Claude Debussy – La cathédrale engloutie

cathédrale engloutieDès le début de ce prélude pour piano, Debussy nous plonge au fond de l’océan, comme en atteste l’indication « Profondément calme (dans une brume doucement sonore) ». On n’aperçoit pas encore la cathédrale. A 1:25, Debussy commence à nous sortir de notre torpeur, nous réveillant avec ces arpèges qui sont comme autant de poissons se dirigeant vers la cathédrale, qui soudain apparaît, imposante, à 2:08. Le côté majestueux et vertical de la cathédrale est évoqué par les nombreux accords plaqués, à partir de 2:36. A 3:38, peut-être avons-nous poussé les portes de la cathédrale, et sommes-nous ébahis devant le spectacle qui s’offre à nous… Je vous laisse imaginer votre propre histoire en écoutant cette interprétation de la cathédrale engloutie par le pianiste brésilien Nelson Freire…

Claude Debussy – La Mer – Dialogue du vent et de la mer

DebussyNous complétons ce soir la présentation de La Mer de Claude Debussy, après vous en avoir présenté il y a quelques temps les deux premiers mouvements : De l’aube à midi sur la mer, et Jeux de Vagues. Voici donc le dernier mouvement! Comme la fin du premier, celui se termine de manière majestueuse… Mais avant d’en arriver là, il faudra encore traverser les eaux quelque peu troublées par le souffle du vent!

Claude Debussy – La plus que lente

DebussyNous fêtions aujourd’hui les 95 ans de la mort de l’un des plus grands compositeurs français, Claude Debussy… L’occasion de découvrir l’une de ses pièces pour piano, et plus précisément, une valse, intitulée « La plus que lente ».  Debussy l’a composée peu après avoir écrit ses Préludes, que nous avions commencé à vous présenter avec La fille aux cheveux de Lin.

Je vous laisse entre de bonnes mains, en l’occurrence celles du pianiste Arthur Rubinstein. Bonne soirée!

Claude Debussy – Children’s Corner – Golliwogg’s Cakewalk

Décidément, être la progéniture du plus grand compositeur français n’est pas chose facile! … à en juger par les morceaux de Children’s Corner, que Debussy a composés à l’adresse de sa fille Claude-Emma en 1908.

Avec le « Docteur Gradus ad Parnassum« , « Golliwogg’s Cakewalk » est certainement la pièce la plus connue de cette suite aux mille références à l’enfance. Un « Golliwogg » est en fait une poupée noire en étoffe, aux cheveux ébouriffés, portant un pantalon et un noeud pap’ rouges et à l’allure grotesque : un jouet aux connotations racistes, mais néanmoins très populaire à l’époque, ayant sans doute appartenu à Claude-Emma.

Entraînante, exaltante, « Golliwogg’s » est la preuve que Debussy s’inscrit bien dans son temps et dans la modernité : le rythme du Cake-Walk (une danse noire américaine) rappelle le ragtime, dont le compositeur a sûrement voulu saluer l’innovation musicale. Ce n’est pas tout : conscient que le Cake-Walk était souvent dansé par les esclaves pour parodier les danses aristocratiques de leurs maîtres, Debussy instaure une petite référence (1:17) à un célèbre thème wagnérien qu’on entend dans Tristan et Iseult, en jouant la corde de la dissonance pour mimer l’effet de la parodie.

Le rythme en syncope de ce morceau fait enfin penser à un banjo qui accompagne gaiement les déhanchements de cette poupée de chiffon. Il existe une version où Debussy joue lui-même cette pièce sur Youtube.

Claude Debussy – Les collines d’Anacapri

Retour aux paysages de Debussy aujourd’hui avec l’un de ses fameux préludes pour piano, Les Collines d’Anacapri. Le compositeur français était un visiteur régulier d’Anacapri en Italie. Pas besoin de beaucoup d’explications ou d’éclairage pour apprécier la musique présentée sur ce site d’une manière générale. Mais c’est particulièrement vrai pour la musique de Debussy, que je pense tout simplement très propice à la rêverie, voire à la méditation. Comme un superbe paysage côtier d’Italie ;)

Vous pouvez le ressentir à l’écoute de ses préludes, composés entre 1910 et 1913.

Je vous laisse à l’interprétation d’un spécialiste du genre, le pianiste Jean-Rodolphe Kars.

Claude Debussy – Suite Bergamasque – Clair de Lune

Après l’avoir cité au moins deux fois, il était temps que nous vous le présentions, si tant est que vous ne le connaissiez pas déjà. Voici donc le superbe Clair de Lune de Debussy, tiré de sa Suite Bergamasque, commencée en 1890 et achevée 15 ans plus tard.

La Bergamasque est à l’origine une danse traditionnelle d’Italie, choisie entre autre par Shakespeare pour clôturer Le Songe d’une nuit d’ été. Elle a inspiré plus d’ un artiste, poètes et musiciens confondus. Mais il est probable que Debussy ait d’abord pensé au poème de Verlaine, « Clair de Lune », tiré des Fêtes galantes pour composer son oeuvre. Remarquez d’ailleurs, au deuxième vers de ce poème, l’apparition du terme « Bergamasque » ! J’ai d’ailleurs pensé que le poème de Verlaine saurait, bien mieux que moi, vous faire déguster les notes de ce Clair de Lune comme il se doit.

« Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.

Tout en chantant sur le mode mineur
L’amour vainqueur et la vie opportune
Ils n’ont pas l’air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d’extase les jets d’eau,
Les grands jets d’eau sveltes parmi les marbres. »

Paul Verlaine, « Clair de Lune », Fêtes galantes.

Claude Debussy – Suite Bergamasque – Passepied

Voici le 4ème mouvement de la Suite Bergamasque de Claude Debussy (qui contient également trois autres mouvements, dont le très célèbre Clair de lune). A l’origine, un passepied est une danse bretonne du 17ème siècle. Vous remarquerez que la quasi-intégralité du mouvement, en fa dièse mineur, est jouée en staccato arpeggios par la main gauche, qui rend la pièce plus dansante.

Debussy commença la composition de la suite en 1890 à l’âge de 28 ans. Même s’il ne la termina qu’aux alentours de 1905, l’oeuvre témoigne de la première partie de son travail de composition.