Franco Fagioli.

Je vous laisse admirer la voix.