Gustav Mahler – Ich bin der Welt abhanden gekommen

Gustav Mahler« Je me suis retiré du monde », c’est la traduction du titre de ce superbe Lied de Gustav Mahler, ici interprété ici par le baryton Dietrich Fischer-Dieskau, accompagné au piano par Daniel Barenboim. La musique de Mahler vient illustrer un poème de Friedrich Rückert; le poète déclare qu’il lui importe peu de vivre séparé du monde, et qu’il est désormais au calme, à l’abri de son tumulte… Le poème se termine ainsi: je vis seul, dans mon ciel, dans mon amour, dans mon chant…

Je vous laisse vous imprégner de la paix que dégage ce morceau…

Claude Debussy – La Mer – Jeux de vagues

La Mer, Debussy
La vague, de Hokusai, que Debussy voulait sur la couverture de la partition

Nous vous avions déjà présenté le premier mouvement de La Mer de Debussy, intitulé De l’aube à midi sur la mer, dans une interprétation dirigée par Claudio Abbado. Remontons dans sa barque, pour découvrir le deuxième mouvement, Jeux de vagues. Je vous laisse apprécier les merveilles sonores imaginées par Debussy… J’apprécie particulièrement le passage de 4:17 à 5:22, où l’on a la sensation d’être pris dans un grand un tourbillon de plus en plus agité, qui explose brutalement à la fin… Puis, la mer semble se calmer… C’est compter sans le dernier mouvement, durant lequel la tempête fera rage… Nous aurons l’occasion de vous le présenter un peu plus tard…

Manuel de Falla – La danse rituelle du feu

Aujourd’hui, retour au XXe siècle et à la musique moderne, avec la célèbre danse du feu de Manuel de Falla, dont nous ne vous avons encore jamais présenté d’oeuvre à ce jour.

Manuel de Falla (1876-1946) est un compositeur espagnol qui a marqué la période moderne. La danse rituelle du feu est tirée d’une de ses oeuvres principales, l’Amour sorcier, composée pour répondre à la commande d’une danseuse de flamenco renommée qui lui avait demandé une « gitanerie musicale »!

Les premières notes vous rappelleront peut-être la chevauchée des Walkyries de Wagner, mais très vite le style espagnol de l’artiste s’impose. Ecouter cette danse me fait un peu le même effet que lorsque je plonge mon regard dans des flammes. On ne pense à rien, on admire le feu, beau et terrible à la fois.

Nul doute que l’air de cette danse vous est familier…

Bonne écoute!

Joseph Haydn – Symphonie N°45 « Les Adieux » – 4° mouvement

Joseph Haydn

La symphonie N°45 de Haydn est le fruit d’une commande de son principal mécène, le prince Esterhazy. Elle est célèbre pour son dernier mouvement, qui lui a valu son surnom « Les Adieux »… En effet, les instruments s’en vont progressivement, et ne restent à la fin que les deux violons solistes… Pourquoi cela? Haydn aurait voulu faire comprendre au prince que ses musiciens étaient fatigués à la fin d’une saison qui ne semblait plus finir, et qu’ils avaient envie de rentrer chez eux voir leur famille… Il semble que l’opération ait réussi, l’orchestre ayant pu rentrer chez lui dès le lendemain.

Le dernier mouvement de la symphonie des Adieux est ici interprété par le Wiener Philarmoniker, dirigé par Daniel Barenboim. Vous allez le voir, l’humour combiné du compositeur et du chef d’orchestre donne un résultat assez amusant…

Claude Debussy – La Mer – De l’aube à midi sur la mer

La Mer, Debussy
La vague, de Hokusai, que Debussy voulait sur la couverture de la partition

Si l’oeuvre n’a pas reçu bon accueil lors de sa première exécution en 1905, La Mer est désormais l’une des oeuvres pour orchestre les plus jouées du compositeur moderne français Debussy. S’apparentant à une symphonie, Debussy ne la présente cependant pas comme telle, en lui adjoignant le titre de trois esquisses symphoniques pour orchestre.

Fait intéressant: c’est en Bourgogne, entre quatre murs, que Debussy a composé la grande majorité de cette oeuvre, en s’appuyant sur « d’innombrables souvenirs »… Encore une fois, dans son style qui lui est propre, le compositeur n’essaie pas de décrire la mer, mais plus de la suggérer, avec cette sorte d’impressionnisme musical dont il a le secret.

Des trois mouvements que constituent l’oeuvre (De l’aube à midi sur la mer, Jeux de vagues, et Dialogue du vent et de la mer), nous vous proposons l’écoute du premier. On ressent bien le calme avant le lever du soleil au début, le bruit des vagues vers le milieu avec les violoncelles, et l’éclatement du soleil au zénith à la fin…

Le chef d’orchestre Claudio Abbado est ici à la baguette. Peut-être vous faudra-t-il plus d’une écoute pour « rentrer » dedans, l’oeuvre n’étant pas des plus abordables… Mais une fois que vous y serez, quel délice!

Felix Mendelssohn – Romances sans paroles Op.30 N°1

Felix MendelssohnLa série Dies irae est terminée, nous espérons qu’elle vous aura plu! Reprenons aujourd’hui avec les Les Lieder ohne Worte (romances sans paroles) du compositeur romantique allemand Felix Mendelssohn Bartholdy, qui sont une série de huit livrets musicaux, chacun d’entre eux comprenant six morceaux de piano. Ces livrets, en majorité  dédiés à des femmes (cinq sur huit, dont celui d’aujourd’hui), ont été composés à différents moments de la vie du compositeur.

Comme indiqué par le titre, ces romances sont sans paroles: c’est du piano que ressort la mélodie…

La superbe première  romance sans paroles opus 30 est ici interprétée par le grand pianiste et chef d’orchestre Daniel Barenboim, que nous avons déjà rencontré dans son rôle de chef d’orchestre. A ne pas écouter par moments de déprime…

Edward Elgar – Variations Enigma – IX Nimrod

ElarEdward Elgar (1857-1934), compositeur et chef d’orchestre anglais, était un autodidacte, la seule formation qu’il ait reçue ayant été prodiguée dans sa jeunesse par sa famille de musiciens. En tant que chef d’orchestre, il reste l’un des plus grands chefs du London Symphony Orchestra.

Un soir de l’an de grâce 1898, Elgar joue du piano  pour se détendre après une fatiguante journée à donner des cours de musique… une des mélodies attire l’attention de sa femme, qui lui demande de la répéter… Pour l’amuser, Elgar reproduit ce thème de différentes façons. C’est ainsi que seraient nées les variations Enigma, l’une des oeuvres les plus célèbres d’Elgar: un thème décliné en quatorze variations, qui représentent chacune une personne proche du compositeur: famille, amis… Pourquoi Enigma? Car selon son auteur, il existerait un thème caché à travers les variations, que celui-ci n’a jamais voulu dévoiler…

La neuvième variation, dite Nimrod, est l’une des plus populaires, et frappe par sa noblesse. Elle est notamment jouée chaque année au Royaume-Uni lors de la National Ceremony, le jour de Remembrance Sunday (dimanche du souvenir, le plus proche du du 11 novembre, en hommage à tous les britanniques ayant péri pour leur patrie durant la première guerre mondiale).

Le Chicago Symphony Orchestra est dirigé par Daniel Barenboim