Georges Enesco – Légende

Il serait grand temps de vous parler de Georges Enesco (dit aussi George Enescu, en roumain), un important compositeur de la période moderne.

Né en Moldavie roumaine en 1881, Enesco fut un personnage éminent du paysage musical parisien à la Belle Epoque. Elève du Conservatoire de Paris, il eut pour professeurs Jules Massenet et Gabriel Fauré, qui l’initièrent à la composition. Enesco se singularisa par ses rôles très polyvalents : violoniste virtuose (il apprit à en jouer dès ses 4 ans, avec un violoniste tzigane) il fut également chef d’orchestre, pianiste et pédagogue. Nombre sont les prodiges – Yehudi Menuhin, pour ne citer que lui – dont il a été la figure inspiratrice, voire le père spirituel.

Le style musical d’Enesco est particulièrement original et précurseur. Fort de ses origines il contribua avec sa musique à réhabiliter la musique roumaine, tout en y apportant un certain relief grâce à ses connaissances musicologiques issues des traditions françaises et germaniques. Bien que très exigeant, il considérait que sa musique devait « [faire] vibrer soi-même et faire vibrer les autres », d’où un ton sensible et très personnel dans chacune de ses compositions. Il publia 33 opus de son vivant, mais laissa un nombre conséquent de transcriptions, pièces inachevées… et légua surtout une oeuvre faisant honneur au patrimoine musical roumain.

Ci-dessous, une pièce de musique de chambre pour trompette et piano, intitulée « Légende ». Un morceau qui reflète très bien la modernité du compositeur : la réhabilitation d’un instrument peu utilisé en musique de chambre (la trompette), le style impressionniste cher à Fauré, l’extension de la tessiture (La bémol jusqu’à un Do, deux octaves plus loin)… La trompette produit un son puissant et chaleureux, qui reflète à la fois l’idée de la gloire – comme l’entend le titre du morceau – et aussi l’affection qu’Enesco portait pour son professeur Merri Franquin, trompettiste de renom.