Frédéric Chopin – Nocturne N°13

Frédéric ChopinRetour à Chopin et ses nocturnes, avec le N°13, l’un des premiers qu’on apprend à jouer, car vous allez l’entendre, il ne comporte pas de majeure difficulté technique… Mais nul besoin de complexité pour faire de la belle musique, jugez-en par vous-mêmes!

Le nocturne commence tout doucement, et gagne progressivement en intensité, comme sait si bien le faire Chopin… On n’a aucun mal à imaginer ce dernier verser une larme à la fin de ce morceau… ou quelqu’un dans son auditoire!

Laissons la place à Maurizio Pollini, grand interprète de Chopin…

Frédéric Chopin – Sonate n°2 Op. 35 – Scherzo (2e mvt)

Chopin

Nous avons avions déjà présenté les premier et troisième mouvements de cette sonate très célèbre de Chopin, surtout connue pour sa marche funèbre. Passons aujourd’hui au second mouvement, qui est un « scherzo », à savoir une pièce intercalée entre deux mouvements, à vocation de divertissement et qu’on associe communément au descendant du « menuet ». A écouter ce morceau, on entend bien que la structure se prête admirablement au divertissement musical : une entrée sur les chapeaux de roue, très technique, globalement montante, avec des modulations toutes les 20 mesures… Puis au milieu un calme reposant, élégante grâce à des répétitions thématiques comme c’est souvent le cas avec Chopin, mais d’une réelle beauté. Le retour du thème initial s’amorce vers la fin, et la coda de la fin rappelle admirablement l’interlude doux du milieu.

On remarquera que les différents mouvements se répondent assez mal les uns et les autres, ce qui fut effectivement reproché à Chopin lors de la parution de cet opus, notamment par Robert Schumann. N’empêche, c’est ce « patchwork » décousu que la postérité a effectivement consacré, comme quoi le refus de l’ordre, ça paye…

Vladimir Horowitz au piano.

Frédéric Chopin – Nocturne n°21 en Do mineur, op. posth

Frédéric Chopin

Ah, les Nocturnes de Chopin… Le fond de commerce de ce blog ! On doit vous avouer que l’on se raccroche souvent à eux lorsqu’il est déjà tard dans la nuit, et que nous sommes en retard sur notre schedule… Comme aujourd’hui ^^

Peu importe que Chopin nous a quittés il y a plus d’un siècle. Il a beau être devenu aujourd’hui un cliché auprès des amateurs de piano classique, il y a toujours une « magie Chopin » qui opère lorsque les notes d’un Nocturne ou d’un Prélude sont joués sur un clavier. Un peu comme ce morceau, l’un des derniers Nocturnes qu’il a écrits; il s’agit sûrement de l’un des plus méconnus, mais bien à tort, vous en conviendrez… On peut dire que Chopin a été assez éclectique sur ce point là : si sa capacité à composer et jouer des morceaux très techniques n’est plus sa démontrer (cf. toutes ses Etudes !), le maestro est également apte à écrire des pièces courtes, faciles techniquement, mais dont la difficulté à faire ressortir toute l’émotion et toute la saveur de la passion chopinienne est transcendante… Vous en conviendrez une nouvelle fois !

Frédéric Chopin – Nocturne N°19

Chopin jeuneAprès le morceau moderne et déroutant d’hier, retour ce soir à la chaleur romantique chopinienne, avec ce nocturne qui semble sortir droit du fond de son coeur blessé, pour atteindre le nôtre…

Bien que ce nocturne soit numéroté 19, il semble qu’il ait été un des premiers composés. Sa notation vient du fait qu’il a été publié posthume.

Chopin posa donc ces notes sur portée quand il était encore en Pologne, et qu’il n’avait sans doute pas encore 20 ans… ça fait réfléchir sur les capacités de la jeunesse!

Tiens, je crois que je vais aller chercher la partition de ce morceau!

Frédéric Chopin – Prélude N°15 « La Goutte d’Eau »

Chopin conclura votre semaine pluvieuse, avec un sublime prélude couramment appelé « à la Goutte d’eau ». Composé lors d’une villégiature en compagnie de George Sand sur l’île de Majorque, à la chartreuse de Valldemossa, ce morceau se caractérise par une répétition incessante de notes imitant la chute des gouttes de pluie, au début de manière assez inoffensive et même très lyrique et charmante, puis de manière plus ténébreuse comme pour signaler l’arrivée imminente de l’orage, grondant et menaçant. Le beau temps après la pluie reviendra dans une troisième partie, avec une conclusion sur une note plutôt sereine.

Pour accompagner votre écoute, voici l’anecdote que George Sand relate à propos d’un épisode impliquant ce prélude :

« Il y en a un qui lui vint par une soirée de pluie lugubre et qui jette dans l’âme un abattement effroyable. Nous l’avions laissé bien portant ce jour là, Maurice et moi, pour aller à Palma acheter des objets nécessaires à notre campement. La pluie était venue, les torrents avaient débordé; nous avions fait trois lieues en six heures pour revenir au milieu de l’inondation, et nous arrivions en pleine nuit, sans chaussures, abandonnés par notre voiturier, à travers des dangers inouïs. Nous nous hâtions en vue de l’inquiétude de notre malade. Elle avait été vive en effet, mais elle s’était figée comme une sorte de désespérance tranquille, et il jouait son admirable prélude en pleurant. En nous voyant entrer, il se leva en jetant un grand cri, puis il nous dit d’un air égaré et d’un ton étrange : « Ah! je le savais bien que vous étiez morts! » Quand il eut repris ses esprits et qu’il vit l’état dans lequel nous étions, il fut malade de spectacle rétrospectif de nos dangers ; mais il m’avoua ensuite qu’en nous attendant il avait vu tout cela dans un rêve, et, que ne distinguant plus ce rêve de la réalité, il s’était calmé et comme assoupi en jouant du piano, persuadé qu’il était mort lui-même. Il se voyait noyé dans un lac, des gouttes d’eau pesantes et glacées lui tombaient en mesure sur la poitrine, et quand je lui fis écouter ces gouttes d’eau qui tombaient effectivement en effet en mesure sur le toit, il nia les avoir entendues. Il se fâcha même de ce que je traduisais par le mot d’harmonie imitative. Il protestait de toutes ses forces, et il avait raison, contre la puérilité de ces imitations pour l’oreille. Son génie était plein des mystérieuses harmonies de la nature, traduites par des équivalents sublimes dans sa pensée musicale et non par une répétition servile de chants extérieurs. Sa composition de ce soir-là était pleine des gouttes de pluie qui résonnaient sur les tuiles sonores de la chartreuse, mais elles s’étaient traduites dans son imagination et dans son chant par des larmes tombant du ciel sur son cœur.»

Frédéric Chopin – Sonate pour piano N°2 – I Grave, Doppio Movimento

Frédéric ChopinRetrouvons notre cher Frédéric Chopin et sa sonate N°2, dont nous vous avions présenté l’an dernier le mouvement le plus célèbre, la Marche funèbre. Reprenons ce soir au début, avec le premier mouvement, dans lequel Chopin nous fait toucher un grand nombre de sentiments (et c’est parti pour une petite analyse de mon cru!) :  angoisse (dès le début), espoir qui s’affirme de plus en plus (de 0:52 à  1:50), joie et émerveillement ensuite… pour retomber d’un coup (reprise à 2:14). Enfin, à partir de 4:22, on peut imaginer un combat entre les force obscures (notes basses) et les forces du bien (notes aigues), qui semble tourner à l’avantage de ces dernières…

Sur ces belles paroles, je vous laisse entre les mains de l’italien Maurizio Pollini, grand chopiniste!

Bonne soirée!

Frédéric Chopin – Valse en Mi mineur, op. posthume

Frédéric Chopin

Une très belle valse de Chopin pour en finir avec les tourments de la semaine… Un opus posthume, en plus, de quoi donc découvrir ce que le maestro avait en tête avant de rejoindre les Cieux, à seulement 39 ans. Et malgré son état tuberculeux chronique, force est de constater qu’il est toujours aussi en forme et inspiré pour nous offrir de jolies choses ! Bonne nuit à tous.