Abreu & Oliveira – Tico Tico

Un « quasi hors-jeu », aujourd’hui, puisque le Philarmonique de Berlin sort les ponchos et les maracas ! A l’occasion d’un rappel, voilà l’orchestre le plus réputé du monde qui se lâche, dans un immense délire collectif, au son de « Tico-Tico no Fuba » (plus connu sous le nom de « Tico Tico » tout court). Il s’agit d’une célèbre chanson originaire du Brésil, emblématique du style choro, qui connut un immense succès au XXe siècle – un tel succès qu’elle fut exploitée par quelques grands cinéastes : vous l’avez sûrement entendue dans Radio Days de Woody Allen…

Cette musique libèrera sûrement le danseur refoulé que vous avez toujours été, mais c’est surtout Barenboïm, talentueux pianiste et admirable chef d’orchestre, qui vaut vraiment le détour ici : tour à tour je-m’en-foutiste, blasé et pingouin, il s’acquitte visiblement du minimum syndical, toujours avec un air pince-sans-rire qui lui sied si bien. Mais finalement, qu’a-t-il encore à prouver? Sa longue carrière et sa grande renommée font déjà suffisamment… Il en est de même du Philarmonique de Berlin, le meilleur du monde. Comme quoi, une rencontre entre deux sommités, dont chacune se suffit à elle-même, peut mener à ça !

La leçon de Barenboim sur le tempo

La vidéo hors-jeu du jour est en anglais (désolés…) mais l’élocution est lente et claire, donc nous espérons qu’elle sera largement comprise! Elle sera en tout cas sûrement très appréciée par les pianistes qui lisent ce blog.

Barenboim, pour celles et ceux qui ne le connaitraient pas encore, est un des grands de la musique classique au XX° siècle. Aussi connu comme pianiste que comme chef d’orchestre, il est en outre fameux pour ses actions en faveur de la paix entre palestiniens et israéliens, notamment au travers de la musique.

Voici donc 6 précieuses minutes pour les musiciens souhaitant améliorer leurs interprétations…

Franz Liszt – Totentanz (Danse macabre)

Fermez les rideaux, éteignez la lumière, montez le son… C’est bon, vous êtes dans l’ambiance pour cette danse des morts!

Toute l’oeuvre est construite autour du thème médiéval du Dies Irae, que nous avions évoqué lors de la présentation de la rhapsodie sur un thème de Paganini, de Rachmaninov, et que vous pouvez déchiffrer ci-dessous. Ce thème est tantôt brutal (dès l’ouverture), tantôt insaisissable (3:33), sait se faire apaisant (4:00), ou encore fascinant (6:11) jusqu’à devenir extatique (6:45) ou glorieux (9:25)… comme autant d’images que l’on peut se faire de la mort… Je vous laisse méditer…

C’est à la pianiste argentine Martha Argerich, ainsi qu’à l’orchestre de Paris dirigé par Daniel Barenboim, que nous devons ces quelques frissons, qui nous viennent tout droit de l’année 1986, depuis la salle Pleyel…

Dies Irae thème médiéval

Ludwig van Beethoven – Sonate N°14 pour piano « Au clair de Lune » – Allegretto

Il fait déjà nuit noire, alors pourquoi ne pas se mettre dans l’ambiance avec Beethoven? Nous vous avions déjà présenté le célébrissime premier mouvement de la sonate dite « Au Clair de Lune », qui marque les esprits par son caractère sombre, régulier, avec un rythme à trois temps semblable à une marche funèbre… Alors qu’on m’explique pourquoi ce deuxième mouvement rompt tout à fait avec son grand frère ! Un rythme plus syncopé, un jeu beaucoup plus dynamique sur les octaves, entre graves et aigus, ce mouvement repose sur un credo humoristique… Si bien que l’on pourrait s’interroger longuement sur le lien que ce mouvement entretient avec la nuit et le clair de lune ! A vous d’imaginer ce lien… Bientôt, nous vous présenterons le 3e mouvement, et vous vous rendrez alors compte que ce charmant second mouvement fait office de joyeux interlude entre deux mouvements poignants, tel une « fleur entre deux gouffres » comme dirait Liszt.

Ludwig van Beethoven – Trio « des Fantômes » – 2° mouvement

BeethovenEspérons que ce morceau ne vous fera pas si peur que ça, malgré le surnom qu’on lui donne : trio des fantômes/trio des esprits! Quoique, écouté le soir, dans une pièce obscure, il pourrait vous donner quelques frissons… Surtout dans cette très belle interprétation de Jacqueline du Pré (au violoncelle), Pinchas Zuckerman (violon) et Daniel Barenboim (piano).

Pourquoi ce surnom? Car le thème musical qui est développé ici a été retrouvé dans les brouillons du MacBeth que projetait Beethoven, dans une scène réunissant les fameuses sorcières de la pièce de Shakespeare…

Felix Mendelssohn – Romance sans paroles op. 38 n°6

Nous vous avions proposé l’écoute de la première des Romances sans Paroles du compositeur allemand Mendelssohn. En voici une autre, interprétée par le même expert Daniel Barenboim (qui dirigera la Neuvième Symphonie de Beethoven le 13 juillet prochain à Versailles: ça doit valoir le coup pour ceux qui sont disponibles et qui en ont les moyens).

Mendelssohn donna le nom de « Duetto » à ce morceau, car comme vous pouvez l’entendre, on perçoit clairement deux mélodies qui pourraient représenter deux chanteurs. L’oeuvre a été composée en 1836, juste après qu’il eut rencontré sa future femme. C’est le Mendelssohn enjoué des jours heureux! :-)

Edward Elgar – Concerto pour violoncelle en mi mineur – Adagio

Ce soir, une musique de solstice d’hiver! Voici une oeuvre magistrale du compositeur anglais Sir Edward Elgar, qui ne récolta pourtant pas le succés mérité lors de la première à Londres juste après la 1ère Guerre Mondiale en Octobre 1919 (peut-être entre autres parce que l’on accorda pas assez de temps aux répétitions).

Ce concerto rompt avec l’oeuvre plutôt joviale du compositeur et reflète en quelque sorte l’état d’esprit d’Elgar après la Guerre.

J’ai choisi l’interprétation du violoncelliste Yo-Yo Ma et du Chicago Symphony Orchestra dirigé par Daniel Barenboim au Carnegie Hall, bien que l’extrait soit coupé avant la fin, car elle me semble être exceptionnelle. Mais pour les amateurs, je vous conseille de mettre la main sur celle de Jacqueline du Pré qui a largement contribué à faire redécouvrir le Concerto dans les années 60.