Johann Sebastian Bach (?) – Sonate pour flûte – Siciliano

Décidément, le rythme de la sicilienne inspire de bien jolies choses : on connaît tous celle de Fauré dans Pelléas et Mélisande par exemple. Mais le style avait déjà connu de beaux jours pendant l’époque baroque : j’en tiens pour preuve le deuxième mouvement de cette Sonate écrite pour flûte et clavecin, probablement composée par Bach (BWV 1031). Mais malgré le référencement, la paternité de Bach n’est pas prouvée : en effet, le manuscrit original n’a jamais été retrouvé et puis, à en juger par le style, vous conviendrez que cela ne ressemble pas du tout à Bach…

Mais finalement, qu’importe? Ce morceau est tellement joli qu’il vous amènera sans doute à passer un beau moment d’émotion musicale en sa compagnie… Ci-dessous, une transcription très réussie faite au piano par Wilhelm Kempf. Il existe d’autres versions, notamment à la flûte, mais de qualité un peu moindre, trouvables sur Internet.

Francis Poulenc – Sonate pour Flûte et Piano – Cantilena (2e mvt)

Un classique incontournable du répertoire de la flûte : voilà comment l’on qualifie cette sonate de Francis Poulenc, créée peu de temps avant sa mort, en collaboration avec le flûtiste Jean-Pierre Rampal. D’un niveau relativement difficile, cette oeuvre exploite les qualités et le son limpide de la flûte, en poussant l’instrumentiste dans des retranchements techniques avancés.

Ce second mouvement s’ouvre sur une introduction étrange, voire inquiétante, mais le thème qui s’ensuit, très beau, chante un phrasé aux accents plaintifs qui se singularise par un refus de la simplicité harmonique : notez bien qu’à partir de 0:32, on aurait tellement attendu une cadence parfaite, mais Poulenc l’évite habilement… A partir de 1:50, le morceau sort de ses rails et livre un développement libre, limite rhapsodique, alternant dialogues au piano et à la flûte, accélérant le tempo jusqu’à atteindre une note très aiguë à 2:56 (et donc très difficile à atteindre). La dernière partie reprend le thème principal, plus calme, toujours dans cette ambiance inhabituelle.

Bref, une sonate à découvrir absolument dans son intégralité :)

Ludwig van Beethoven – Romance cantabile pour piano, flûte et basson

Après vous avoir convaincu que Beethoven pouvait être transformé sans peine en rockeur heavy metal, voilà quelque chose qui remettra en cause vos certitudes ! En effet on associe trop souvent, à tort, la musique de Beethoven à une musique brutale, cognant à grands coups dans les tympans de l’auditeur. C’est pourquoi quand on entend un morceau si calme, si doux, avec une pointe de mélancolie passionnée comme ci-dessous, on ne pense pas qu’il puisse s’agir d’une oeuvre du maestro natif de Bonn. Et pourtant ! Si cette « Romance cantabile » est moins célèbre que la 5e Symphonie – qui a sans doute pérennisé l’association clichée Beethoven = musique de brutes – elle n’en demeure pas moins intéressante à découvrir. L’association piano-flûte-basson, peu commune en musique de chambre, révèle une heureuse connivence : ainsi, le timbre grave du basson répond habilement au ton aigu et brillant de la flûte, tandis que le piano fait entendre sa voix lors des enchaînements. Avec, en fond, un orchestre de cordes qui harmonise le tout. L’art et la manière de faire chanter cette musique d’amour par tout un petit monde !

Cette pièce ne fut pas publiée du vivant de Beethoven, d’où l’absence de numéro d’opus. Néanmoins elle figure dans le catalogue de Willy Hess, où sont consignés oeuvres et fragments oubliés du maestro, et porte le n°13. Les interprètes sont Patrick Gallois à la flûte, Pascal Gallois au basson et Myung-Whun Chung (actuel chef de l’Orchestre Philarmonique de Radio France) au piano.

Claude Debussy – Syrinx

"Pan et Syrinx"Syrinx est une courte pièce pour flûte seule qui illustre la dernière mélodie que joue le dieu Pan avant de mourir, dans la pièce Psyché, de Gabriel Mourey. Pourquoi le nom de Syrinx? Pan était en fait éperdument amoureux d’une nymphe du nom de Syrinx qui se transforma en roseaux pour échapper à son désir. En hommage à la nymphe, Pan confectionna un instrument de musique auquel il donna le nom de Syrinx, connu sous celui de flûte de Pan.

La version que nous vous proposons d’écouter aujourd’hui est de Jean-Pierre Rampal, considéré comme l’un des plus grands flûtistes français du XXe siècle, si ce n’est le plus grand.

Georg Friedrich Haendel – Sonate en sol mineur HWV 360 Op.1 N°2

Par Camille Steiblen – Audituri Te Salutant!

Georg Friedrich HaendelSi vous êtes définitivement fâchés avec la flûte à bec depuis votre premier trimestre de sixième, prenez le temps de redécouvrir cet instrument! C’est en fait une famille d’instruments, allant de la sopraninino à la soubasse; qui connut son âge d’or à la Renaissance, fut délaissée au XIXème siècle au profit de la flûte traversière, plus puissante, et réhabilitée au XXème avec  toute la musique baroque.  De nombreux compositeurs ont écrit des pièces pour flûtes à bec, souvent des œuvres de musique de chambre, des sonates pour flûte et basse, des duos ou des trios.

Les principaux bois utilisés pour fabriquer des flûtes sont le buis, l’ébène, le bois de rose et le prunier.

Voici une sonate de Haendel pour flûte et basse en sol mineur; la basse étant ici interprétée par un violoncelle et un orgue.  Le choix de l’instrument de basse est libre, et les sonates sont très souvent transposées pour d’autres instruments solistes (violon, hautbois, flûte traversière etc.), ce qui donne un grand nombre de combinaisons possibles!