Félix Mendelssohn – Sonate écossaise (Fantaisie en fa# mineur)

MendelssohnMendelssohn fut un de ces artistes romantiques fascinés par l’Ecosse. Il fut cependant l’un des seuls (connus) à faire l’effort de s’y rendre, puisqu’il en fit le tour, à pied, à l’âge de 20 ans. Il en tira visiblement beaucoup d’inspiration. Pour ne citer que des oeuvres déjà présentées sur ce blog, voir Les Hébrides (Fingal’s Cave) et la Symphonie Ecossaise!

Le morceau du jour est très beau mais je trouve personnellement difficile d’y sentir l’Ecosse avec évidence.Peut-être que les moments violents et le final bouillonnant évoquent l’histoire guerrière des écossais. Peut-être aussi que les ralentis (avec force pédale!) sont censés rappeler les lacs brumeux… En revanche, ceux qui écoutent Beethoven n’auront guère de mal à percevoir l’héritage du maître de Bonn dans ce morceau. La Sonate Pathétique et la Sonate au Clair de Lune n’auraient pas existé, je me demande si Mendelssohn aurait pu faire la même chose… D’ailleurs cette sonate fut composée dans les années 1830, Beethoven étant en mort en 1827. Difficile de penser qu’alors, Félix n’avait pas en tête les chefs-d’oeuvre de Ludwig au moment de s’asseoir à sa table de composition.

Le morceau n’est pas court mais cela vaut le coup d’aller au bout. Certains passages sont grandioses!

Frédéric Chopin – Fantasie Impromptu, Op. 66

Cette œuvre, une des plus connues de Chopin, ne fut éditée qu’en 1855  (6 ans après sa mort) par son ami Fontana, qui ajouta sans raison le mot Fantaisie. Si le terme Impromptu renvoie à l’idée d’ improvisation (ici des flots cristallins de notes se meuvent sur le clavier, sans développement), la structure n’en est pas pour autant négligée, le morceau se composant, comme les trois autres Impromptus du compositeur, de trois parties bien distinctes : un premier thème, un épisode central plus expressif, contrastant dans le caractère avec le précédent, et enfin la réexposition du sujet initial.

Notez que Chopin, de son vivant, avait refusé de publier cette oeuvre et aujourd’hui encore, personne n’en connait la raison exacte. Certains prétendent qu’il détestait l’oeuvre qu’il venait de composer, et d’autres soutiennent que c’est à cause du passage qui affiche exactement les mêmes notes que la cadence de la sonate au clair de lune de Beethoven, dernier mouvement presto agitato ainsi que d’autres similitudes avec l’oeuvre en question ( La tonalité, le tempo indiqué, etc…). Cette parenté pourrait expliquer le refus de Chopin de voir sa composition publiée.

Il ne vous reste plus qu’à admirer la virtuosité de Yundi Li, sur la vidéo que nous vous proposons: remarquez que la main droite joue des doubles croches tandis que la main gauche joue des sextolets de croches, ce qui, vous le devinez, ajoute largement à la difficulté du morceau…Voyez par vous même sur la partition ci-dessous.