Retour d’expérience: je suis allé voir Carmen à Tout Prix

Je profite de la tradition du Hors-jeu du vendredi soir pour partager sur l’expérience vécue vendredi dernier au théâtre Trévise à Paris. J’avais entendu parler de cette reprise de Carmen sous forme d’opérette comique via mon professeur d’accordéon qui y joue.

Harassé par une dure semaine de travail, je suis arrivé au théâtre plutôt énervé et crevé. Bien m’en a pris, tant je suis sorti détendu et revigoré par ce que j’y ai trouvé!

On ne présente plus Carmen, le splendide et sulfureux opéra de Georges Bizet, si bien qu’on pourrait penser en avoir fait le tour. Il est donc heureux que des artistes audacieux (comme Sophie Sara, auteur de Carmen à Tout Prix) s’en emparent pour broder dessus avec talent et espièglerie!

Comme vous le comprendrez dans la bande-annonce ci-dessous, le fil conducteur du script est efficace: un directeur d’opéra fait face à une grève générale et fait l’impossible pour que Carmen soit quand même interprété…

Le résultat est génial: on rit aux éclats, on tape des mains, et cette joyeuse troupe pleine d’auto-dérision fait passer un excellent moment au public!

Quant à moi, ce vaudeville désopilant m’a donné envie de réécouter l’original de Carmen. Allez, d’ailleurs, on remet une scène: « Près des remparts de Séville », interprétée par Elina Garanca qui est comme possédée par son rôle!

PS: Ce post n’est aucunement sponsorisé. Néanmoins, les représentations s’arrêtent fin février, donc dépêchez-vous si ça vous tente!

Georges Bizet – Carmen – Trio des cartes

BizetRetour ce soir à la sulfureuse Carmen! Ce soir, elle lit l’avenir dans les cartes avec deux de ses compères. Frasquita et Mercédès y voient toutes deux un avenir heureux : Frasquita rencontre un jeune homme courageux qui l’aime, Mercédès un vieil homme qui meurt et lui laisse son héritage… Mais quand vient le tour de Carmen, la musique prend un ton plus sombre, qui annonce le tragique de l’opéra, si l’on n’avait toujours pas compris! Je vous laisse vous délecter de ce superbe passage, notamment dans sa dernière minute, qui voit se superposer les trois visions différentes…

Georges Bizet – Carmen – Quant au douanier c’est notre affaire

CarmenRetrouvons ce soir le célèbre Carmen de Bizet, dont nous vous avons déjà présenté quelques airs sur ce site… Ce soir, c’est le très joli air « Quant au douanier c’est notre affaire », dans lequel Carmen et ses deux compères déclarent s’occuper des douaniers afin de pouvoir faire passer les marchandises de contrebande de leur groupe… En jouant, naturellement, de leurs charmes… Je vous laisse à cette très belle mise en scène, avec la sulfureuse Elina Garanča, que nous vous avions déjà présentée dans la scène finale de Carmen

Georges Bizet – Carmen – Scène finale

CarmenRetrouvons ce soir Elina Garanča et Roberto Alagna, dans le rôle de Carmen et Don José… Nous sommes ici à la fin de l’opéra, et pour résumer très grossièrement, Carmen avait plaqué José pour suivre Don Escamillo, le beau toréador… Et au moment des fêtes de Séville, alors qu’Escamillo s’occupe du taureau dans l’arène (juste derrière, ici), José revient pour tenter de récupérer Carmen… Celle-ci apprend que José est dans le coin, et décide d’aller à sa rencontre, sachant pertinemment le risque qu’elle court, car  José est fou d’amour, et ne supporte pas que Carmen ne l’aime plus…

Dès le tout début, on sent que ça risque de mal se terminer: la musique festive est interrompue par une sombre descente, à trois reprises, pour laisser place au sinistre thème de 0:26… José apparaît changé, on croît qu’il demande pardon, on imagine qu’il va passer à autre chose… Mais non, il repart sur son idée fixe, en chantant qu’ils vont « tous deux commencer une autre vie »… Carmen, qui ne manque pas de courage, lui annonce sèchement que tout est fini… José tente alors de la « sauver », dans une très belle mélodie… Mais Carmen reste ferme…

A 4:27, la musique devient encore plus dramatique… José commence à comprendre qu’il ne retrouvera plus l’amour tant espéré… Les cordes à l’unisson derrière lui à 5:10 accentuent encore la tension dramatique… Carmen commence à comprendre également que tout est bientôt fini pour elle, mais ne recule pas: « Libre elle est née, libre elle mourra »…

Et tandis qu’Escamillo se charge du taureau dans l’arène, c’est José qui, fou de jalousie, s’apprête à mettre fin à la vie de Carmen… A 7:49, le thème funeste qu’on avait entendu dans la deuxième partie du prélude retentit… Et la dernière provocation de Carmen, qui jette une bague que José lui avait donnée, signe son arrêt de mort. Sur les vivats que la foule lance au Toréador, Carmen s’éteint…

Georges Bizet – Carmen – Près des remparts de Séville

CarmenRetrouvons Georges Bizet et son célèbre opéra Carmen, dans un passage où la belle est en pleine phase de séduction sur don José, qui a été désigné pour la conduire en prison et l’y surveiller, après que celle-ci vient de dessiner un X au couteau sur la figure d’une autre femme à l’issue d’une dispute…

C’est là où elle cette grande manipulatrice va sortir le grand jeu, dans le but d’être libérée (ce qui arrivera un peu plus tard avec la complicité de don José, qui sera mis aux fers pour cela…)

Je vous propose d’écouter et de regarder la performance d’ Elīna Garanča, mezzo-soprano lettone, à qui Roberto Alagna donne la réplique… Notez la qualité de chant comme de jeu de la chanteuse, qui est vraiment fidèle à l’image que l’on se fait de Carmen…