Robert Schumann – Myrthen – Der Nussbaum

Ce soir, une chanson délicieuse vous attend. Ou plutôt devrais-je dire un lied, pour faire plus « allemand ». Car aujourd’hui encore, préparez vous à être bluffé par une grande figure du XIXe siècle allemand, Robert Schumann, dont on connaît l’expression du romantisme aussi bien dans la musique que dans la vie, puisque son histoire d’amour avec Clara Wieck (la future Madame Schumann) fut l’un des grands « contes de fées » de son époque.

Myrthen est un ensemble de lieder assez peu connus, qui a été écrit pendant la longue période de fiançailles des futurs époux Schumann. Si la raison d’être de ce recueil est assez peu poétique en soi – Schumann avait des difficultés financières et avait découvert que les lieder se vendaient plutôt bien… – il n’empêche que l’on ressent la sensibilité grandissante chez le compositeur, comme une parole d’amour déclamée par le biais de chansons particulièrement inspirées. Comme vous pouvez vous en douter, Myrthen fut dédié à Clara, qui le reçut dans sa corbeille de noces lors de son mariage…

Der Nussbaum est certainement le plus beau lied du recueil (avouez que le passage à 1:10 vous ferait juste fondre sur place…). Les paroles sont tirées d’un très beau poème de Julius Moser, qui ô coïncidence parle justement d’une jeune fille sur le point de se marier…

Franz Schubert – Schwanengesang – Aufenthalt

D’avance, pardonnez-moi si ce morceau vous met de mauvaise humeur… Mais on ne peut guère s’attendre à des choses très joyeuses avec Schubert – on le comprend néanmoins, le pauvre homme ayant connu un destin bien tragique ! Ce lied, intitulé « Aufenthalt » (« Séjour » en allemand), est le morceau qui suit la fameuse « Ständchen » (Sérénade) dans l’opus Schwanengesang (Le chant du cygne). Ces deux lieder, dont les paroles sont en fait deux poèmes du poète Ludwig Rellstab, partagent le même thème, celui de la complainte : quand le personnage de « Ständchen » exhorte son aimée à le rendre heureux, celui d’ « Aufenthalt » est plongé dans un dialogue mystique et confident avec la nature luxuriante au sein de laquelle il est venu se réfugier. Des situations romantiques et romanesques, qui ne vont pas sans rappeler les plus beaux vers de Lamartine; mais le plus beau reste cette musique à la fois dramatique et passionnée qui a cependant le mérite de ne pas s’épancher dans un pathos larmoyant.

Laissez-vous donc emporter par la voix de Dietrich Fischer-Dieskau, dont on ne vous vantera jamais assez la justesse dans le répertoire schubertien. Au passage, si vous désirez demeurer plus longtemps avec Fischer-Dieskau, vous pouvez réécouter le « Gute Nacht » du Voyage d’Hiver que nous avons publié en juin dernier (une belle bourde de ma part, parler d’Hiver en plein Été !).

Il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter « Schöne Aufenthalt » (bon séjour) au pays de Schubert !

(Paroles et leur traduction à la page 7 de ce document)

Gustav Mahler – Lieder eines fahrenden Gesellen – Ging heut morgen übers Feld

Gustav MahlerC’est un chant plein d’entrain que nous vous proposons de découvrir aujourd’hui! Il est tiré du recueil de Lieder « Lieder eines fahrenden Gesellen » – en français, Chants d’un compagnon errant… Le compagnon erre dans la campagne, en l’occurence, puisque le titre de ce chant, traduit en français, signifie « Je suis allé à travers les champs ce matin ».
Et si la mélodie ne vous est pas inconnue, c’est peut-être que vous l’avez déjà entendue dans la Symphonie N°1 de Mahler, Titan , dont nous avons présenté deux mouvements sur ce site…

C’est le regretté Fischer-Dieskau qui interprète ici ce chant plein de joie, dans lequel le poète et musicien s’extasie sur la beauté du monde…

Franz Schubert – Schwanengesang- Ständchen – par Fischer-Dieskau

Dietrich Fischer Dieskau, mort le 18 mai 2012Le monde de la musique classique est en deuil, car hier, Dietrich Fischer-Dieskau, l’un des plus grands barytons du XX° siècle, s’est éteint. Nous vous proposons aujourd’hui d’écouteur l’une de ses interprétations d’un des Lieder de Schubert, compositeur que le chanteur appréciait particulièrement. Il s’agit du Lied Ständchen (Sérénade), extrait du recueil de Lieder intitulé Schwanengesang (Le chant du Cygne) (que nous vous avions présenté il y a plusieurs mois dans sa reprise par Liszt)

Je vous invite également à aller écouter le Lied de Mahler Ich bin der Welt abhander gekommen (je me suis retiré du monde), dans son interprétation de Fischer-Dieskau, qui ne pourra manquer de vous toucher…

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Gustav Mahler – Ich bin der Welt abhanden gekommen

Gustav Mahler« Je me suis retiré du monde », c’est la traduction du titre de ce superbe Lied de Gustav Mahler, ici interprété ici par le baryton Dietrich Fischer-Dieskau, accompagné au piano par Daniel Barenboim. La musique de Mahler vient illustrer un poème de Friedrich Rückert; le poète déclare qu’il lui importe peu de vivre séparé du monde, et qu’il est désormais au calme, à l’abri de son tumulte… Le poème se termine ainsi: je vis seul, dans mon ciel, dans mon amour, dans mon chant…

Je vous laisse vous imprégner de la paix que dégage ce morceau…

Franz Schubert – An die Musik

Franz Schubert adolescentPas de vidéo hors-jeu aujourd’hui, nous vous présentons nos excuses, la semaine a été chargée pour tous les rédacteurs… Mais un superbe morceau pour nous faire pardonner!

Lied très connu de Schubert, An die Musik est, comme son nom l’indique, un hymne à la musique. Le poète remercie la musique qui l’a toujours soutenu dans les heures difficiles, lui ouvrant les portes d’un monde meilleur…

On image aisément ce Lied chanté par le jeune compositeur (âgé de 20 ans au moment de l’écriture de ce morceau), un soir d’hiver, au piano, oubliant un tourment d’amour grâce à la musique…

Ceux et celles qui préfèrent les voix masculines pourront écouter la première version, chantée par Dietrich Fischer-Dieskau, ceux qui sont plus sensibles aux voix féminines se délecteront de l’interprétation de Felicity Lott…